‹ Les steppes de la mer Caspienne: voyage dans la Russie méridionaleChapitre 20 sur 63 · STANITZAS COSAQUES · texte numérisé non relu

STANITZAS COSAQUES

: ordinairement deux habitations juitaporemiëre, celle que nous venons de décrire, e pendant Vêlé; elle renferme presque toujours une jolie pièce, ornée de papier peint, d'images, de fleurs et de trophées d'armes : c'est la chambre dont on se sert dans les grandes occasions, et qui est réservée aux étrangers. La seconde habitation, construite en terre, se rapproche des katea russes, ne se composant que d'une seule pièce, oU toute la famille s'entasse, pendant l'hiver, pour se mettre à l'abri du froid.

On ne voit généralement, dans les stanitzas, que des femmes et des enfants : à l'exception de quelques vieux vétérans qui ont acheté, par quarante ansde service, le droit d'aller mourir dans leurs foyers, la population mâle est sous les armes; aussi tous les travaux retombent-ils sur les femmes qui doivent réparer les maisons, les blanchir, préparer les fourrures, soigner les enfants et s'occuper du bétail. On ne comprend réellement pas comment elles peuvent suffire à tant détaches aussi pénibles.

À Piatisbauskaïa , charmante stanîtza ombragée par de beaux arbres, et s' élevant en amphithéâtre sur les i-ives du Don, nous quittâmes la route de poste pour traverser le fleuve, ne trouvant au delà qu'une mer de sable, dont nous eûmes mille peines à nous tirer. Les chevaux des paysans, moins habitués que ceux de la poste à des marches aussi fatigantes, nous faisaient réellement mal à voir, haletants et harassés par leurs pénibles eflbrts. La

réverbération du soleil et le manque rendirent cette journée l'une des plus TOyage. Nous mimes quatre heures poi verstes. Malgré uir voile épais etdeslum j'avais beaucoup de peine à ouvrir les mes paupières étaient gonflées. Vers mi mesenlîn atteindre un pauvre village ces sables, où nous nous reposâmes jus< bée de la nuit.

De Piatisbauskaïa au Volga, le pays est triste ' sans végétation, les stanitzas sont rares, les cban en friclie ; d'immenses dunes de sable, calcinées ] des vents brûlants, font déjà pressentir les dés( de la mer Caspienne. L'imagination est grandem contristée par une telle absence de vie et les tein uniformes qui couvrent toute cette triste contr On s'éto.me de rencontrer de temps â autre qi ques misérables villages cosaques, et c'est en v que l'esprit cberche à s'expliquer l'existence de familles au milieu de la désolation qui frappe p tout le regard. Du reste, cette slf^riljté est pli l'œuvre des hommes que celle de la nature: a l'organisation actuelle des Cosaques du Don, t développement agricole devient impossible, et terres resteront à jamais incultes.

Mais tout est contraste en Bussie, et c'est lit : charme le plus grand. Les extrêmes s'y rencontr sous toutes les formes, sans transition aucune ; d désert on passe à unevîlle populeuse, d'une cab k un palais ; d'une mosquée tatare à une anlii

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3, d'une plainearide aux riantes . Les surprises se succèdent innt au voyage un charme d'imen difficile de retrouver dans le

tte réflexion en arrivant à Sanolonie des frères moraves. Les es qui y attendent le voyageur, l'ennui des mornes solitudes -ser, lui font l'effet d'un rêve dont l'attrait inespéré tient presque du prodige. Quand mêmeSarepta serait transporté au milieu de la Suisse, on ne pourrait manquer de s'éprendre de ce délicieux séjour. Mais pour l'apprécier à sa juste valeur, il faut être fatigué, brisé comme nous l'étions en l'abordant; il faut avoir désiré un peu d'ombre et d'eau comme une manne céleste ; il faut avoir parcouru, pendant plusieurs jours, un pays semblable à celui que nous avons essayé de décrire, sous un soleil torréfiant, sans voir autre chose que des plaines de sable !

Qu'on se figure une jolie petite ville d'Allemagne, avec ses maisons à pignons, ses arbres fruitiers, ses fontaines, ses promenades, sa propreté minutieuse, son bien -être et son heureuse population, et l'on n'aura qu'une faible idée de Sarepta, qui réunit, dans ce coin du monde éloigné, tous les avantages des pays les mieux civilisés; industrie, beaux-arts, morale, sociabilité, commerce, etc.

Cette colonie morave, cachée dans un pli du

81 LES sti':ppës ue la mer ca Volga, au milieu des hordes kalmOuke prouve éloqueniment jusqu'à quel pi et la persévérance peuvent opérer de le premier jalon que l'Europe ait pi; contrée aussi reculée, parmi des pei si jaloux de leur indépendance ; el !'< s'émerveiller en face des résultats o frères moraves, tant sur le sol inculti tilisé, que sur le caractère plus incul habitants, résultats qui tont vivemen bienfaits de notre civilisation.

Tout respire la paix et le contenten petite ville bénie de Dieu. C'est le se je connaisse en Russie oit le regard d< trisié par l'aspect de la servitude. L cheuse pensée ne vient se mêler an; intéressantes que glane la curiosité. C est une fabrique, chaque individu i Durant la journée, tous sont au tra soir une population gaie et heureuse les promenades et sur la place publi à la ville une animation des plus agr^

En véritables Allemands , les frèn ment la musique avec passion. Les s qu'on entend dans presque toutes les rappellent la mère patrie et les consi nage des Kalmouks.

Nous visitâmes l'établissement des ves, où, par un singulier hasard, nous une vieille dame allemande qui parfi

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français. L'existence de ces sœurs esl calme, modeste, asservie aux préceptes les plus purs de la moraie et de la religion. Elles sont au nombre de quarante, et paraissent heureuses, autant du moins qu'on peut Tétre avec une existence tout à fait monacale. Un ordre parfait, des appartements commo^^ des, un beau jardin, leur rendent la vie matérielle aussi douce que possible. La musique leur est aussi d'une très -grande ressource. Nous remarquâmes dans la ^alle de prières» trois pianos dont elles s'accompagnent pour chanter des hymnes eu chœur.

Elles font de très-jolis puvrages en perles et en tapisserie, qu'elles vendent au profit de la communauté. Ces détails n'auraient rien que de fort ordiuaire s'il s'agissait de tout autre pays ; nous craignons même qu'ils ne semblent oiseux; mais pour peu qu'on songe que cette oasis de civilisation est égarée à l'extrémité de l'Europe, au milieu des Kalmouks, sur les contins du pays des Kbirguises, on trouvera notre enthousiasme bien naturel et bien excusable. Comme il faut toujours qu'un peu de critique se mêle à l'appréciation des choses, pour en augmenter la saveur, je me permettrai d'attaquer la prétention maladroite avec laquelle s'habillent les femmes. Croirait-on que dans ce petit coin de terre, si éloigné de tout l'univers, on porte le ridicule jusqu'à singer les modes françaises, modes qui datent de l'empire ^out au moins. Combien le costume simple, sévère, ^t le petit bonnet alsacien des mennonites sont pré* 'érables à cet assemblage d'élégance et de mesqui-

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