‹ Les Steppes De La Mer Caspienne, Le Caucase, La Crimée Et La Russie MéridionaleChapitre 20 sur 27 · ASTRAKHAN · texte numérisé non relu

ASTRAKHAN

Quand l'oiseau voyageur, de son aile rapide. Pour obéir à rinstinct qui le guide.

Devance Pouragan;

Beroé.par.le nuage.

Emporté par l*orage,

Pour altcindre au rivage

Perdu sur l'Océan ; S'il voit bien loin , bien loin, sur la branche qui plie. Trembler au moindre Tcnt quelques gouttes de pluie; S'il Toit la feuille morte emportée au hasard. Tourbillonnant dans l'air, échapper au regard; S'il voit un nid bercé par la brise embaumée Contenir dans son sein une famille aimée; S'il voit sous le feuillage un solitaire abri, Que la rose parfume.... il jette un léger cri. Bat de l'aile et descend.... là sa force épuisée Se ranime en pompant des gouttes de rosée ,

En cherchant flous la moiuse un ioflecte, une fleur. Un rayon de soleil, un moment de bonheur I

Ainsi que lui, sur la Une iLraiigère, Un vent d*c.\il a jioitë iik'ii esquif; Ainsi que lui, mon aile passagère Effleure tout dans son vol attentif.

. De l'Orient j'ai salué les rives;

J'ai vu Stamboul, ses palais enchantés; J'ai vu la Grèoe aux formes fugitives,' Ses caps, ses mers, ses ilcs, ses cités. Dans le désert j'ai suivi le mirage; J'ai vu le steppe et son âpre beauté; J'ai parcouru dans leur immensité Ces diamps glacés où le Scj^the sauvage Plantait sa tente... et criait: liberté! Ainsi courant de rivage en rivage , Bravant la mer et le vent et l'orage , Partout ma voile a pu se déployer, Partout mes pas trouvèrent un sentier.

Aux rives du Volga le destin m'a conduite :

J'ai vu la slanitza du Cosaque guerrier;

Le sauvage coursier arrêté dans sa fuite

Par le lacet vainqueur du Kalmouk qui Tirrite,

Se tordre vainement sous un frein étranger; Dans riiorizon j'ai vu briller comme une étoile La ville du désert féconde en souvenirs; De son brillant passé j'ai soulevé le voile , J'ai pressenti l'Asie... objet de mes désirs.

J'ai reconnu son del, sa poésie,

Et son soleil , et sa douce magie ,

Et son jiiur, et son air attiédi; J'ai reconnu dans ses nuits ëtoîlées , Dans ses lueurs aux teintes empourprées »

La transparence et Fédat du midi.

Arméniens, Persans, élégantes mosquées.

Calque, onde d'aïur, palais, femmes voilées: Tout rappelle ft ma vue un. bonheur éloigné; Tout parle d'Orient à mon cceur résigné. Comme l'oiseau , j'ai trouvé sur ma route De l'eau, des fleurs, un nid pour m'abriter. Un doux accueil auquel la grâce ajoute, Tout ce qui plait, tout ce qui fait aimer.

J*ai retrouvé, bien loin de ma patrie, Saloti brillant, esprit et sympathie; Doux oasis, perdu dans fe désert.

Golfe écarté, coin du cu l cntr'ouvert; Ombre, parfums, repos de la pensée^ Songes riants dont Tâme est caressée.

Tout ce que Dieu peut semer de bonheur. Dans son e%il, aux pas du voyageur I

Aslraiehau, 16 aoùi 1839.

Pooîtion eoimiieid«le (Pistrakhiii. — ImporlaiMe d« cette ville pendant le mojw lue. — Nature des eomimmÏBatiemet des çf* entre l^Borope

et l'Asie. — Révolution commerciale opérée par la prise de Coostantinople par M.ilionicd II. — Ivan IV, le terrible, s'pmpare du khanat d'Astrakhan.

— TeuULives infructueuses pour rétablir le commerce de la mer Caspienne.

— Fï«ljeU de Pierre-le-Grand. — Apparition des Russes an delii du Caucase. — Achat de colotts dans le Hasaodcran. — Les An^ab remplacent les Russes sur les marchés de la Perse. — Élat de franchise accorde aux provinces Iramcaucasicnnes. — Développement du commerce de transit.

— Suite» désastreuses du retour au système prohibitif. — SlatUtique commereiale d'Astrakhan «I de Bakou. ~ Exportation et Importation des ports de la mer Caspienne* — Notice sur les bâtiments qui naviguent sur la mer Caspienne et les eaux du Volga. — loiluslrie d'Astrf^khan. — Pêcheries du Volga , de l'Oural et de rfimba. — Leurs productions. — Changement de système monétaire en RuMie. — RéaMee rialia^ par le gouromement. »- Apathie du peuple rusae. *<» Triste dtuationfinanciire de l'empire. — Va conseil de ministres présidé par l'empereur. — Expédients pour rétablir l'équilibre dans les finances. — Économie polUique d'un Ruwe.

Entre touteR les rilles d« TEurope orientale, il n*en est point peut-être cpit aieni joué un r61e plus brillant daus les relations commerciales entre l'Europe et TAsie qu'Astrakhan. Située à rextrcmité inférieure du plus grand fleuve navigable de TEurope, cette cité communique d'un côté par la mer Caspienne avec la Turcomanie et les contrées septentrionales de la Perse; de l'autre , par le Volga et le Don, elle se trouve en communications directes avec les provinces du centre de l'empire moscovite et tout le littoral de la mer Noire. Avec de pareilles sources de richesse >

472 cuAPiT&Ë xxiii.

Astrakhaa devait aaturelleinent former un des principaux points d'arrivage des marchandises de Tlode, durant ia période du moyen âge, alors que le passage par le cap de Bonne-Espérâbce était inconnu, et que les navig^uro européens n'avaient pas encore para, dans le golfe persique. Ce fut vers le milieu du treizième siècle, après la foudatioD de l'empire du Kaptschak et celle du royaume de la petite Tartarie, que se développa dans la mer Capienne le commerce des Indes, auquel déjà les Petschénègues, prédécesseurs des Tatais dans la l'auride, ne paraissent pas avoir été entièrement étrangers. Astrakhan, d'un côté, et Soldaïa sur la mer Noire, de l'autre, devinrent les deux grandes places maritimes des Tatars; et par la voie des caravanes du Kouban et du Volga \ ces deux ports échangeaient réciproquement entre eux les marchandises de l'Europe et de l'Asie. De Soldaïa, les produits de l'Inde passaient ensuite à Gonstantinople, où on les vendait, soit pour les provinces de Pempire, soit aux étrangers

1. Malgré les assertioiis de la plupart des géographes, nous pensons néanmoins que les communications entre Soldaïa, Caffii et Astrakhan, avaient généralmait lieu par la voie du Don el du Volga. Plusieurs raisons semblent confirmai cette opinion, ffil en avait été autrement, les Génois n'auraient pas attaché autant d'importance i la possession de Tana, situé à Tanbouchure du Dwn. Pun, d'un antre c6Cé, la route qui suivait les rives du Terek et du Kouban, en longeant le versant septentrional du Caucase, Mxot bien plus longue et surtout bien plus dangereuse à cause du voisinage des tribus indomptées du Gau-.

CBAPITfŒ XXUI. 473

qui trafiquaient dâos cette métropole. Plus tard, Ters 1260, lorsque les Génois viarent oocufier le littoral

de la Tauride, Soldaia perdit son importance commerciale; la spleadide colonie de CaiTa devint à son tour le centre de tout le commerce asiatique* Les relations mercantiles avec les Indes prirent à cette cpoqae une nouvelle activité, surtout lorsque, après la dissoluljou de Fempire du Kaptschak sous le règne de Hadji-Deviet-Gheriiy les Génois devinrent maîtres de Tana sur le Don. Tout, le commerce des épioes» des aromates y des drogues médicinales^ des parfums, de la soie et des autres productions de l'Orient, recherchées en £urope, fîuit ainsi par se trouver entre les mains de ces intrépides spéculateurs italiens, dont les relations par la voie de la mer Caspienne, du golfe persique et des caravanes s'étendaient jusqu'aux Indes.

Mais bientôt éclata un nouvel orage, plus terrible que tous oeui qui avaient précédemment ébranlé le sol de rOrient. En 1453 Mahomed 11 s'empara de

case, on devait natuieHement lui préférer celle du Don et du Vdlga, qui ne traversait que des pays tatars, habilé» par un même peuple, soumis k un même gouvernement. Peut-être existait>il encore une ligne de caravanes par les steppes du Manitsch» Ce (qui tendrait à le fiiire crdre, c'est que, lors de l'expédition du sultan Sëlim contre A^raUian, Tan 1660, une partie de l'armée turque a précisément suivi cette route. Au reste, b ligne du Nanitsch a dû être peu fréquentée, à cause de son manque presque absolu d'eau potable.

474 (BAPITRE XXIII.

GoDStantiliopley et TÎiigt ana plus tard toutes les ooloDÎes de la république de Géues tombèreot suooessi-

vemeiil du pouvoir des Ottomans. Ce iul eu vain que ïts Véaitieos essayèrent d'attirer à eux le commeroe de la mer Noire et de TOrieut; leurs efforts restèrent infructueux, et rinterdiction du passage des Dardanelles fut définitiTeinent déclarée. Les anciennes communications entre l'Ëurope et l'Asie turent ainsi rompues, et pendant plusieurs années les riches marchandises de l'Orient n'eurent plus d'écoulement vers l'Europe. Mais comme celles-ci étaient alors fort recherchées et qu'on les payait très-cher, les négociants réussirent à leur trouver un nouveau passage , et Smyrne devint leur entrqiôt. La situation de celte ▼ille était cependant loin de compenser le désavantage d'un transport par terre long, périlleux et dispendieux. Aussi le commerce des Iodes a eut- il plus qu'une faible activité, jusqu'au moment où la découverte de Vasco de Gama vint ouvrir une nouvelle route aux peuples de l'Occident.

Smyrne conserva le monopole du commerce de rOrieut pendant plus de deux cent cinquante ans; et jusque vers le milieu du dix-septième siècle, la Perse servit de premier entrepôt aux productions de l'Inde qui lui parvenaient parla voie du golfe persique, de rAfgahuistan et du pays des Beloulchis. Ces produits se consommaient en partie dans le pays, et le reste passait, soit à Smyrne par Erieroum et Bagdad, soit

en RuMÎe pir la mer Caspienne et la Géoi^ie. A la suite de cette grande rëvolulion oommerciale, les contrées qui composent aujourd'hui à rOrlent les

provinces méridionales de la Russie, perdirent toute leur importance pour les échanges entre l'Ëurope et rAsie. Les grands entrepèU de Gaffa et de Tana une fois anéantis» toutes les voies de communication qui y aboutissaient furent délaissées. Les gi^udes caravanes du Volga et du Kouban disparurent, la navigation de la mer Caspienne fut presque annulée, et Astrakhan fîit réduit exclusÎTement au commerce local et aux relations avec les pays limitrophes de la Rusne.

Cent ans après la prise de Coustantinople, Ivan IV, le terrible, planta sa bannière victorieuse sur les rives de la mer Caspienne, et la vieille cité des Tatars de rOrde d*or tomba sous la domination moscovite. Depuis cette époque, les historiens n'ont plus eu à enregistrer qu'une longue période de revers, de fautes et de décadence, et depub plus de trois siècles les annales d'Astrakhan, autrefois si fécondes en ères de prospérité, seul restées muettes. Il paraît néanmoins que sous le règue divan IV et de ses premiers successeurs, Astrakhan continua encore à fournir à la Russie les productions de la Perse et quelques denrées de TAsie centrale. Une compagnie anglaise essaya même, vers 1560, de s'ouvrir par la voie de la mer Caspienne des rapports commerciaux avec les contrées de la Perse .et la Turcomanie; mais tous ses efforts

échouèieot, et plus tard rapparition dans le golfe peisique des paTillons hollandais et britanDiques, et l'iminense déreloppement de la naTtgation des Indes,

achevèrent d'enlevei au |>ort d'Astrakhan tout espoir de pouvoir jamais renouer ses anciennes relations. Dès ce moment la navigation de la mer Caspienne fut entièrement abandonnée, et le peu de produits asiatiquet» douL la Russie ae pouvait se passer, y étaient apportés par des yoies terrestres aussi périlleuses que dîspendîmses* Aussi, lorsque vers le milieu du dix-septième siècle Alexis Mtchadovitz monta -sur le tr6ne, les passages en Perse par mer étaient-ils j>ies(jue devenus un problème à résoudre. Cesl loutefois à ce prince que revient l'honneur de la première tentative que fit la Russie pour rétablir le commerce de la mer Caspienne. En 1660, sous la direction de marins iiol landais, une expédition maritime fut organisée à Astrakhan; mais la révolte des (Cosaques et les succès de leur chef Stenko*Razin la firent complètement échouer. Depuis lors les choses retombèrent dans leur état primitif, et jusqu'à l'avènement au trôue de Pierre-le-Grand, aucun fait saillant ne vient accidenter l'histoire commerciale de cette partie de l'empire russe.

Sous le règne de Tillustre régénérateur de la nation moscovite, le commerce asiatique ne (ni pas oublié. Pierre 1.*' dirigea vers l'Orient toute sou attention et toute Tactivité de son génie. Tout rempli.de la grande

pena^ de faire passer par ses Etats, les produits de rinde, il se rendit liû-méme à Astrakhan, paroourut les embouchures du Volga, dësîgaa remplacement d'une quarantaine, et fit explorer les côtes de la mer Caspienne par des Hollandais , en attendant que les drconstanoes politiques lui permissent de fonder à main armée des établissements sur le littoral de la Perse. Cependant les brillantes expéditions que les Russes ûreal plus tard de Tautre côté du Caucase, n'aboutirent à aucun résultat commercial. L'Asie centrale conserva ses voies de communication avec l'Europe par Smyme et la mer des Indes; puis, après la mort du Czar, la Russie ne tarda pas à abandonner toutes ses prétentions sur les côtes méiidionales de la mer Caspienne, où elle avait sérieusement espéré établir sa domination.

L'extension des possessions russes au Midi jusiju'aux rives du Kouban et du Teiek, à Test jusqu'à l'Oural, finit toutefois par porter quelques fruits. Giâce à la sécurité des voyages, le commerce avec la Perse, par la voie de la Géorgie, reprît une certaine activité; Astrakhan yit reparaître, avec les négociants persans et indiens, les caravanes de Khi va et de Boukhara, les cAtes occidentales et orientales de la mer Caspienne furent fréquentées de nouveau par des navires, et les nombreuses hordes nomades, aux usages asiatiques, qui occupaient alors les steppes du Volga et de la Kouma, ne contribuèrent pas pour peu à donner

478 CHAPITRE xxm.

du mouraneat au oommeroe d*édiaiige entre la Russie et les contrées tnuucaucasiennes. *

Sons le règne de Gathérine II, les Russes repa- . rureat une seconde fois au delà du Caucase sur le littoral de la mer Caspienne. Mais leur domination ne lut dëfinitiTement établie dans œs coutréës asiatiques que sous l'empereur Alexandre. Une fois mattresse d'un vaste pays linijlKjjtlie de la Perse et de la Turquie, touchant à la lois à la mer Caspienne et à la mer Noire » la Russie avait évidemment à sa disposition tous les movt lis possibles pour développer à son profit les échanges entre l'Europe ei la plus gi aiide partie des contrées occidentales de l Asie. Par la voie de la mer Caspienne et du Yd^, elle pouvait fournir à toutes ses provinces centrales les soies et les cotons de la Perse, ainsi que les teintures et les substances médicinales; puis elle pouvait accaparer pour elle seule tout le commerce de transit des marchandises des foires de rAllemagne et de celles descendant le Danube.

I. Panni les diverses hordes nomades qui eampaient à cette époque sur le sol de la Russie méridionale, les Kalmouks seuls figuraient au uondire de plus de 120,000 fiuailles; ifune autre part, la Cmh aeule possédait une population de plus de 000,000 ânes. Maïs depuis Pierr»4»4rBnd toutes ces contrées ont an» guliérement changé de face. Les Kalmouks mit en grande partie ânigré en Chine, et les tribus musulmanes ont perdu au moins les neuf dixièmes de leur population, fl est aisé de cooqprendre quelle fâcheuse influence la disparition de ces peuples asiatiques a dû exercer sur le commercé de la Perse et de l'Asie centrale.

Dans les pi^miers temps » le gouYeraement russe eut l'air de vouloir fiiToriaer i'ëtabliisemeDt de toutes ces grandes relations mercantiles. Mais îl persista peu longtemps dans ses idées libérales; il entm bientôt dans la voie des mesures restrictives, et préluda aiusi au grand système de proscription qu'il a adopté depuis. Âu commencement du régne d'Alexandre, Tancien n^^oee avec la Perse subsistait encore, et les Russes continuaient à acheter à très-bas prix dans le Mazaadéran, pravince située sur la mer Caspienne, des cotons d'une excellente qualité*. Les marchands faisaient alors leur paiement en ducats, cette monnaie d'or se trouvant être la conditiou sine qua non de tous les marchés. Mais eu 1812 et 1813 la sortie des ducats fut prohibée; dès lors les Persans, auxquels les monnaies en argent ne pouTaient oouTenir, refusèrent de livrer leurs produits. Les n^;ociants anglais, toujours prompts à profiter des occasions avantageuses, envahirent immédiatement les marchés du Mazandéran, dont les cotons, achetés par eux à vil prix, parvinrent en Europe par la voie du golfe pmique. Dans le principe, les comptes se soldaient en ducats. Mais i Angleterre ne laida pas à substituer au numéraire, des draps, des étoffes, et toutes les

1. C'est sur les versants de l'Elbonri que l'on récolte le meilleur coton de la Perse. Ces contrées pourraient facilement, année commune, expédier en Russie 1,500,000 kilogrammes de coton, qui ireviendrail sut les lieux de 0.66 à0.70 cent, le kilo^sramnie.

480 CHAPITRE xxm.

auti*e8 marchaDdises qui pouvaient coD?emr aux popalatioDS de cette partie de la Perse. Ce fut surtout pendant la guerre de 1813 que les Anglais firent adopter aux Persans lies différents produits de leurs noanufaclures. Eclairé par la cessation de ce mouvement d'aâaires, le mioistère russe révoqua bientôt la mesure relatÎTe à la sortie des ducats. Mais le mal était fait; le commerce avait déjà pris une nouTdle direction. Celle rude leçon toutefois ne porta nuls fruits. Pour favoriser une seule manufacture de Moscou, les velours étrangers fournis en transit aux Persans» forent frappés d*un droit équÎTalant à une prohibition; dès lors cet article, si imjiorlant et si recherché , n'enlra plus pour rien dans les échanges ayec la Perse.

En 1821 le gouvernement russe, semblant revenir à de meilleures pensées, accorda aux mardiandises de l'Europe la libre entrée des porls de la Géorgie. Ce fut alors que se développa rapidement un vaste commerce de transit entre la Turquie, la Perse et les grandes foires de l'Allemagne, par la voie de Radzivilow, d'Odessa, de Redoute-Kal^ et deTiflis. Cette nouvelle ligne de communication , qui permettait de concevoir de si brillantes espérances, eut uue courte durée; car dix années plus tard, la Russie, entraînée par une véritable fatalité, détruisit, comme nous l'avons déjà fait connaître, tous ces magnifiques éléments commerciaux. ElieièrmalesprovjncesUanscaucasiennes

aul produits européens, et fit aiosî immédiatenient grandir dans son Toîsinage le formidable établissement deTrébisoade, qui tlcvinl bientôt, au détriment des établissements du golié persique, le principal port de la Perse et le point d*arri¥age d'une masse de marchandises anglaises, dont la yaleur s'élève de nos jours à plus de 50,000,000 Iraucs par au.

La route par Trébisondc une fois adoptée, le commerce des drogueries, des teintures, des substanoes médicinales, fut ^lement perdu pour la Russie.

Chose réellement incroyable, rien n'a pu faire sortir l'admiuisLraliou russe de sa fatale obstination; en présence des populations de la Perse et de la Turquie asiatique, abandonnant leurs voies commerciales pour chercher ailleurs des débouchés et des ressources, elle n'a lait qu'étendre de plus en plus sou système de proscription, Elle a été jusqu'à frapper d'exclusion les poteries communes, dont Kbiva et fioukhara envoyaient autrefois une immense quantité à Astrakhan pour Tusage des Tatars et des Kalmouks. C'est sous i empire de ces funestes njesures que cette dernière ville, totalement privée de ses caravanes et de ses vaisseaux chargés des marchandises de TAsie, a fini par perdre tout souvenir de sa grandeur passée, et a vu s'écrouler tout l'édifice de sa pi ospérilé sous les coups impitoyables du système prohibitif de l'administration centrale.

En 1839 Astrakhan ne renfermait que 47 n<%ociants 1. 31

482 CHAPITHK xxin.

de première guilde, y compris tes femmes et les enfants; oa comptait seulement 48 navires dépendant de son port. Encore faut-ii constater que sur ces 48 bâtiments présenlant ensemble un lounage de près de neuf millions de kilogrammes, 1 1 appartenaient à la couronne, et que 25 autres» propriétés particulières, étaient employés au transportées yiyres et munitions du gouveruemenl : il ne restait donc pour le commerce que 12 vaisseaux, dont uu tiers sans emploi. Quant aux autres ports russes de la mer Caspienne, en relation avec celui d'Astrakhan, tels <]ue Bakou et Salian, les navires qui les desservaient s élevaient au nombre de 8, jaugeant 387,000 k. g.; plus, une soixantaine de bateaux de cabotage, dont le tonnage n'a pas été évalué. Telle est la déplorable situation qu*a faite au commerce et à la nayigation de la mer Caspienne, un gouvernement exclusif qui, n'a jaiuais voulu comprendre le commerce par les échanges, et qui a follement espéré conserver ses liens commerciaux avec des nations dont il repousse les produits industriels, el auxtjuelles il refuse même le Iraiisil des marchaudiscs étrangère que réclament leurs besoins.

Cependant la Russie a beau faire, jamais elle ne parviendra à remplacer pour les Musulmans du midi del 'empire, les produits manufacturiers de l'Asie qui conviennent essentiellement à leurs mœurs ; jamais elle ne réussira à laire adopter aux contrées transcaucasiennes les mauvais produits de ses manufactures.

CHANTRE xxm. 485

Le déyelopp€>ment du commerce anglais dans les contrées occidentales de TAsie est d'ailleurs aujourd'hui un fait accompli, et il n'est plus possible à la Russie de l'arrêter, à moius quelle ne s'enipare un joui de Constanliuoplc. Sans doute pour quelques articles de quincaillerie, les fabriques russes pourraient lutter avec les prix de l'Angleterre; mais les peuples deTAsie sont en pareille matière d'excellents connaisseurs: ils se laissent rarement séduire par le bou marché, et, comme Texpérience le démontre, ils donnent toujours le choix aux produits britanuiques, dont la solidité et 4a confection consciencieuse sont pour eux les qualités les plus précieuses. Au reste, quand même les marchandises russes pourraient rivaliser pour la fabrication avec celles de l'Angleterre, le système prohibitif de l'empii-e et Tanéantissement des transits européens, n'en seraient pas moins suffisants pour enlever au pays tout commerce d'exporLatiou dans la mer Caspieoue; car les habitants de l'Asie recherchcu mut toujours de préférence les relations commerciales qui leur offrent en même temps, et les ressources des échanges conformes à leuis besoins, et les avantages d'une plus grande cousommalion.

Voici le tableau commercial des deux ports russes de la mer Caspienne pendant Tannée 1835:

484 CHAPITRE xxnu

BZMBTATlOlf. IMPOSTâTIOlt. M0I1« •OVAIR.

Roublm.

AsUiikhaii. . . .2,235,514 2,235,514 127,241

Bakou 556,016 1,564,924 81,735

Total 2,701,530 3,800,431» 208,076 ,

ce qui fait pour toute la mer Caspienne un mouvement géaéral d'environ 6,500,000 r. Depuis 1835 le commeroe de la mer Caspienne a encore ëté en périclitant. Nous voyons dans le journal du ministère de l'intérieur, qu'en 1839 toute l'exportation des provinces Lrauscaucasienues russes, tant par terre que par la Toie de la mer Noire et de la mer Caspienne^ ne s'est élevée qu'au chiffre de 3,889,707 roubles tandis que l'importation par la mer Caspienne n'a pas dépassé 2,896,008 roubles, près d'un million de moins qu'eu 1835. La même année, la Perse a vendu aux provinces du Caucase, par la voie de terre, pour la valeur de 8,545,035 roubles. D'après les documents du gouvernemenl lui-même, ce commerce a consisté non pas dans l'achat de matières pi-emières, mais presque exclusivement dans celui des étoffes de soie et de coton. C'est que, malgré les droits élevés du tarif impérial, les peuplades asiatiques, peu sensibles aux plaisii's de la \aailé ou d une mode in-

1. Parmi les articles exportés par la Russie, il faut approximativement compter les cotonnades pour 700,000 roiihles, les draps pour 40,000, les toiles de lin pour 30,0n(i. \v fer pour 200,000 à 400,000, divers objets en métal pour 200,000, et le blé pour lOO.OOi).

GUÂPITRË XXUL 48â

coostanle, préfèrent toujours les étoffes solides de la Perse aux produits de pacotille que leur offrent les Russes et dont les prix sont d'ailleurs très-élevés, eu ^rd au grand éloigoement de Moscou, seul point manufacturier de l'empire. D*une autre part, les Persans, ne IrouYant à se procurer en Russie qu'un faible nombre d'articles d industrie à leur couveuance, réservent toutes les matières premières de leur pays, ainsi que celles qui peuvent leur arriver de TAsie centrale, pour leurs échanges avec les produits européens, que d'aclives relalious entassent de nos jours dans les entrepôts de Trébisonde et de Tauris. C'est ainsi que les soies du Ghilan les cotons du Mazandéran, les noix de galle du Kourdistan, les tabacs de Scbiras, les gommes, les grenelles, le safran, etc., ont complètement abandonné la mer Caspienne , et la ligne de Tillis à Redoute-Kaleh pour la route d'Erzeroum et de Trébisonde. Ce qui favorise encore cette nouvelle communication, c'est la modicité des prix du transport et des droits de transit à travers la Turquie. Ces derniers ne s'élèvent qu'à 3 pour 100 pour les Européens, et à 4 pour 100 pour les Persans. Mais par le fait, les marchands paient rarement au delà de la moitié des prix du tarif En somme, le transport de Constaalinople à Tauris n'ajoute pas plus

1. En 1836, le Ghilan a envoyé à Trébisonde pour plus de 9,000,000 roubles de soie.

486 CUAPIXRË X3MU

de 10 pour 100 au coût des marchaadîses. De là il

est aisé de concliue combien il csl difficile à la Russie, encore si peu iaduslrielle, de iuUer avec les autres Ëtats de l'Ëurope sur les marchés de la Perse, et combien a été graode sa faute lorsqu'elle a volontairement anéanti tout commerce de transit par ses Ëtats, dans le fol espoir d'imposer ses propres produits aux populations transcaucasiennes.

Ce qu'il j a d'étrange dans la destruction de tous ces éléments de richesses , ce sont les petits expédients imaginés par le ministère, pour faire croire à l Europe et au chef du gouyernemcut que nulle part on ne s'occupe autant qu'en Russie du développement du commerce. Cest ainsi qu'on a élevé sur la côte nordosl (le la mer Caspienne le fort d'Alexandrof, sous prétexte d eu iane un point d'arrivage pour les prétendues caravanes de la khivie et de la Boukharie. Malheureusement cette localité n'offre ni eau douce^ ni bois, ni aucune espèce de ressources; aussi, comme il était facile de le prevoii , un n'y a pas encoie vu arriver une seule caravane. La garnison du iort se compose de 600 hommes, qu'il fiiutincessamment remplacer par suite des ravages du scorbut; quant au commandant, il esl obligé de recourir à des bateaux de poste pour recevoir de l'eau douce des embouchures de l'Oural. L'établissement de ce fort n'a même été d'aucune utilité pour la sécurité de la pèche qui se fait non loin de ces parages. Les soldats ne peuvent s'éloigner de leurs

Tedoutes sans courir le risque d*étre enlevés par les

Kbirguises. Eu 1839, plus de 80 pêcheurs russes ont été pris par ces tribus nomades et vendus à kbiva ou à Boukhara.

On sait quelles espérances Pierre-le-Grand avait

fondées sur la mer Noire, la mer Caspienne et les pays situés au delà du Caucase; il reste à exammer brièTement s'il sera jamais possible à la Russie de Ikire reprendre au commerce des Indes son ancienne direction.

Aujoiiid'hui que la navigation a lait de si merveilleux progrès, que l'ëtablissement des bateaux à vapeur sur rfiuphrate et la mer Rouge est un problème résolu, que les prii des transporta par mer sont extrèiDcment réduits, nous pensons qu'il ne resttt plus aucune chance à la Uussie pour détournei' le commerce des Indes et le faire passer par ses États. La Russie est limitrophe de la Chine, elle possède depuis longtemps avec le oâeste empire des communications sûres et régulières. Cependant les Anglais n'en trouvent pas moins un grand avantage à aller vendre à Odessa et dans toute la Russie méridionale, du thé que leur apportent des b&timents qui doublent le cap de IJoiiiie-Jispéiance. Il est évident que les Indes se trouvent pour la Russie dans une position encore plus désavantageuse que la Chine. Si les Russes s'emparaient un jour de la mer d*Aral, ils pourraient peutêtre, par la voie des fleuves Sir-Daria (Jaxarles) et

488 CHAPITRE XXUI.

Amou-Daria (Oxus) , pénétrer jusqu'en Boukharie et

jusqu'à Samarcand. Pierre I.** aTait eu cette grande idée. Mais les leiilalives réitérées sur Khi va, el toujours mutiles y foot Toir que dans ces contrées les conquêtes ne sont pas si fociles, et que les années de notre époque ne traversent pas impunément les steppes arides des Khirguises et des Turcomans. Comment songer d'ailleurs à établir avec les IndeSj par la voie de la Perse ou de la Boukharie, des communications aussi r^lières, aussi peu coûteuses que celles qui existent aujourd'hui par la voie maritime? Il parait donc démontié que les idées de Pierre-le- Grand sont devenues complètement diimériques de no0 jours, et que tous les efforts que la Russie pourrait fiiire par elle-même, ne parviendront jamais à modifier sensiblement la direction du commerce des Indes. Ce ne serait que dans le cas d'une ^erre maritime prolongée, que cette puissance pourrait espérer laire arriver dans la mer Noire les productions de TAsie centrale, pour les répandre ensuite dans l'Europe continentale. Mais en dehors de ce commerce, le champ était encore vaste à exploiter : de même que les Indes orientales sont devenues, commercialement parlant, des dépendances de la Grande-Bretagne, la Perse et la Turcomanie auraient pu devenir tributaires de la Russie, si celle-ci, moins aveuglée par son amour-propre et son ambition jalouse, n'avait pas adopté son déplorable système de proscription, et

CHAPITRE xmu n'avait pas détruit tout le commerce de transît européen, qui était eu irain de s'établir par la voie des ports qu'elle possède sur le liltoral de la mer iNoire.

Gomme nos chififies et nos études l'ont déjà démontré, la navigation de la mer Caspienne a oomplë^ tement suivi le mouvement de décadenoe du commerce asiatique; il est cependant impui iant de donner quelques notions sur la nature et l'emploi des bâtiments actuellement en usage sur la mer Caspienne et sur le Volga. Ces bâtiments se partagent en cinq classes, d'après les divers genres de leur construction. La première comprend les navires qui fréqueuteut indistinctement tous les ports de la mer Caspienne; la seconde, ceux qui naviguent uniquement dans les en-* virons d'Astrakhan; la troisième^ ceux qui ne voyagent que daus les embouchures du Volga, depuis Astrakhan jusqu'à la mer; la quatrième , les bateaux de rivières qui ne quittent jamais le Volga; la cinquième, enfin, les bâtiments qui appartiennent aux provinces persanes.

Les navires qui desservent les ports de la mer Caspienne, portent le nom de CUsaoutes, et ressemblent assez aux navires hollandais pour la forme de leur coque. On les construit avec de mauvais bois et en dépit des principes de l'art. Leur nombre, quuii|ue dépassant de beaucoup les besoins du commerce, iie va pas au delà de 80; ils jaugent de 1000 à 2000 hectolitres. Les armateurs achètent d*ordtnaire, dans

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le gouyernement de Nîjni-NoTOgorod de ywwx corps de navires, dont il» font leurs chkooules , sans songer que le manque de solidité el de rt^ularilé les rend on ne peut plus dangereux pour la navigation maritime; puis leoommandemeatdeces vaisseaux est confié à de mauvais pilotes qui , au titre près , n'en remplissent pas moins les fonctions de capitaine. Quant aux équipages, ils varient entre dix et seize honaaies; et comme le bon marché seul préside au choix des marins, il en résulte que la navigation de la mer Caspienne, contÎDuelleiuent compromise pai les jjliis épouvantables siuistres, n'inspire plus aucune confiance aux commerçants y et qu'elle finira étalement par être délaissée.

Le service des chkooutes consiste dans le transport des mardi f^ndises russes et persanes, dans celui des ouvriers, iiiai( n nix , provisions et produits appartenant aux pêcheries situées entre SaliansSiphitourinsk, Akhrabat et Astrabad»; enfin, dans Texpédition des

1. Solian est un port de la mer Caspienne, placé à Yembonhchure du Coura (randen Cynis). La rade en est a^ses bonne et ses pêcheries sont foit importantes. On y prend une inunense quantité d'esturgeons.

2. Astrabad, situé sur la ebte méridionale de la mer Ga^ienne^ entre la Perse et la Turcomanie, est en communication régulière et facile avec toutes les contrées de la Perse, de Khiva et de là Boukharie. Cette ville est la véritable def de tout le commerce de rorient du c6té de la mer Caspienne. Aussi Pierre I.*' et Catherine II onuils porté sur ce point une attention toute partienUère.

muiiilioDS de bouche et du matériel militaire des diverses garnisons des parties orieotales du Caucase.

Parmi ces dilléients transports, ceux de la couronne sont les seuls préseutaal quelque chance de béoéfice aux armateurs. Quant à ceux des marchandises d'Astrakhan en Perse, ils n'offrent plus aucun a\ alliage, de l'aveu mcuie des autorités et des n^ociauts russes. 11 y a une vioglame d'années, les armateurs obtenaient encore par poud ou 16 kilogrammes des nolis de 1 .30 roubles jusqu'à 3 roubles pour les marchandises de poids, et de 6 à 10 roubles pour les marchandises légères et celles d'un iuit volume. Aujourd'hui le frét des premières ne va pas au delà de 0.40 à 0.70 kopecks, et celui des secondes n'atteint jamais 1 rouble. On ne saurait déterminer exactement les prix de retour, car ils dépendcul entièrement de la quantité des marchandises deslinces à être expédiées, ainsi que du nombre des bâtiments prêts à charger. Il arrive souvent que les capitaines mettent leuis services aux eucbères, et finissent par perdre au lieu de gagner. Ces din^mulions dans les nolis tiennent évidemment à la surabondance des bâtiments, aux naufrages fréquents, qui font préférer les envois par terre; enfin, à la faiblesse du commerce d'importation des provinces persanes.

Les bâtiments qui naviguent sur la mer Caspienne dans le voisina^ d'Astrakhan, sont connus dans le pays sous la d&ignation de Bazckwa, Us différent fort

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peu deACAkoouies, et coûtent de 1500 & 4000 roubles. Les marias les divisent en deux classes , les Mangki''

schlaks et les Asiams. Les premiers portent le nom du port% d'où ils apportaient autrefois à Àstrakhaa les marobandises proyenant des caiavanes de la Khivie et de la Boukbarie. €ette navigation était exelusiyemenl accaparée par des Talars, qui seuU ii avaient rien à craindre des Khirguises et des Turcomaus lorsqu'ils descendaient à terre. En 1832 on ne comptait plus que buit manghisehlaks, dont la moitié bors de service. Ces petits navires portent de 700 à 1 200 beotolitres.

Les razcbivas, de la seconde cat^oric, dont le nom est tifë du mot tatar Àélam (voiturier) , servent au transport de la vaiss^le» des vivres, du bois et des

articles nécessaires aux pêcheries. Ils font les voyages de kisliar^, de Gourief^, de Tchetchenze^ , et par-

1. Manghischlak n'est pas une ville, mais simplcmcot ud port où les bâtiments abordaient autrcloi;» pour commercer avec les })( iif lrs nomades de cette partie du littoral. Il est aujourd'hui complètement abandonné; le peu de navires qui visitent encore ces contrées s'arrêtent à Tuk-karakhan , vousiii de l'ancien point de débarqnon)cnt, d'oii les transports jusqu'à Khiva se fout en vingt -hn il i ou m r lis de cbameau.

2. Viilc siiiiri; sur la mer Caspienne, à l'embouchure du Tërek. Elle est célèbre par son cau-de-vio.

3. Ville située à l'embouchure de l'Oural dans la mer Caspienne. Elle appartient au.v Cosaques de l'Oural. On y compte au plus une centaine de maisons.

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