‹ Les Steppes De La Mer Caspienne, Le Caucase, La Crimée Et La Russie MéridionaleChapitre 21 sur 27 · Tchetcheuze, lie située non loin du golfe Agrakhan · texte numérisé non relu

Tchetcheuze, lie située non loin du golfe Agrakhan

courent toute la partie uord-ouest de la mer Caspienne, du Volga, jusqu'au Térek, en chai^geant prindpalemént lea proTisions de bouche destinées aux troupes qui occupent les provinces du Caucase. Ils apportent en retour du vin , du riz et surtout de Teau-de-vie de Kisliar, qui est fort estimée dans le pays. Le nombre de ces razdiiTas ne dépasse néanmoins pas cinquante. Ils peuvent faire jusqu'à cinq voyages par an.

La navigation de ces bâtiments est beaucoup plus avantageuse pour les armateurs que celle des dbkooutes; ils ne font eu réalité qu'un service de cabotage, et perdant rarement la côte de vue, ils sont beaucoup moins exposés à périr. D'un autie côté, indépendamment de leur nolis d'À^strakban, ils entretiennent encore un commerce d'échange ^ provisions de bouche avec les peuples nomades des rives de la mer Caspienne. On se sert aussi de ces bâtiments pour la pêche qui se fait dans les eaux de i'£mba et de Tchetchenze. Les pécheurs leur préfèrent cependant des navires plus petits.

Les bâtiments qui naviguent dans les bouches du Volga sont en partie pontés, en partie non pontés. Les premiers, qui exigent une certaine solidité de construction, transportent directement les marchandises à bord des chkooutes stationnant en pleine mer, landis que les seconds s'arrêtent à une courte distance de l'embouchure du fleuve. Les uns el les autres sont de véritables allèges. L'eau est si peu profonde dans

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le voiftinage des bouches du Volga, comme daos toule la partie septentrionale de la Caspienne, que les chkooutes sont forcés de sortir du port d'Astrakhan et de cingler en nier sans aucun chargt tntut. A une trentaine de kilomètres de la côte ils reçoivent par des barques non pontées la moitié de leur caigaison, et c'est seulement à 150 ou 200 kilomètres de Tem^ boucliure du fleuve qu'ils peuvent achever de se charger, par riatermédiaire de barques poutees dont le tirant d'eau ne dépasse pas 4 mètres. Les allèges appartiennent généralement à de petits capitainesi à qui elles rapportent d*assez beaux revenus. Mais il en périt chaque année un foi l grand nombre.

Les bâtiments qui descendent le Volga pour se rendre à Astrakhan des divers gouvernements du centre, yarient extrêmement dans leur mode de con^ strucLiun. Les plus remarquables sont les KUidiiyas, qui se distiugueat enlre tous les autres par leur solidité et leur forme qui les rapproche des barques hollandaises. Ils n'ont qu'un màt d'une hauteur dé^ mesurée avec deux voiles, dont la plus grande est fixée à une vei-gue deux lois aussi longue que tout le bâtiment. Après les kladnyas viennent des barques plates appelées Belianys, construites entièrement en sapin, et qui ne sont goudronnées ni en dedans ni en dehors. Nous ne parlerons pas d'une infinité d'autres bateaux plus petits. Tous ces batuncuts transportent divei'ses marchandises d'Astrakhan à Nijni-Novogorod,

Saratof et autres lieux, et vice versa; on leur fuiie, selon la dtsianoe, de 10 à 30 kopedcs de noiis par poud

ou 16 kilogrammes. Leur arrivée à Astrakhan a lieu à des époques presque fixes, savoir: en mai, juillet et septembre. Quant au bateau à vapeur, qui fait régu* lièrenient chaque année un voyage entre Astrakhan et Nijni-Novogorod, il emploie de 40 à 50 jours pour la muonle du fleuve, et une quinzaine poin lu retour. La navigation du Yoiga semble, au dire des oiariiis, devenir d*annëe en année plus difficile; divers passages du fleuve sont déjà aujourd'hui impraticables pour de^ bai(|iu s d une ( i i laine portée. 11 paraît cflcctivement démontré, comme nous le verrons plus tard, que le Volg^ a considérablement perdu de ses eaui depuis un siècle.

Les b&timents appartenant aux provinces persanes ressemblent aux chkooutes russes. Leur construction a cependant cela de particulier, qu'on u'y emploie point de goudron, et que les planches des hordages sont si parfiiitement jointes, qu'elles ne laissent point jiasser l'eau. Inutile de dire (jue la navigation persane se liouve encore dans un plus triste état que celle de la Russie.

Si nous ajoutons à ces détails statistiques que toutes

les marchandises russes se rendent par terre dans les provinces caucasiennes de l'empire, on comprendra parfaitement avec nous , Tétat d'abandon où se trouve aujourd'hui la mer Caspienne, et toute autre réfleiion deviendra inutile.

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L'industrie du pays d'Aatrakhaa esl aalureilement en souffrance oomme son oomméroe. En 1838 on comptait dans le chef-lieu 52 maisons et ateliers de fabrication, savoir î 1 manufacture de soieries, 2 de cotonnades, 20 de teinture, 10 tanneries, 2 fabriques de chandelles, 3 de saron, 12 tuileries, 1 fonderie de suif, 1 corderie : 615 ouyriers étaient employés dans ces difTérents établissements. C'étaient les pêcheries du Volga qui fournissaient en réalité tous les moyens d'eiistence de la population; actuellement encore elles forment la principale ressource du pays, et Ton dirait que la nature a voulu compenser la stérilité du lernloire d'Astralchau, en rendant les eaux qui le baigpent plus riches en poissons qu*auGun autre parage.*

Les eaux où se fait la pèche sont possédées par des particuliers, ou affermées par la couronne et les villes, ou, eniin> abandonnées à tous ceux qui veulent y exercer leur industrie* Les endroits les plus productif appartiennent aux princes Kourakin, Yonssoupof, Bezborodko, etc. Les pêcheries Je la couioniie luimaient autrefois des propriétés communales; on leur a adjoint celles qui se trouvent dans les chefs-lieux de district du gouTemement d'Astrakhan, pour les

1. Les détaib que Ton va lire sur les péclieries de la mer Caspienne, nous ont été communiqué i Astrakhan. Le tonps et la saison ne nous ont pas permis d'assistw nous-mêmes à ces intéressantes opérations.

louer toutes ensemble à un seul particulier. Elles pro-

duisenl souvent d'immenses bénéfices. Les eaux d'Astrakhan, quoique appartenant aux princes kourakio, ont été néanmoins abandomiées à la ville sans aucune rétribution. Du reste, on n'y pécbe la plupart du temps que du petit poisson, qui sert spécklement à la consomma lion des habitants.

Depuis 1803 la pèche de l'Ëmba est devenue libre. Elle comprend le littoral de la mer Caspienne, dqiuis l'embouchure de l'Oural jusqu'à Mertvoi-Koultouk » sur une étendue de 500 kilomètres. La livière d Emba lui a donné son nom. Elle appartenait autrefois aux comtes Koutaïssof et SoltykoT.

En vertu du règlement du 31 mars 1803, la pèche des phoques dans toute la mer Caspienne et celle de tout poisson dans les eaux maritimes de Tcbelchenze sont ('gaiement libres. Uîle de Tchetchenze, située non loin du golfe et du cap Âgrakhan, renferme aujourd'hui de vastes établissements pour fumer, saler et sécher le poisson , ainsi que de nombreuses habitations occupées par les pécheurs. Dans ces parages la pèche dure toute Tannée. Elle fournit du bélouga^ , de Vestargeon ordinaire, de la tmiie saumatmée, du silure*

1. Le Selottga â» Ruues est le gnmd esturgeon {Pita* iehûceoUa, jieeipenser Huso) ; il pèse souvent jusqu'à 700 kilogr.

2. Silurus glanis , poisson inconnu en France. Je fai trouvé dans le Danube, le Volga et le Dnieper, où sa voracité et sa force le rendent redoutable auic baigneurs.

el deux wiétéB de carpe. Panni les pécheurs de phoques, il est d*uaage^ de temps imoiânoml, de ue détruire aucun de ces animaux avant le 13 ayril;

celui qui eufreinl ce règlement, peid tout le fruil tle sa pèche, que ses camarades se partageât. On fait la guerre aux veaux marins de cinq manières diffi^ntes. Pendant Tété on les chasse sur les lies, et dans la mer on les prend au filet; pendant l'hiver on les tue sur la glace à coups de bâton ou à coups de fusil; enfin, on les assomme souvent à rentrée des soupiraux, qu'ils pratiquent dans la glace pour venir resr pirer l air. En été le phoque pèse 15 kilogrammes, en automue environ 30 el pendant l hiver souvent 48.

Les pêcheries permanentes se nomment les FataghU et les OaUd^u^is; quant aux endroits où Ton ne s^ëtahlit que temporairement, on leur donne la dénomiualion de Stania. h Oatschortf(hi consisle en une haie de pieux qui barre la rivière et que paribis on renforce par un treillis. Au-dessous de ce barrage on place, suivant le courant, Tappareil, appelé en russe Samoloff. On en distingue deux espèces. Le premier, l'appareil de bouées, se compose d'une corde que Ton foit passer par pluneurs points de la rivière, et à laquelle sont attachées un grand nombre de corde^ tettes arm^ chacune d'un hameçon en fer, soutenu par de petites bouées; le secuiiJ appareil, au lieu de bouées, est garni d'appâts formés de petits poissons entiers ou de tronçons de poisson. Le travail des

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pécheurs se borne à examiner les appareils el à enlever le poûson qui pris wxt crochets. Gelui-ei est immédiatement porté sous un hangar ëleré sur pilotis au bord de la rivière; là ou le dépèce et l'on en sépare les laitances, Is^ graisse el les uerfs, matières que Ton transporte ensuite aux lieui où elles doivent subir les préparations exigées par le commeree.

Par suite de ces procédés, le poisson ne peut remonter au delà des bandages; le meilleur se prend donc naturellement dans les parties basses de la rivière. Aussi le gouvernement a-t-il depuis quelques années proimt avec raison les outschougfais, ainsi que les appareils à crochets. L'oxpërienœ a d ailleurs démontré qu'avec ce système ou se saisit à peine d'un poisson sur cent qui mordent aux appâts, et que presque tous parviennent à échapper, quoique blessés, et périssent ainsi sans utilité aucune.

On attribue l'iaveaLioa de ces barrages aux anciens Xatars du kbânat d'Astrakhan* Comme le poisson était pour eux Tobjet d'un commerce important avec les Russes, on peut présumer qu'ils avaient imaginé ce moyen, }>oui l'empêcher de pénétrer dans les parties supérieures du Volga.

Les vataghis, construits d'ordinaire sur les hauteurs de la côte, consistent en caves, où l'on sale et fait sécher le poisson. Devant la porte de sortie se trouve toujours ua plancher abrité par un auvent en roseaux; c'est là que les prises sont dépecées et subissent la

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première préparation. Dans ces étabiissemenU on se sert exdusiyemeoi de iilets, dont quelques-uiiA ont pluaieim oentaiocs de mètres de lov^eur. Il est cependant défenda de barrer de la sorte toute la largeur du fleuve.

La pêche se dasse en diverses époques distinctes. La première y du mois de mars au mois de mai, c*est4dire depuis la délaie des glaces jusqu*au moment des hautes eaux, se nouimc l'époque du Caviar^; elle est la plus importante et la plusproductiye en caviar, en colle «t en nerfs. La seconde a lieu au mois de juillet, alors que les eaux sont rentrées dans leur lit ordinaire, et que le poisson, après avoir déposé son frai, retourne à la mer. La ti oisième, qui se fait de septembre à novembre, est oelle où le bélouga, V esturgeon et le sevrtouga^ fegn^pent les endroits les plus profonds du fleuTe. Ces poissons se prennent aussi pendant lliiver au ijLit)y( Il de filets particuliers. Durant celte saison de Tanuée , les pêcheurs des établissements situés sur le littoral.de la. mer, font des expéditions sur la glace soUT^t à plusieurs domaines de kilomètres des c6tes. Ils ont alors un traîneau et un cheval pour deux hommes, et transportent ainsi avec eux jusqu'à 3000 mètres de filets, avec lesquels ils prennent sous la

1. Le caviar, mets très-recherché non-seulement en Russie, mais encore à l'étranger, se prépare avee les œufs des esturgeons et des sterlets. On le mange frais ou sidé.

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