‹ Les steppes de la mer Caspienne: voyage dans la Russie méridionaleChapitre 14 sur 63 · COLONIES ALLEMANDES · texte numérisé non relu

COLONIES ALLEMANDES

ces braves gens, déjà si portés par leur caractère à recevoir l'étranger avec l'hospitalité pleine de bonhomie qu'on ne retrouve plus qu'en Allemagne.

La contrée qu'occupent ces colonies n'a plus aucune ressemblance avec lès steppes russes, quoique la configuration du sol y soit la même. Les villages, très-rapprochés les uns des autres, sont tous construits sur le même plan et abrités, pour la plupart, dans des ravins. Les maisons, bâties en bois ou en briques rouges et bleues, avec le toit fortement en saillie, n'ont qu'un rez-de-chaussée élevé : entourées de jardins, elles font au milieu de la verdure des arbres un effet délicieux, grâce à leurs murs peints de diverses couleurs, à leurs cheminées en bois sculpté ainsi qu'à leurs belles toitures en paille qu'on peut comparer aux fines nattes d'Egypte. L'identité des constructions se remarque partout et dttns les plus minces détails; quelques maisons seules se distinguant par un peu plus de peinture ou de sculpture, et une balustrade plus élégante devant le jardin.

L'aspect des champs de labour annonce d'excellents cultivateurs, sachant apprécier tout ce qu'un terrain vierge offre de ressources à celui qui veut l'exploiter. Un magnifique bétail couvre leurs prairies; des bergeries et des puits placés de distance en distance animent le paysage et rompent la fatigante jnonotonie de la plaine : tout accuse, dans ces riantes colonies, les avantages d'une vie laborieuse Jat la prospérité des colons. Mais il faut voir Tin»

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térieur des maisons pour apprécie d'ordre et de travail qui servent d( sances de la vie de famille. Non-set rieur est amplement pourvu de tO' cessaire à la vie, mais il. renferme toujours un confoi'table assez rare russes. On pourrait même accuser peu de sensualité à la vue de leut coussins et d'édredons qui s'élever fond. Un beau poôle en faïence, un contenant des plats, des tasses, et genterie; des meubles frottés avec s aui croisées et partout des fleurs; v sûr de trouver dans toutes les hab

Partout ces braves gens nous n plus grands témoignages de consid arrivions-nous dans un village, lap du lieu nous était immédiatement ( les ménagères se mettaient à l'œ bourrer de gâteaux, de café, decrèi tes plus raffinées ; puis, quand nous leurs meilleurs chevaux nous con< ment k un autre village, où nous al liospitalité.

A Orlof, nous passâmes deux joui fort riche et le plus philanthrope de nies allemandes. Établi depuis une q nées dans le pays, M. Corniesdébu n'ayant, comme les autres, qu'un co et quelques instruments aratoires, i

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limées chacun enviait déjà sa fortune, maïs ïndaieiit justice à sa sollicitude pour quiconque &lé moins heureux que lui. Doué d'une activité t d'intelligence, dévoué à la cause du progrès, t ensuite constitué le chef de la civilisation des s-Nogaïs, et, comme nous le verrons plus tard, irsuit aujoui'd'liui avec le plus grand succès re si habilement commencée par un de nos atriotes, le comte Maison. M. Cornies est llement membre correspondant de l'Académie int-Pétersbourg, et l'on cite de lui plusieurs ytres remplis de recherches savantes et remaries parla portée de leurs idées; aussi jouit-il ; grande réputation, non-seulement parmi ses latriotes, mais encore dans toute la Russie mélale. Ses troupeaux, ses pépinières, ses laines essent tous les industriels, qui ont pour la pluadopté les procédés dont il se sert pour le per- )nnement de la culture et l'élève des troupeaux. loiqueM. Gornies possède plus d'un million, sa ère de vivre n'en est pas moins conforme au isme et à la simplicité des mennonites, dont il lartie. Les mœui-s de ces sectaires sont d'une itéquieiclutde la vie de famille tout ce qu'elle ordinairement de charme et d'abandon. La ne et les filles d'un mennonite, quelle que soit forlune, sont les seules servantes de la maison, us vîmes madame Cornies et sa tille nous servir hiement h table, tout comme si elles n'eussent icun droit d'y prendre place avec le chef de la

38 LES STEHPES Lbl LA UER CASPIET famille. Malgré cette in<%alité apparente < deux sexes, les mennoiiites font d'excellt nages. Du reste, pour bien juger tout ce q aux peuples étrangers, il faut voir les ch( les yeux que donnent à chacun l'éducat reçoit et les mœurs au milieu desquelles i

La mise des femmes est simple et modesl leur existence. Elle consiste en une robe < nade bleue, dont le corsage ne descend q du sein : uu tablier de la même étofPe et u rette blanche à ourlet plat complètent ce que toutes portent invariablement. Leur c( même que celle des Alsaciennes, est un pet noir, sans garniture, posé sur des cheveu:

la chinoise et s'attachanl sous le menton, va bien aux jeunes et frais visages, autant encore la laideur des vieilles femmes. Q hommes, leur habillement est le même < des paysans d'Allemagne^ à quelques légèn cations près.

Un plat de viande et deux plats de légu posent tout le dîner d'un mennonite; chai vive a devant soi un grand verre de lait qui le vin, l'usage de cette dernière boisson éi plétement proscrit de leurs habitudes.

Les colonies de ces sectaires n'ont point attitrés, les membres les plus âgés et les | sidérés de la communauté étant seuls cl remplir les fonctions de ministre, qui so nées par élection. Ce sonteux qui tous lesd

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, font le sermon et entonnent les canliantent en ehœur avec leurs coreli-

lites sont généralement instruits, mais ■oaime la richesse, ne porte aucune implicite patriarcale de leurs mœurs, l'occasion de voir un jeune homme i riches familles de cette colonie, à un long voyage : il avait visité la sse et l'Allemagne, et cependant, ce 13 vif empressement qu'il revint parla- L d'agriculture de son père et de ses

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