‹ Les steppes de la mer Caspienne: voyage dans la Russie méridionaleChapitre 17 sur 63 · CAMPEMENT NOGTUHJSE DE TSIGANES · texte numérisé non relu

CAMPEMENT NOGTUHJSE DE TSIGANES

. Le gouvernement a maintes fois essayé de coloniser en Bessarabie ces bédouins de l'Europe, mais jusqu'à présent, tous les efforts ont échoué devant leur inertie. Fidèles aux traditions de leur race, les Tsiganes abhorrent tout ce qui est agriculture et habitudes réglées. Aucune entrave n'est assez forte pour dompter Thumeur nomade qu'ils tiennent de leur race, et qui a résisté au climat âpre de la Russie ainsi qu'à son gouvernement despotique. De même qu'en Italie et en Espagne, ils vont d'un village à l'autre, exerçant toutes sortes de métiers, volant des chevaux, des poules, des arbouses, disant la bonne aventure, obtenant par ruse ou par prière les moyens de ne pas mourir de faim, et préférant mille fois cette vie mendiante et paresseuse au bien-être qu'ils se procureraient si facilement avec un peu de travail et de bonne volonté.

Leur manière de voyager rappelle les émigrations des peuples barbares. Allant toujours en troupe nombreuse, ils se transportent d'un lieu à l'autre avec tout ce qui leur appartient. Les femmes, les enfants, les vieillards sont entassés pêle-mêle sur des espèces de chariots appelés patoschks dans le pays, attelés d'un ou deux petits chevaux à longue crinière. Toutes leurs richesses consistent dans quelques couvertures en gros drap de couleur brune, dont ils font des tentes pendant la nuit, et dans quelques outils, leur servant à exercer leur principal métier, celui de maréchal-ferrant.

Les voyageurs qui visitent la Russie du nord par*

lENT NOCTURNE DE TSIGANES H le troupe de Tsiganes campes pour la

eudroit isolé, à une treiilaine de pas rès d'un champ de pastèques.

liks disposées en cercle, soutenaient >n des tentes d'une couleur sombre oit it entrer qu'en rampant. De grands i quelques pas de là'étateiit entoures itaine d'individus de l'aspect le plus ileur bistrée, cbeveux hérissés, traits âges, haillons indescriptibles, éclairés es capricieuses qui tour à tour jetaient rs et s'affaiblissaient subitement, tout Ique chose de démoniaque bien digne l'imagination les scènes sinistres dont i longtemps les héros.

) la misère et les habitudes d'une vie t de plus repoussant se lisait sur leurs , dans l'espression fébrile de leurs loirs et dans l'espèce de volupté avec roulaient au milieu de la poussière; ! c'était là leur élément, qu'ils sesenr la vase où fourmillent les animaux :s femmes surtout me semblèrent hitrtes seulement d'un jupon en lamrine, les bras, ainsi qu'une partie des iment nus, les yeux hagards, la fl- :achée sous des mèches de cheveux en slles n'avaient plus rien nï de leur

de l'humanité.

un examen plus attentif me fit re-

es LES STEPPES DE LA M£ti

marquer quelques têtes de vieillan traste de leur blanche chevelure olivâtre de leur peau, autant que des traits, offraient un type de m une.

Tous fumaient, enfants, femn plaisir égale presque pour eux i l'eau-de-vie. Quelle imagination d rêvé unpandémonium pareil.

Jusqu'alors ils ne m'avaient pa:

bruit de notre voiture, qui s'avai et la voix de mon mari, leur Toute la troupe fut aussitôt sur p vai, non sans un certain effroi douzaine d'enfants entièrement n demander l'aumône, en jetant de ques jeunes tilles, voyant ma in chanter d'une manière si douce que notre Cosaque lui-même ei restâmes longtemps à les écouter, l'effet bizarre que faisait leur cai steppes, par cette belle et radie d'un danger sérieux ne nous l'esprit, et d'ailleurs elle eût et* surde. Mais dans tout autre ps une pareille rencontre n'aurait ri surant.

Trop d'exemples prouvent tou tains hommes ne reculent devant satisfaire leur avidité, ou alléger I

PEMENT NOCTURNE DE TSIGANES 63 ndamnés. Pourquoi ceux-ci, plus miseras dégradés que la lie des autres pays, réi leurs mauvais instincts lorsque l'occasion e de leur lâcher la bride? Qui peut coineux toute pensée de violence et de rapine, n'ont à exposer qu'une vie que tant isquent bénévolement pour des motifs si oilà de ces questions qui font presque envier les gouvernements despotiques, en donnant la preuve qu'un pouvoir absolu obtient des résultats ni confondent complètement tous les raisonnelents des philosophes socialistes.

Le lendemain dans la journée, nous arrivâmes à ostof, jolie petite ville située sur le Don. Sa pliyonomie diffère essentiellement des autres villes isses. Ce ne sont plus les lignes droites si froides . si monotones qui traquent le voyageur d'un bout s l'empire à l'autre. Ici, l'inégalité du terrain et ; besoin de se rapprocher du port, ayant forcé les ibjtants à bâtir leurs maisons d'une manit^re irréjlière, il en résulte un coup d'œil aussi varié que ittoresque.

La population, mélangée de Russes, de Grecs et 3 Cosaques, n'offre également dans sa manière 'être, aucun point de comparaison avec la roideur rstématique et la discipline militaire qui paraissent igler toutes les actions des Russes. L'influence un peuple longtemps libre a changé jusqu'au cactère des employés de la chancellerie. On ne trouve 'us en eux la morgue et la suffisance qui distin-

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