ILS SUR ASTRAKHAN
ierre le Grand avait laissée à son n.etdans laquelle il dé^iignait pvépour i'élablisàement d'un lazaret, il avait sufTi à ce prince pour apnce d'une localité que plusieurs igénieurs ne trouvèrent qu'aprts
un luxe entièrement inconnu à les sont sablonneuses comme le sol rsque désertes dans la journée, par lu soleil qui s'y concentre, il est lectacle plus animé et plus pittoqu'elles présentent le soir, lorsque
réveille et secoue la somnolence gée trente degrés de chaleur. Alors e de jouir de la fraîcheur qu'apporte ) portes se garnissent de curieux, snnent leur cours, les magasins lombreuse population, représentant variant tous les idiomes, se répand es ponts et les quais bordés d'arle couvre de caïques chargés de es; tes droschkys, les calèches, les
d'élégance et de vitesse; la ville in un air de fête qui étonne et sé-
vu de pittoresque dans ses voyages, siens qu'il n'a ressenties que sépatout ce qui fait enfin le charme des s, se retrouve, comme par magie,
STEI'PKS ideâ regai c
grand bâl jt les seuil yen âge; u
face d'un tropolitaim
mosquée ) présente i , tandis qu'
sévères, { m vieux [
c'est ainsi m croit n':
:ié une pro tous les t{ vraient s'ei hier, coiiu
et où l'o notonie et intre parto ses n'y olf 1 sont ino s de l'em I, des 11 ëc r attirer
calliédralf iiècle, est ou pôle s do
fois l'Ëur ibleaux,sa
illLS SUR ASTRAKHAN 133
l'œilpar.la richesse de leurs cadres, ent massif et ciselésd'une manière ument le plus intéressant d'Aslraetite églistf cachée dans le fort de attribuée à Ivan IV. Son architec- 'esque, est brodée de détails infiniir l'artiste. Maltieureusement, aban- )ngtenips, elle sert aujourd'hui de lur les marchandises, itrakhan est sec el fort chaud; penois mois, le tbermomètre descend ajournée, au-dessous de vingt-huit '. Cette chaleur, que rend encore sol sablonneux, énerve le corps et |ue suffisamment la profonde apalous les habitants. Mais, par suite I de l'air, l'atmosphère atteint ici trait l'admiration du peintre; tous mpruntent la couleur chaude qui larme aux contrées méridionales de
mun à beaucoup de pays, du reste, t ici pire que partout ailleurs, proitudede cousins et autres insectes l'air à certaines époques de l'année. ' autions sont infructueuses devant it; çn vain s'entoure-t-on de gaze ; en vain se condamne-t-on à une ité pendant le jour; leurs atteintes moinssentir cruellement sans laisser
le 1
us co s, oi Jous la [)li qui I à la gardi que I . L'i
s, en int 1« 1 de eur t noin; mm{ lil pe iiivel lit le fut.
;fire, t eu:
FÈTK INDIENNK l:iS
re grise enchâssée dans le mur paraissait rincipal but de leurs adorations. D'après ce que nous expliqua le grand prêtre, l'âme d'un iaint célèbre, fatigué du monde et des hommes, s'était réfugiée sous cette enveloppe mystique. Aussi cette pierre est-elle, aux yeux des Indiens., un objet sacré dont la vue seule, à les entendre, peut opérer des miracles. Après l'avoir adorée en silence quelques instants, le chef se mit à brûler des parfums qui remplirent bientôt la chambre d'un nuage odorant, 'i travers lequel tous les objets prirent une forme plus vague et plus mystérieuse. L'odeur pénétrante de ces aromates, jointe à la chaleur et à l'étrangeté de la scène que nous avions sous les yeux, agit sur nous avec tant de vivacité que bientôt nous ne sûmes plus distinguer le réel du fantastique. Cetétat ^ demi extatique s'accordait merveilleusement avec la disposition morale de nos brahmines dont l'enthousiasme religieux ne se contenta bientôt plus Ai: vaines prosternations. Tout s'était fait jusqu'alors dans un profond silence; mais à un signal donné, deux prètress'agenouillèrent devantia pierre sainte, tout en récitant une prière sur un mode lent et guttural. Un autre, les bras croisés sur sa poitrine, debout à quelques pas de Ja chapelle, portait de temps à autre sa bouche'à un sifflet dont il tirait des sons perçants. Le dernier, armé d'une conque larine, monta sur l'un des divans et joignit sa voix celle de ses compagnons. Animés par ce tapage, » yeux des prêtres s'allument, les membres se roi-
PPES DE LA MKH C
\\ie vibre avec plu„ ,
pidement agitée par le chef, et alors
;harivari si étrange, une scène si bur-
]vage, qu'on aurait
mines possédés du
gestes frénétiques de
cisme que celle d'une
^ ne saurait trop se
^lange de surprise, d
ayeur. Si la. fatigue
ibbat à s'arrêter au bu
que nous eussions pu
lareil spectacle. Ne di
nnent à tâche d'adoré
possible? J'ai vuàCoi
eurs et hurleurs; c'est
épouvantable, qui ne
'ulsionnaires du moy(
des Kalmouks ne If
: de l'esprit humai
i semble vouloir rivali
ue les autres Teligioi
lominable concertfat e de fleurs jaunes se ipa dans l'eau du Ga icun de nous; puis il :eau de pâte, auquel [ue; il y planta sept a en tous sens devant
FÈTF. INDlENMi 137
la mûme cérémonie en se tournant de notre cùxé. ifîn, pour clore la cérémonie, il prit une petite [juille blanche, déposée jusqu'alors sur la pierre :rée, et la remplissant delà sainte eau du Gange, nous en aspergea fort dévotement. Pendant ce nps, ses compagnons préparaient sur une table e collation de beaux fruits et de pâtisseries à tre intention, lesquels nous furent servis par le efavec beaucoup de politesse. Ainsi se termina e scène aussi difficile h bien décrire qu'à oublier. Maintenant, laissons les Indiens et leurs étranges 'émonies, pour revenirauxusages européens, qu'à tre grande surprise, nous retrouvâmes dans beauup de salons d'Astrakhan.
Une chose qui doitsingulièrement flatter l'amour- )pre des Français en général, et des voyageurs particulier, est l'influence morale qu'exerce la ance dans tous les pays du monde. Partout oii n rencontre quelque trace de civilisation, l'on est r de la voir reparaître, soit dans les mœurs, soit nsles habillements, soit dans les opinions politiles, et cela même chez les peuples qui en sont le us éloignés.
La plupart de nos romanciers ne se doutent proiblement pas que leursouvrages sont lus avec avlté jusque sur les bords de la mer Caspienne, et l'on les y critique avec autant de verve et d'esprit le dans les grandes capitales de l'Europe. Tout ce li représente la Russie à Astrakhan parle français reçoit mensuellement de Bruxelles nos publica-
ons les plus i lièques,i'airi lumas, Eûgèi tbicn d'autre u'à Aalrakha
Les daines i le l'esprit nat l'une manier [II' on ait à lei ectures à des eur jugemen me opinion t le notre liltéi ont surtout e tleau qu'ils 1 ivec bien plus it sévères de i loui'tantque l'apprécier à than, sur plu 'Histoire du l t jusqu'à de!
|ue nos mode ont adoptés ature.
J'avais del ner Caspienr Tiodcs tout C( également a i j lions de Do
BAL CHEZ LE UOUVICRNEUn 139
arquables. Nos quadrilles y font fureur, aussi I que les charmantes mélodies de Loïza Pugel. ur la foi de quelques vo sont censés avoir élé à ndions à y trouver bon n s et même de Français.
*ède aucun représentaii é se composant uniquem ids qui y sont envoyés C( me citer qu'un seul Bel^ rre, qui s'est faittailleui le très-belle fortune. LStrakban prétend avoir i ;bo^ à en dire : qu'on e, fort noire, perche d'ui bleraiig; un parterre oi n?, un orchestre compos 'une demi-douzaine deti . cela, un rang de chani on aura l'idée de ce qu'i i de la mer Caspienne. ( iUi-s, ils sont en vérité tr< le pour qu'on s'en occup .e gouverneur donna ui ées pendant noire séjou:
haleur fût accablante, s que fois d'une foule élé{ sii's. Les gouverneurs ^nt un râle de petits s( e^ les classes de la sociéit
IW LES STEPPES DE LA MER CASPIE sa source dai)s la constitulion même du ] un peuple soumis à un régime absolu, tou supérieur exerce dans sa sphère une aul bornes. 11 a ses courlisans, ses favoris, breuse chancellerie, ses officiers d'ordoni étiquette calquée sur celle de Saiiit-Pé tout ce qui constitue le pouvoir. Mais rences de puissance et de grandeur ne se latives, car au-dessus de ces petits rois, volonté souveraine qui peut, d'un mot, l« leurs privilèges et les envoyer au fond de 11 ne faut pas croire que la servitude n'eiiste quechez le peuple : qu'on allleà à l'occident, dans les brillants salons Pétersbourg ou dans l'isbas du paysan on la retrouve parlout, déguisée plus ou des formes qui trompent beaucoup de séduits par le vernis brillant dont sait s haut employé, par son nombreux état-ma meure princière et la pompe de sa vie a tive. Et pourtant, qu'est-ce que lout cels chose d'analogue à ces bulles de savon, qi les couleurs de l'arc-en-ciel, mais que l< souffle failévanouir.
Le palais du gouverneur (le général nous surprit par sa magniOcence et son »
notre arrivée pour le bal, après nous av( verser plusieurs pièces somptueusement on nous introduisit dans un boudoir oii vâmeamadameTimirasifentouréedetoute
lEZ UE GOUVERNEUR lïl
résenta plusieurs dames élégantes
qui parlaient très-bien le français et avec lesquelles
j'eus bientôt engagé une conversation aussi frivole
lis LES STEPPES DE LA MEK CASP:
pour être la reine d'un salon. Ce fut aV' charmante qu'elle fit les honneurs de vraiment remarquable. Le bal se terr grand souper, qui se prolongea jusqu'ai Nous passâmes à Astrakhan une ( jours on ne peut mieux employés, Malgn nous courions du malin au soir escortt de camp que Son Excellence nous avail cicérone. Plein de bonne volonté et ] au fait du pays, cet officier était sans c cherche de ce qui pouvait nous inléres k son obligeance, nous connaissions bi ville au bojt de huit jours, que ne la c gouverneur lui-même - une seule cIioe nos perquisitions, quelques familles d habitaient encore Astrakhan, mais que pe parvint pas à déterrer. Il eut beau campagne et questionner tout le mom ne put lui donner aucune indication sujet. Des soirées, des cavalcades, d diners, et surtout une douce intimité < de la manière la plus charmante i touristes, et nous fuent reculer, le pli possible, un départ qui devait briser i relations.
Je doute qu'aucun accueil puisse êtr de prévenance et de vérltatle intérêt qi nous fûmes l'objet de la part du g< de toute la société d'Astrakhan. J'ai l'hospitalité gracieuse des deux dame
'ARATIFS I
irasif et Fac
ment pour
;ur position
ngers. Le g(
le temps de notre séjour, n
dres et fut imité en cela par
sonnes. Mais, malgré tant
dûmes enfin songer sérieu
radis terrestre, pour accon
travers les steppes katmou
fut de nous munir de tout
pensable pour ne pas mouri
expédition de ce genre est
traversée en mer : les préo(
tifs en sont les mêmes ; il f
détails de la vie matérielli
quitte le port pour un voya:
Nous fîmes une grande [
riz, d'huile, de bougies, d(
sucre et de café, toutes chc
d'avance avec notre escorte
poste située près de la n
mari devait commencer !
Cette escorte, composée d chameliers et de quelque armés, avaitété choisiepai diew avec un soin qui m tenaient tous deux à notre rais exprimer assez de i
PPKS DE LA MER CASI té qu'ils nous doimèrem quiétude sur le résultat rahissait par mille préca )ns qui auraient pu avoir quelque lUS projets, s'ils n'eussent été irrévotés.
ur choisit, parmi »es meilleurs office tatar pour commander notre eshomme, excellentchasseur, |)ossédait 1 il ne se séparait jamais ice qu'il dul la mission ujours préoccupé despr I perspective, le général ' mieux faire que de no pourvoyeur, qui, soit dit in immense secours. \a:
'ofGcier avec son' faucon s rimait-elle la joie la [ aa conscience est en repo ous donne un brave soldi n compagnon de route < jrir de faim dans le déser irent envoyés d'avance s ilevions parcourirjusqu'J is fournil, sans délai, de:
lépart, nous passâmes la >rqui,paruneaimableatte xiutes les personnes de noi
J'ai rarement reçu aul!
rêtet même il'alîeclion q voyage que j'allais entrepr ordinaire à tout le monde, le sujet de toutes les co montrait aussi effrayé p question du départ d'une longue date.
D<)part il'Aslratlian. — Le lUu prince tutar el son (aucoD. — — AspecI de notre c»raTani Caspienne. — Une invasion ■
Nous partîmes d'Astra du soir. LesdamesZakaré pagner jusqu'au bord du traverser pour rejoindre m'étendrai pas. sur nos i nous firent chèrement ei liaison qui s'était si f amitié.
Longtemps encore, ap amis, nous continuâmes fornies blanches, agitant d'alTection et de regret.
Sclairait noire traversée,
isfl, et sur les vagues du fleuve, et sur
!t sur les Sèches de la ville que nous
rrière nous. Un calm e--j-r— --.
sph^e, mais la sérén'
ipuissante à combaltre
le toutes mes facultés.
tacher de cet Àstrakhi
heureux jours, et q
rs les molles demi-tein
I royaume des ombre:
ions, tout s'effaçait in
nfondaient; une bruir
nveloppait les monum
ait l'aspect fantastique
is plus que la raajes
i nager dans un océan
>eu à peu elle disparut
qui, après avoir prés liants, s'effacent lente le trace deieurraervei
nous resta plus rien i I beau fleuve qui la séj
barrière d'iles et de gracieuse hospitalité, uatre vigoureux rame heure à traverser le ' ie de la ville, dépasse i la rlTO opposée, nous portés à mille verstes
UN PUINCK TATAK KT SUN FAUCON 147
Kalluouks, du sable, des tentes de feutre, des cliameaux, en un mot» le désert et ses hôtes avaient brusquenient remplacé l'Europe et sa civilisation. Il y avait déjà plus de deux heures que les chevaux étaient attelés à la brischka, et que le cocher kalmouk, assis sur son siège, attendait impassiblement notre apparition ; Tofficier et ledrogman montèrent dans un télègue ou chariot de poste, et la clochette fit bientôt entendre ses tintements joyeux ; mais nous ne pûmes partir sans jeter encore un regard de regret sur la nappe du Volga, qui semblait parsemée de paillettes d'argent.
Il est impossible de se figurer quelque chose de plus horrible que la route d'Astrakhan h Kiziiar. Pendant deux jours et deux nuits nous voyageâmes dans une éternelle sablière, ne rencontrant sur notre passage que deskibitkas kalmoukes à moitié perdues dans le sable, servant de stations de poste, et quelques champs d'absinthe dont le triste feuillage était parfaitement en harmonie avec la physionomie désolée du pays. Les masses de sable que nous traversions simulaient les plus capricieux accidents de terrain, nous offrant des collines, des ravins, des cascades, d'étroites vallées, des tumulua, etc. ; mais rien ne restait en place; un pouvoir invisible et toujours en travail variait à Tinfini les formes et les aspects sans laisser au regard le temps d'en suivre la rapide transformation.
Le soir du jour qui suivit notre départ d'Astrakhan, nous eûmes enfin l'occasion de juger de Ta-
IIM l.l-S STKPPh dresse et de l'&udi de voyage. Leprei petit étang couver promettant un rich Sur un désir de rassa l'oiseau du i donna sa liberté.
avec laquelle lefai . .. ,„
maître de l'espace. Rasant la surface àse dirigea, sans balancer un instant, l'étang, et se perdit bientôt à nos yeux seaux oii sa présence fut saluée par i étourdissante, dont nous ne tardâmes l'explication, en voyant s'élever, du milif une multitude d'oies sauvages évidemm Tarées. Les cris, les allées et venues, la f colère de ces bipèdes, ne sauraient se L'approche de l'oiTicier put seule les mt route et délivrer le faucon de leurs criai à peine l'oiseau avait-il pris son essor, Tatar était parti au grand galop, dans de l'étang, en frappant avec force sur u bour attaché à sa selle. Quant au fau avec autant de fierté que de résolution f l'une des plus récalcitrantes, il attenda queur que son mailre vint le tirer de passablement critique.
L'officier nous assura, en nous doni détails de cette chasse, que, sans sa pr bruit du tambour, les oies auraient été
tuer leur ennemi k < leur compagne. Tôt le faucon tient tête periurbable, ets'avi les attaques devienr tarde trop à se moi victime, il se laisse g dernière dont il se :
pour tenir tête aux position, il est inviii pleuvent autour de prisonnière, forcée, protéger celui qui 1 table serre.
Lorsque le chassi de trancher la tète cervelle au faucon, pas faite, ce dernif et toute la volonté i lâcher prise.
Cette chasse, ai nous, se renouvela arrivée à Houïdoul provisions que noi profit dans cette mi
Pendant ce voya près de la mer Cas|
A Houïdouk, sili nous trouvâmes ne deux iours. Tout é