‹ Les steppes de la mer Caspienne: voyage dans la Russie méridionaleChapitre 22 sur 63 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

nn prince katmonk. — Fêtes. — Chasaa an TaDcvo. le dans une lie du Volga, — Arrivée à Astriikhan.

. ,.ittârae5 Sarepta entièrement entliousias-

inés des bons frères moraves et de l'accueil plein de cordialité et d'empressement que nous avions trouvé chez eux.

A quelque distance de la colonie, une ligne d'un blanc mal, que l'obscurîtë permettait à peine de distinguer, nous annonça la présence du Volga, Nous le côtoyâmes pendant la nuit, l'apercevant, de temps à autre, à la pâle clarté des étoiles. Grand nombre de lumières brillaient le long de ses rives ; c'étaient des lanternes de pêcheurs. Ces points lumineux, changeant à chaque instant de place, ressemblaient aux feux follets qui.séduisent et trompentle voyageur. Les campements des Kalmouks, masses noires qui semblaient glisser sur la surface du steppe; l'obscurité de la nuit; la rapidité avec laquelle notre droïka nous emportait à travers l'immensité de la plaine; la clochette de poste, dont le son aigu vibrait dans l'espace, et bien au-dessus de tout cela, l'idée que nous étions en Kalmoukie, avaient produit en moi une excitation fébrile qui me tint constamment éveillée.

.ES STEPPES DE LA MER CAS point du jour, mes yeux se toun irers le Volga qui resplendit hit éclatantes du soleil levant. Avt l'enthousiasme et même d'orguei « beau fleuve, qui déroulait dev tranquille et majestueux, ses m< iide de seâ Ilots couverts d'aulm :t coupés par mille canaux t Di Iga s'étendaient à perte de vue i oii campent les Khirguises et li t la ligne à l'horizon était aussi i ■^an. Il eût été difficile d'imagin is grandiose, plus en harmoui ille le Volga, auquel son cours assigne le premier rang parmi l de l'Europe.

route de poste qui cdtoie le fl han est pénible et souvent dar IX marchaient continuellement Iviter un sol qui ondule comm re vent. De distance en distant des villages cosaques presque e gués de sable, et beaucoup de c ent abandonnées. Cet envahif tous les ans en étendue, change éjà si tristes du Volga en un vér ie de la stérilité et de la désol on ne peut qu'admirer la résig les aflrontant, sans se découra; its rapides progrès les chassent d

LE VOLGA 9t

l'autre de leurs cabanes et les Torcent à aller plus loin en construire de nouvelles. Sur un espace d'environ soixante verstes, la route se trouve ainsi resserrée entre le lit du fleuve et des collines mouvantes qui découragent le regard par leur aride monotonie. C'est encore supportable pendant le jour; mais quand vient la nuit, l'esprit se sent envahi par une aSreuse tristesse, et ne peut envisager sans anxiété une situation qui paraît alors environnée de mille périls. On avouera du reste que la crainte est assez permise à qui songe qu'une horde nomade, avide de pillage, peut se trouver là, en embuscade, derrière ces défilés que l'obscurité rend encore plus menaçants ! Toutefois les postes cosaques que le voyageur rencontre de temps en temps sur sa route, contribuent grandement à calmer ses appréhensions.

Ces Cosaques, originaires du pays du Do», furent primitivement envoyés par le gouvernement pour faire le service des frontières du Volga et défendre ces dernières contre les incursions des peuples nomades. Us vinrent s'y établir avec leurs familles, fondèrent plusieurs villages, et plus tard peuplèrent Samara, Saratof et d'autres villes. Il ne reste maintenant de ces colonies qu'une population organisée militairement, n'ayant d'autre service que de sur^ veiller de loin les mouvements des Khirguis'es et de protéger les voyageurs. Le sol ne lui offre aucune ressource pour l'agriculture, maïs la poche suffit en partie à ses beâoius-

Chose surprenante, et qui fait hon „,.-. —

saques ! Cette route, si peu fréquentée, possède de bien meilleurs chevaux que leâ grandes lignes de poste; les stations sont également plus vastes, plus commodes, d'un style plus élégant : tout y révèle une sollicitude spéciale de la part du gouvernement, et le soin consciencieux que mettent les Cosaques dans l'exercice de leur devoir.

A mesure que l'on s'approche d'Astrakhan, les collines de sable qui emprisonnaient la vue, s'a'oaissent insensiblement et permettent d'embrasser un vaste espace. Toute cette partie du steppe, dégarnie de forêts, ne présente qu'un sol salé, sablonneu" coupé çà et là par des tiaques d'eau et des touf d'absinthe. On ne saurait s'imaginer la tristesse ces dunes de sable que le moindre soufile du ve agite et dëplare, pour leur donner mille forn aussi bizarres que passagères. De même que la nu celte contrée a ses moments de repos et d'orage, si immensité et ses grands horizons. Aucun bruit n' vient troubler le silence, si ce n'est le cri perça des pétrels et des oies sauvages qui peuplent le bo de ses étangs. De loin en loin seulement, no rencontrions des troupes nombreuses de chameai allant s'abreuver aux eaux limpides du Volga, i errant au milieu des klbitkas kalmoukes épars dans le steppe.

Arrivés k l'a vaut- dernière poste, nous filmes to à coup interrompus dans notre déjeuner par les so d'une musique miUtaire qui mit en un instant tou

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