‹ Les steppes de la mer Caspienne: voyage dans la Russie méridionaleChapitre 59 sur 63 · LES STEPPES UK: LAME · texte numérisé non relu

LES STEPPES UK: LAME

et cette alliance de la vie et de cessai rem e lit l'esprit d'une terri Mangoup Kalé, les traces huma puis trop longtemps pour éveill On y songe moins aux hommes taines, aux grands événemen révolutions dont ce rocher a éti

La façade de la forteresse i attaques du temps. Quoique breuaes crevasses, elle est resté et ses hautes murailles, vues d core protéger Mangoup-Kalé.

Des troupes île chevaux tat belle saison sur le plateau, liberté; ils vont s'abreuver à d'eau, alimenté par une sourc cune saison.

Noire ravissement fut eitn courant l'intérieur de ce qui :

délie, nous décoovrimes dans dont les murs gisaient à terre, s'épanouissant au milieu des ru au vent du désert ses parfuir pleine floraison. Je ne puis d me causèrent ces fleurs, croissa du ciel, loin de tout regard lui (ions embaumées et leurs frs blaient protester contre la dé prouver que la nature ne perd

Outre la forteresse, nous ren

3iS LES STEPPES DE LA MER CASPIENNE

comptâmes une douzaine de chambres donnant les unes dans les autres, S(^parées seulement par d'informes piliers. Sur ces colonnes crayeuses, étaient gravés un&infinitéde noms, parmi lesquels figuraient ceux de plusieurs de nos amis. Les Tatars ne purent nous donner aucune espèce d'explication sur ces demeures souterraines. Ici, commeà Inkermaun, les cryptes semblent remonter à une haute antiquité, et Tobscurité la plus complète enveloppe à la fois leur origine et leur histoire.

L'approche de la nuit nous fit enfin songer à rappeler nos montures qui avaient été faire connais- 8ax)ce avec les chevaux du désert; mais avant de nous éloigner, nous allâmes dire un dernier adieu au champ de lilas dont la découverte nous avait causé tant de plaisir. Les Tatars, voyant mon regret de le quitter, voulaient en emporter jusqu'à la dernière branche; je m'y opposai de toutes mes forces, me contentant d'en cueillir une grappe, que je conserve comme souvenir- de cette charmante promenade.

Grâce à son isolement, à ses ruines, à ses traditions, Mangoup-Kalé est devenu, pour les conteurs tatars, une mine inépuisable de légendes merveilleuses; et j'aurais plus d'une histoire étrange à raconter, si .je voulais renouveler ici tous les récits que nous firent nos guides pendant notre retour à Karolès.

3i4 LES STEPPES UE ques versles qui nous s^ mais lorsqu'il fallut me clier mes prouesses : il et me porter à bras dan:

devions passer la uuit.

quelques heures de iep( paraître ce malaise; le I du malin, j'étais déjà en la montagne qui nous a forte rosée avait iinpid'une fraîcheur que noi indicible, brûlés, comme jours d'un soleil ardeiii plus délicieux qu'une une forêt tout bumide nuit. Les sauvages odei vent la circulation du si l'esprit mille pensées a| un lieu éluvé que l'on r la nature physique sur La peule que nous s de beaui arbres , nou:

jusqu'au point culmina attendait un magique la ridionale^avec ses golfes falaises, ses roches vol hlûcs de calcaire a[nun< autres, comme par ia n laient à perle de vue de beau, un soleil si radie

tance, mais i plus t m pré V ut

Pour nous : avions le pn>j fallut, après galets du rivai taine hauteur escarpés que sortir* Sans montagne, on droits aussi { les laissant p l'on finit par

Le colonel risque de iioi ancien page c du grand-dui rentrée des B( années il exe près de ce pri sa retraite ob nombreuse fa agricoles. Hoi et d'excellent presque inac( pas en droit de haute naisi gretler l'atmo:

éducation dis laissent peu di

3i8 LES STEf

jestueux TctiatJr

un phare à l'eii

dont le front, pE

semble couronn

ruinées; l'Aï-Pé

dorée surmonté

princesse Galitzi

core le souvenir

à tous les objet!

dans la chaude

Celte partie f<

véritable cachet

illégale et diSî

lequel elle est (

propriétaires. (

exprès pour les

fringantes cavE

Nous remarqua

maine étaient

blason du seig

Une rencon

même, n'en fu

dans le voîsini

route nous ape

cavaliers, nouf

pas. Notre droi

nous par la be

lement dans

Hollande, exe

écuyer. Aussil

330 LES STEPPES DE h coûteuses dont on admii Le contraire se fait re l'art règne en véritable so presque royale, qui a e l'empereur Nicolas, a drfjà lions an comte Woronzof encore achevée. Toutes les sont représentés dans son ments. D'une part, la hau massive tour carrée contei sages voûtés, l'aspect mj galeries, lui donnent beai manoir féodal. Mais, comr la riante imagination des lonnettes, les cheminées, I qui y sont prodigués. Pou d'un semblable château de que le comte pût rétrogr dans le passé. Anotreépoq est un véritable anachronis murailles, lorsqu'on ne pi d'aucun voisin? A quoi b lorsque les hommes d'an remplir? Autant un vieux tion, en lui retraçant les cl les événements qui s'y rati construction, toute moder désappointé. Ces tours, e ces murailles massives, sei passé. Qu'ont-ils vu? de qi

33i LES STEPPES DE LA MER CA sur tout le domaine, contribue enct menler la sévérité.

La réputation âe la côte méridiona rivée du comte Woronzofeil Crimé« ëpoque, personne ne songeait à l'ha quelques spéculateurs qui commença cuperde vignobles. Le comte, homm de goût, s'enthousiasma tout d'abon celte charmante contrée, et s'empress plusieurs propriétés. Son exemple fu par un grand nombre de seigneurs qui sites admirables, ravissants, dès qu eut vantés. De nombreuses villas s' été pace de peu d'années sur toute la Ion rai, qui commence à Balaklava et fini On organisa, pour la facilité des coi un service de bateaux à vapeur, doi le port. La famille impériale voulut à son pied à terre, et acquit Oréanda, I les plus beaux de la côte. Beaucou atteints d'une véritable fièvre, réalisi pitaux pour venir y cultiver la vigne, le comte Woionzof encourageait alo pouvoir. Mais cela fut le revers de li plupart s'y ruinèrent, et aujourd'h dans une profonde misère la légèret jeter à corps perdu dans de folles en

La côte n'offre qu'une lisière do atteint rarement une demi-lieue. C'esl d'éboulement, traversé par de profoi

33* LES STEPPKS sir tous ceux qui or

En nous rendant d'une douzaine de pas de visiter les n; vaient nous offrir qi consacrée par le séj{ dener, avait le droit arrêter quelques insi

Personne n'ignoT dame de Krudener l'esprit enthouMaste femme, qui s'est pe: dans Valérie^ quibri son rôle d'ambassad ques de Paris, qui fui héroïne de roman, éi tesse, a laissé assez A son nom n'y soit jan poésie mystique lire niante dontl'appariti bulletins de la gra temps le plus brilla cherchent la grâce, j dons de l'esprit, se qui se fît une place française; enfin, les vaut les sentiments unie à la foi la plus admiration à celle q de la terre que les m

33S LES STËPPEÎS DE L^ le rendez-vous de tous les vi Crimée. Chaque semaine, dépose un grand nombre d' qu'animenl en outre une venant de tous les points di séduisant que la vue de cetl au fond d'un golfe comme i baigne ses pieds dans la i front sous des rochers fes constructions élégantes, de '.

lation respirant te bien-être que l'opulence et te piaisii tronage. En effet, la proi source que dans les dépei remplissent pendant plusiei

La rencontre deM, Taïtb' Pisani et Lagoriot, rendi cette ville fort agréable. Pc trouva si bien à terre, qu Circassiens auxquels 11 de son second, vieux loup de i nullement d'un pareil reti dans le désert, ne vit rien d'enlever son capitaine. Celï fort plaisante.

Un matin, mon mari, s aperçut, en examinant la J nœuvre dans les voiles, qi degré. En nous quittant s'était engagé pour le lendc

plus question, i moitié fâché, qui lui fait de monsieur Homr c'est par surpri le seul coupab .Deux jours genre, nous pai société, les ur Laissant derriè Oréanda, tout régnent l'orgu bientôt les mirE inépuisable dar rallèle à la côte sionomie. Tour et noélancoliqi admiration, et nécessité oîi no Une pluie d'( rêt de Koutchoi général. Ceux i ment atteindre le maitre de ce do nombre de source que de pris d'assaut. 1 lement, sous ci château, avert chaient de toui

Avant de nous i fîmes unp visite â la < quemart), qui vit en vallée de Soodag, d* Par son esprit et son charme de plus à cett décrite et chantée. A a-t-il le soin de note à Soudag et à sa ch coup d'appelés, il y patriote, en femme < une curiosité banale, que ceux dont les ; aventureuse, ont qu destinée.

Quelques vers ins' l'année précédente, i véritable épltre et d'aller la voir, dès q ride.

Peu d'existences d man que la sienne, la France à l'Age de •■ le rôle d'institutrice, confiner à jamais da sonne n'a pu décou' choisir un genre d'ex avec celui qu'elle aba orgueil, fierté, besoi connu, blesRuredu co

349 LES STEP de ses succès, q . elle acheta, de ; qu'elle n'a plus elle se lia intim titzin, qui fut ra Française, l'énei goûls, la finesse sardonique dont pourvue. Maden commensale hal de la princesse, société qui s'y qu'elle avait eus D'après ces que quel mélange <] loin, l'humble d qui, par un caj; dans l'isolement une pauvre peti

Avertie dès li notre rencontre i et nous reçut, i inconnus dont pi une vérilable s brune et d'une v dans tout son e de viril, bien e qu'elle avait ad(

Une femme pi nous introduisa

3U LES STEPPES Dl

Au bas du dessin, on li tes frère» ?

Toujours sur le quicraindre de voir se rem l'horrible attentat dont auquel le maréchal Mar tant, une couleur roman' de vérité.

Voici de quelle façon ture :

« Deux jours avant I' présenté chez elle pour du pain, et parut fort morceau de galette et moiselle Jaquemart lui ; seillant d'aller chercher

> Le surlendemain soi sien géologique, tenant hache qui lui servait à ca aperçut le même hommi derrière elle. A peine eu de son ideitlité, qu'elle du corps, tandis qu'on frappée violemment à 1 nouissemenl. Combien et de quelle façon putavec le crâne entr'ouvei expliquer. Pendant plus; vie et la mort, et sa rai; secousse. Des morceaux

346 LES STEPPI

AusaiUt elle tra s'éloigna à la h^te, ce quatrain impro^ cette Radziwil.

Reins ou 1 Dana ce d Parlagean Uuma ca

Au sortir de Soi ruines génoises de dans une gorge p apparut, comme u pittoresque village voilées, mosquée i tout avaitcecaract à retrouver, quan< tinople.

Une belle font; voyageurs, répand dont le surplus es serpentent à trav( champêtre dans Ci gorge.

Aussi ne pûmt

ser un grand bonheur mart (ancienne cuisinit que j'avais \u sa GUa £lls touchait mes mail comme ou touche une

348 LES STEPPES DE LA MEU CASPlENiNE

Kapsor avec sa vieille tour ruinée, dont les premières assises baignent dans la mer: les hautes montagnes couvertes de jardins et de vignobles qui l'entourent, lui font un magnifique encadrement.

* Dans son voisinage, se trouve la célèbre cascade de Djour-Djour, considérée comme Tune des plus grandes merveilles de la Crimée. Pouschkine a fait tout un poëme sur ses eaux écumeuses, poëme qui vaut chaque année, à cette charmante cascade, de nombreux visiteurs.

Nous nous empressâmes de laisser nos montures aux mains de quelques Tatars, et de nous engager dans un étroit sentier côtoyant la gorge la plus escarpée qu'il soit possible de rencontrer. En face de nous se dressaient deux montagnes, aux flancs décharnés, séparées par une fente étroite, où le vent s'engouffre avec une violence inouïe, où le soleil peut à peine pénétrer, et continuellement ravagée par les eaux bouillonnantes de la cascade, qui s'y précipitent d'une hauteur dé quatre-vingts pieds. Entravée par les aspérités du rocher, cette masse d'eau rebondit, gronde, tourbillonne, de façon à vous Vendre sourd. L'étroitesse de la table d'où elle retombe donne à la chute une force tellement irrésistible, qu'elle entraîne constamment avec elle des

blocs de granit, s'amoncelant au fond de la gorge et formant un chaos qui finira par rendre Taccès de la cascade impossible.

C'est une des belles horreurs que la nature se

plaît parfois à offrir. L'obscurité qui y règne, le

ispu

ge i

larij nard

itast

ne [ 'enf béra

Loi wuli

bai orna lion lète isaUi

3S1 LKS STm'PËS DE I

Appuyé sur une collini principal du logis présente fantaisie qui rappelle les phore. Une large galerie t; vrefeuille et de vigne sauvi roulent autour de gracieusi jusqu'au premier étage, l'ombre et de la fratcheu en même temps, grâce à u ble, d'immense volière oi nombreuses espèces d'oise

Le regard n'aperçoit fleurs, frais taillis, eaux m mes k travers la forêt. Q[ ménagées à dessein, perm et les navires qui fuient à gracieux vi|lage tatar de I en terrasse et ses blancs m ment, des collines couver verts forment un demi-cei tent en toute liberté de chèvres.

On m'installa dans un meure habituelle k la jei ronne). Ce petit réduit, c semble, comme tout ce Ouzen, avoir été touché p On né peut rien imaginer quet, de plus romantique bord d'une petite rivière qt

an LES STEPPES DE la vie. Tout subissait l'ic lile ; ses serviteurs, sa fil oonatamment occupés à plaire et de lui rendre la de ses distractions était allait si bien qu'on ne I gracieux de ta reine BertI quelque chose de souvei conscience de sa force, j< lancolie, la rendaient iri oublier nos longues cou:

promenades nocturnes s dans les kiosques de la tiens qui me révélaient tion élevée, une âtne éi puiser dans le grand livi vivre seule et de renferr zon restreint de sa Théb Dès le premier jour de avec une vive surprise q cesse assaillie par une fo nant becqueter ses clievi familiarité des plus exi joui de mon étonnement ces mésanges étaient la I nération issue d'un couj avait élevé deuK ans aup:

eu le soin de donner la temps. L'année suivante nant avec lui une lign^

Page 1