M LES STEPPES DE LA HEH
guent la petite noblesse russe. Ai elle beaucoup plus agréable à B plupart des villes gouvernemental ne vous y poursuit pas, comm exigences ridicules. Il y a fusion tionalités, de goûts et d'idées, et < à merveille.
Cette inQuence secrète que les sur les Russes est une chose digi semble prouver que les travers d( tiennent plus k son organisation caractère national.
Sa gaieté naturelle, comprimé d'un pouvoir souverain, reprend sus quand l'occasion s'en présent les employés russes se mêler aui négociants grecs, sans que la su) leuse des premiers en prenne l'ai
Une chose dont nous fûmes gri et qui annonce combien les idée faveur dans cette ville, est l'établ pèce de casino oii toutes les clas réunissent le dimanche pour dî parties de plaisir. Cela est sans e
Ce casino contient une grande beaux jardins, un billard, unere qu'on peut désirer dans un établis:
Quoique chacun soit libre d'y e rétribution, la haute société ne :
et n'y danse pas moins d'aussi b
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un salon aristocratique. Toute dictinction de rang s'y trouve eflfacée : employés, marchands^ femmes d'officiers, jeunes ouvrières, étrangers, chaque classe s'y coudoie, et de cette fusion résulte un pêle-mêle aussi varié qu'amusant, qui rappelle par son joyeux abandon les bals champêtres de la banlieue de Paris. Tout devient sujet de surprise pour le voyageur dans cette petite ville qui n'a de russe que ses employés : les hôtels y offrent de bons restaurants, des chambres propres munies chacuiie d'un lit complet (chose inouïe dans l'intérieur de la Russie), et beaucoup d'autres objets, que l'on trouve à peine à Odessa.
Azof, situé de l'autre côté du Don, un peu audessous de Kostof, n'est plus aujourd'hui qu'un grand village. Sa forteresse, si longtemps célèbre, a été abandonnée et tombe en ruine. Elle occupe, à ce que l'on prétend, l'emplacement de l'ancienne Tana, bâtie par les Grecs bosphoriens.
Le fort Saint-Dimitri , constrjuit par Pierre le Grand entre Rostof et Nackhitschévane, a partagé le sort d'Azof. Il était autrefois destiné à protéger la contrée contre les incursions des Turcs, alors maîtres de la rive opposée : la route de poste le traverse dans toute sa longueur, et suit jusqu'à Nackhitschévane une chaussée élevée qui domine tout le bassin du fleuve. Rien de plus varié que les vastes perspectives au milieu desquelles on voyage, en parcourant cette longue arête. Derrière soi, l'on a Rostof avec
son port rempli de bâtiments, avec ses maisons éche-
m LES STEPPES DE LA MER C
loniiées les unes sur }es autres, co allait leur manquer, avec ses égl ses jardins, couronnés de terraE la nappe calme et limpide àa fleu un large bassin dont les bords son de beaux peupliers. Des bateaus c radeaux, des bâtiments deiranspori pect, accidentant àe la manière la cette partie du paysage. Puis, deva surgir Nackliitscliévane , la blanc nienne; et le voyageur étonné retrou les grands bazars dont il aperçoit If celer au soleil, dans l'architecture maisons, et surtout dans les belles fi qu'il rencontre en avançant.
Nous parcourûmes tous les qua bazars de celte ville orientale, ave ment qui avait sa source dans nos se stantinople. A la vue des femmes la babouche rouge avec une nonchal:
des hauts bonnets arméniens, des blanches, des marchands accroupis toir, des bazars remplis de tous l'Asie, nous nous crûmes réellem dans un des quartiei's marchands l'illusion était complète. Les boutiqi d'une foule d'objets qui nous parure Les Arméniens excellent surtout à gent, et à couvrir de délicates bro rouges et jaunes qui servent à la
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bouches, des bottes, etc. On nous mon-
d'une grande beauté, destinées à des Lcase. L'une d'elles, en velours bleu, lues d'argent, émaillées de noir, avec m argent massif et une bride cliar- 3nts brillants, avait été commandée une princesse ciicassienne. Chaque -chandises a son bazar à part comme
les hommes seuls sont chargés de la
arménienne, placée sur les bords du u d'un pays occupé par des Cosaque*, tille singularités que possède la llussie.
de quelle cause a pu transplanter ces )rient dans une contrée où rien n'est avec leur manière d'être, où la nale leur fait rudement sentir qu'ils ne par accident. Cela vient de ce que les nt essentiellement cosmopolites, s'acle tous les climats et de tous lesgoujsque leur intérêt l'exige. Industrieux, conomes, ils trouvent partout des resoîi ils s'établissent, le commerce nall ence. C'est ainsi qu'au milieu des dé-
s'est élevée Nackliitschévane, la ville excellence, le bazar, où l'on vient faire
vingt-cinq lieues à la ronde. Il fallait s pour èlre capables d'opérer un pa— Bt pour trouver des sources de pros- 1 commerce de détail. Mais aussi rien
68 LES STEPPES DE LA MRR CA n'a échappé à leur ardente perspic:
genres d'industrie sont largement ex| Non contents du commerce local qui entre leurs mains, aucune foire n'a la Russieméridionale, sans que l'hal hitschévane n'aille y porter ses ms costume et l'armement des habitants ment encore une des principales bra raerce de ces Arméniens. Ils sont er intime avec tes nombreuses tribu:
auxquelles on les accuse même de s Quant aux habitudes sociales; les Ar Nackhitschévane ce qu'ils se montre leurs; ils peuvent impunément cha leurs mœurs, leurs usages, nesubissf dificalion. La nation arménienne r arbre dont lo tronc est presque dé' produit des rejetons d'une nature in' férant entre eux que par quelque extérieures.
La colonie de Nackhitschévane ( 1780, époque à laquelle l'impératri fit transporter sur les rives du Don partie des Arméniens de la Crimée divisent en agriculteurs et en boutit miers habitent cinq villages enferma tion de quatre mille six cents âmes sident exclusivement dans la ville chef-lieu de leur établissement, et i six mille habitanu.
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ouit des mêmes privilèges que les pol dont nous avons fait mention.
is par des administrateurs choisis raremetit ils sont forcés de recourir
is de Kievf. — H0TO-T«cherkask,
lackhitschévane, plusieurs vallées Don; des cotters isolés, quelques tent le paysage, et font oublier la equi s'élend vers le sud, en nappe dulée. Les bords du Don, qu'on e vue, sont égayés par des bouiles cabanes de pécheurs, et des a\ qui vont y chercher une herbe celle du désert. Mais, sauf ces l'aperçûmes aucun £tre vivant; la rande, et le pays est encore si peu ipart des champs nous parurent en iionçait autour de nous la présence ez les Cosaques du Don, comme m Russie, la route de poste est à deux soi-disant fossés qu'on franis sans s'en apercevoir, et par des à trois mètres de hauteur, destinés
70 LKS STEPPES DE LA MElt CAI à indiquer les distances. Ce sont là que le gouvernement se permette de routes de poste impériales qui condui cipales villes de l'empire .
Avant d'arriver k Novo-Tscherlta; des Cosaques, nous flmes encore i pour le moins aussi singulière que bohémiens.
Après avoir traversé un lai^e rî avait longtemps masqué la route, i déployer dans le steppe une file in petites voitures escortées par je ne se centaines de femmes, sans l'ombre d milieu d'elles. Intrigués au plus haut de cet étrange spectacle, plus nous grands yeux, plus ces femmes se mu nos regards. II s'en trouvait partout ; tures, sur la route, le long du steppe, invasion de sauterelles tombées tout i La plupart de ces femmes marchaieni nant leurs souliers d'une main, tandi tre elles ramassaient des débris de bc dont il nous était impossible de compi Leurs voitures ressemblaient, pour 1 véritables tonneaux percés de deus oi une toile grise pour couverture : de cosaques à longue crinière trainaiei véhicules où trônaient des cochers « spectacle digne de Callot fut un intern sant pour nous. Après en avoir jou
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, il fallut pï)urtant aller aux informations et nous rimes que ces singulières voyageuses étaientdes rines venant de Kieff la Sainte, lans le nombre je remarquai quelques vieilles n'avaient plus qu'un souffle de vie. Elles paraisiit horriblement fatiguées, mais cependant fort tentes de leur expédition religieuse.
'lus loin, nouvelle rencontre d'une autre proion semblable qui s'était déjà organisée pour campement de nuit. Des feux, alimentés par petites bûchettes de bois qui noua avaient tant igués , sei vaient à préparer le repas du soir, ites les pèlerines étaient occupées et formaient groupes les plus variés. On en voyait qui alnt chercher de l'eau dans des vases de terre ;és sur leur tête ; d'autres s'agenouillaient dévoent en faisant le signe de la croix et les génu* ions si fréquentes chez les Russes et les Cojes ; les plus vieilles entretenaient le feu en )ntant des histoires: c'était un indicible broua , une confusion , une variété de poses et de sionomies des plus originales.
-e drogman nous apprit que toutes ces femmes ent de race cosaque. Il règne chez cette na- 1 beaucoup plus de ferveur religieuse que chez Russes. Une légère différence de texte entre les les des deux peuples, en a occasionné une trÈsnde dans leurs croyances respectives. Les Cosaellent les vrais croyants, s'abstiennent par 1 pipe et de beaucoup de choses que les
72 LES STEPPES I>t LA MER CA Russes se permettent sans scrupult 1ère loyal est rarement entaché d' aiment, ils croient avec autant d'i sincérité.
A l'extrémité d'un plateau, sur large et profonde vallée, la ville de N se montra subitement à nos yeux, en son enceinte gigantesque plusieurs a vastes pentes descendent jusqu'au fc Toutes les villes que nous avions Vu qui nous avaient tant choqués par la vagante de leurs rues et leur pénuri n'étaient rien encore en comparaison actuelle. Vue du point où nous éti ville entière ressemblait à un immens ses lignes formées par des avenues \ la place du Carrousel. Bordées de l chélives habitations, ces lignes se Ir rées les unes des autrâs par de vaste des régiments entiers pourraient mai l'aise ; quelques églises et un arc de I ■ en 1815, en l'honneur d'Alexandre, points saillants de ce désert qu'on a pitale, et dont la superficie est, sans aussi vaste que celle de Paris.
Novo-Tcherkask, aujourd'hui le s les administrations du pays du Don en 1806, par le comte Platof, que h campagne de Moscou a rendu si célèbi essentiellement vicieuse, ne présente s de prospérité pour l'avenir. Elle est si
NOVO-TCHERKASK 73
uze kilomètres du Don; sur uue hauteur entoU'
: de tous les côtés par l'Axaï et le Touzlof, petites
ières qui ^e jeiteiit dans le fleuve dont l'éloigiie-
nit lui est si fatal. Plalofavait choisi, dit-on, celle
:alitéafîn d'y créer une place forte; mais ses idées
mt pas été réalisées. Un aulre iiiconvéïiient ma-
ir pour Novo-Tcberkask est le manque absolu
ue bonne eau, privation qui force les amateurs
de thé à se servir de glace fondue en guise d'eau
potable.
Sur la grande place de la ville s'élèvent deux immenses bazars couvertsen bois, où l'on trouve toutes sortes de marchamlises et surtout une nombreuse collection d'équipements militaires à l'usage des Cosaques. Il y a encore un vaste arsenal, mais complètement dépourvu d'armes. Quant aux autres cousti'uctions, elles ne méritent pas d'être meuUonnëes. en dépit de toutes les belles descriptions qu'en donnent les géographes.
Ce que ÎHovo-Tcherkaak renferme de réellement précieux et de tout à fait exceptionnel en Russie, est un excellent hôtel, tenu par un Français, hôtel où le voyageur trouve tout te confortable possible. La noblesse, qui a puissamment encouragé cet étabbssement, y a établi un casino où se donnent de nombreuses fêtes pendant l'hiver.
En 1837, l'empereur Nicolas visita les Cosaques du Don, bonne fortune qui valut à cette ville l'avantage d'élre dotée de réverbères. Mais ce magnifique éclatraue disparu! avec Sa Majesté, et l'on nous a
74 LES STEPI'ES DE L raconté que, dans la crai lanMraes devenir la proi voleur, les autorités les a\ par un Gosa(Jue armé, p Majesté.
La population de Novo la réunion de quatre stani mille habitants. Staro-Tc taie, actuellement abant pour attirer l'attention d dise le docteur Glarke , russe.
Arrivés un dimanche < saques, nous pûmes, des ment donnant précisémei fréquentée de la ville, | grande partie de la popi curiosité vivement excitée.
nomade et guerrière des ( de l'Europe, plus de cost ' pulatioD mélangée; toute ques figures kalmoukes an Volga et le désert.
Les familles de ce pays Taganrok, nous avaient de nion de la beauté des fen mes-nous agréablement si filles qui passaient et repa Le costume même, que ti disgracieux, nous parut to
TCHEKKASK 7S
t d'une certaine coquetterie.
Les jeunes filles laissent 0olter leurs cheveux nattés sur leurs épaules, y attachant d'ordinaire des rubans de couleur éclatanle, qui leur descendent jusqu'aux talons. Quelques-unes renferment ces tresses dans un mouchoir de soie, de manière à former une longue bourse. Celte coiffure n'est pas sans agrément, et sied assez bien à leur physionomie piquante.
C'était vraiment un gracieux spectacle que celui de celte foule nombreuse d'élégants officiers et de jeunes femmes en costume de fête, se pressant sur le trottoir, tout en échangeant des regards, des sourires, voire de douces paroles, tout comme s'ils eussent été dans un salon. Les hommes sont beaux, d'une taille élevée, et portent admirablement l'uniforme. La bravoure et un noble orgueil se lisent sur leurs traits et dans leurs yeux, comme s'ils étaient encore ces fiers enfants des steppes qui, avant Catherine II, ne reconnaissaient d'autre pouvoir que celui de leur alâman, librement élu par eux. Aujourd'hui, de même qu'il y a cent ans, leur seule occupation est la carrière des armes; nous verrons plus loin, dans leur histoire, que leur organisation est encore toute militaire.
Quelle fausse idée ne se fait-on pas en France de
:es bons Cosaques, si inoffensifs et si hospitaliers t
' "" '^■■■'"'iments politiques de 1814 et 1815 ont
i tous les esprits un profond éloignement
et, du reste, il serait difficile qu'il en fût
Î6 . LES STEPPES DE LA MER C autrement. Mais, tels que nous les leur patrie, ils méritent peu le sent sion qu'inspire leur souvenir. Nulle on ne voyage avec plus de sécurité c nulle part le voyageur n'est accueilli pressement et plus de bienveillant stanitzas; le titre de Français sur excellente recommandation. Le po léon se trouve dans presque toute fort souvent il est placé au-dessua Nicolas lui-même; aussi les vieux survécu aux grandes luttes de l'Em ils pour l'empereur la plus grande < timents qui sont complètement [ génération actuelle.