CHAPITRE SIXIÈME
Troisièiae visite à Bûis-d'Haine, 30 avril 1869.
Huit jours après, je reyenais à Bois-d'Haine, après avoir visité Aix-la-Chapalle et Cologne. J'avais vénéré les reliques insignes qui s'y trouvent, admiré la basilique de Charlemagne, surtout le fameux dôme, le plus beau monument de Tart gothique, et cependant je retournais à laxhaumière de Louise avec plus d^empressement encore pour y voir quelque chose de bien plus merveilleux.
Quand^n quitté le chemin de fer à Manage, on trouve immédiatement, au sortir de la gare, une large et grande ropie qui conduit à Fayt II faut environ vingt minutes pour arriver à la chaumière de Bois-d'Haine. Oo passe devant le château de Scailmont que l'on aperçoit à [gauche, au fond d*une allée de grands peupliers : c'est la demeure dti ministre d'État. Presque vis à vis se trouve^ sur le bord de la route à droite, une petite chapelle votive en rhooneur de Notre»Dame-de-Bon-Secours, érigée eoi 1863 parmadaBie la baronne de Kerpen,,
née de Wautier. Cent mètres plus loin, il faut quitter la grande route et prendre à droite entre deux maisons. Le nouveau chemin se bifurque presque immédiatement : il faut suivre celui de gauche, qui descend et ondule au milieu de prairies et de terres labourables, bordées tout le long de grands peupliers du Canada. Puis le chemin s'élève, et bientôt vous apercevez à une portée de fusil, à travers un rideau d'arbres, une chaumière blanchie à rinstar de toutes les chaumières flamandes : c'est la maison bénie de la famille Lateau. Le chemin vient déboucher sur la route de Bois-d'Haine à Fayt : à l'intersection se trouve une auberge contre laquelle est bâtie une petite chapelle dédiée à saint Hubert à la .date de 17SS. Prenez à droite le 'chemin qui descend à la voie ferrée : la chaumière de Louise est sur le côté gauche, à cent pas de la chapelle et à quelques mètres de la route. Cent pas plus loin, passe le chemin de fer de Mariage à Mons; la chaumière se trouve tout à fait isolée entre la chapelle et le railway.
La maison de Louise consiste, comme je l'ai déjà dit, en un simple rez-de-chaussée divisé en deux pièces. Depuis quelques mois^« M. Dupont la fait généreusement agrandir à ses frais, ce qui, après achèvement complet , doublera la maison en arrière^ en donnant deux chambres de plus. La chaumière est aujourd'hui à peu près carrée, mesurant une dizaine de pas en tous sens. Elle est bâtie sur une parcelle de terrain de dix mètres de large et de vingt de profondeur. Derrière la maison se trouve un petit jardin qui se termine au chemin de fer en
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le surplombant de trois ou quatre mètres : c'est là toute la fortune de la famille.
Le jeudi 29 avril, vers une heure de l'après-midi, je frappais de nouveau à la porte de la chaumière. Je ne trouve que la mère Lateau et Rosine ; Adeline était en journée ; Louise était sortie pour aller faire une commission au village voisin de Faytlès-Manage, mais elle rentra au bout de quelques minutes et nous voici bientôt en conversation. Je lui parle de mon voyage à Aix-la-Chapelle et à Cologne, surtout des reliques insignes : ce . que je lui raconte parait vivement l'intéresser. Puis j'examine les stigmates. Louise enlève les mitaines; qu'elle porte constamment : je constate sur le dos de la main droite et toujours au même endroit une ampoule pleine, circulaire, un peii plus grande qi^une pièce de cinquante centimes ; à la paume, je ne vois qu'une rougeur diffuse de forme à peu près ronde. Au creux de la main gauche se trouve une ampoule irrégulière, oblongue, avec quelques éraillures de la peau autour ; sur le dos de la main, tache rouge avec une petite croûte sèche au milieu, de la dimension dVne lentille ; la peau est un peu plissée sur les bords. Je n'examine ni les pieds ni le côté. Sur le front, on ne voit aucune trace des petites impressions rougeâtres et triangulaires que j'avais vues huit jours auparavant.
Au bout de vingt minutes, je quitte la chaumière pour aller voir M. le curé. Bientôt je suis rejoint par Louise et Rosine : elles me disent qu'elles vont à l'église préparer les autels pour le Mois de Marie. Je les lai^e passer devant. Louise marche vite, en
épaulant à droite. On m'a dit que cette démarche défectueuse tenait à un coup de corne de vache que Louise aurait reçu sur le côté, il y a plusieurs années.
Le lendemain, vendredi 30 avril, j'arrivais encore à sept heures du matin à la chaumière. Je trouve Louise assise sur son fauteuil de paille, occupée à tricoter un bas de grosse laine grise ; elle avait fait un premier rang de mailles. Elle s'est à peine couchée sur son lit la nuil dernière ; elle a été obligée d'en passer la plus grande partie, assise sur son siège ; il lui est à peu près impossible de rester dans son lit dans la n.uit du jeudi au vendredi. En vain son confesseur extraordinaire, le père Huchant, rédemptoriste, le lui a-t-il ordonné formellement :elle a voulu lui obéir à plusieurs reprises, et cette nuit même ; malgré sa bonne volonté et la soumission exemplaire dont elle donne des preuves incessantes, elle n'a pu obéir qu'imparfaitement à Tordre donné.
Je savais, d'un autre côté, que le P. Huchant luî avait enjoint de lutter de toutes ses forces, dès la veille même du vendredi, coniîl-e le travail psychique qui s'opère en elle ; c'est pourquoi je l'avais trouvée hier allant faire une course à Fayt-lès- Manage et s'occupant des préparatifs du Mois de Marie; c'est pour cette raison que je la trouvais cematin même en train de tricoter un bas, service commandé : son confesseur lui avait expressément enjoint de combattre et de repousser, surtout dès le matin du vendredi, une heure avant la suspension ^ des sens, toutes les impressions qui pouvaient l'as^
saillir ; mais eette* lutte devait être hiipuissani& contre l'ange de l'extase.
Louise tricote avec ses mains ensanglantées; le sang coule plus abondamment que de coutume, fourni par les stigmates dorsaux droit et gauche et par la paume de la main gauche. Les pieds n'ont pas donné de sang depuis trois ou quatre semaines ; ce matin, il en coule par le dos du pied gauche. Louise me dit qu'elle perd aussi du sang par le côté ; comme d'habitude, leshémorrhagies diverses ont commencé après minuit. La couronne sanglante ne s'est pas reproduite. J'inspecte le front avec soin : aucune trace des petits stigmates triangulaires. Toutefois la couronne de la têle est trèsdouloureuse au toucher. Louise continue à faire son bas^ les yeux presque toujours fixés sur les mailles ; de temps en temps elle les arrange et semble les compter. On voit que la pauvre enfant fait tous- ses efforts pour y attacher son esprit, mais^ visiblement il est ailleurs. De temps à autre, elle repose ses mains sur ses genoux sans quijtter son ouvrage, lève les yeux au ciel, passe une main sur son front comme (si elle y souffrait ; puis elle re-^ prend immédiatement son travail.
J'avais prévenu Louise que je ne voulais pas la déranger et la faire causer ; je tenais à étudier à fond et en silence les prodromes de l'extase, et je me tenais de côté en sentinelle d'observation, guettant tous les mouvements de la jeune fille. Elle faisait tous ses efforts pour appliquer son attention à son travail manuel et le bien faire. Rosine entre au bout d'un quart d'heure dans la chambrette : Louise
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lui demande des nouvelles d'une pauvre femme hydropique à laquelle elle s'intéresse. Comme le sang coulait toujours de ses mains et tachait son ouvrage, je dis à ce moment à Louise : — Votre bas ne sera pas propre. — Oh ! monsieur, me répondit-elle, ça ne fait rien. — Puis, m'adressant à Rosine : — N'est-ce pas, lui dis-je, lorsque votre sœur se porte bien, elle fait beaucoup mieux son bas? — Oh ! oui, monsieur, vous avez bien raison, car elle travaille fort vite. — Et voici que, sur cette simple observation, Rosine partie, je vois Louise s'eflForcer de tricoter beaucoup plus vite, comme si elle était en bonne santé. Peine inutile : les doigts sont gauches; ils manœuvrent difficilement, et comme par mouvements convulsifs. On voit bien que l'extatique n'est pas à son ouvrage; elle continue à se reposer par moments, levant les yeux au ciel, puis reprend son travail. Sa figure animée n'a point l'aspect naturel de la veille. Je la vois soupirer ; elle parait souffrir. Je lui demande alors si elle souffre réellement : Oh! oui, monsieur^ me répond-elle, mais ça ne fait rien.
Il est près de huit heures moins un quart. Louise a continuellement les yeux baissés sur son ouvrage. Elle fait tous ses efforts pour regarder ses mailles avec une espèce d'attention. Elle se repose un instant avec un air de souffrance, puis reprend son bas. A ce moment, j'avais détourné un instant les yeux d'elle pour écrire sur mon calepin. Je la regarde : elle vient de tomber subitement en extase ; les yeux fixes levés au ciel, la figure allongée ; elle est immobile sans s'être dérangée de place ; oUe
tient encore son bas entre ses doigts dans la position d'une ouvrière en train de le faire ; il semble qu'elle vient d'être foudroyée.
Au hoxxt de trois ou quatre minutes, je retire le bas de ses mains, et je constate avec Rosine qull a été très-mal fait et que les mailles sont lâches et irrégulières. Bientôt l'extatique joint les mains étendues, le pouce gauche croisé sur le pouce droit. Je prie Rosine de déchausser le pied gauche; là, pas de traces de stigmates. Les pieds sont froids, ainsi que les mains ; le pouls est large, vibrant, à 63. La respira,tion est très-visible avec un soulèvement thoracique prononcé ; 18 respirations à la minute. Pendant toute la matinée, l'extase a présenté la même physionomie et les mêmes accidents que vendredi dernier ; inutile de les décrire de nouveau. Comme d'habitude, l'écoulement sanguin a diminué dès le commencement de la suspension des sens ; il a cessé complètement vers midi. Lç refroidissement des extrémités a toujours été progressif; déjà, avant midi, les doigts étaient firoids comme du marbre. Le pouls s'est élevé à 72 et à 76 pendant le reste de la matinée. Durant ce laps de temps, j'ai essayé plusieurs fois de remuer les membres pour voir s'il y avait de la catalepsie ; je n'en ai pas trouvé la moindre trace.
Il m'a été facile de vérifier pendant cette séance un fait qui ne m'avait pas encore frappé et sur lequel on avait appelé mon attention. Durant toute la matinée jusqu'au prostemement, Louise, plongée dans la contemplation extatique, paraît suivre attentivement tout un spectacle qui se déroule
devant elle. Il semble qu'elle parcourt lentement des yeux un demi-cercle sur lequel ont lieu les scènes diverses qui l'ahsorbent, Tenaient ou Tattendrissent. Au début de Textase, Louise était tournée vers Tangle nord-ouest de sa chambre, eiy à midi, elle avait gagné peu à peu Tangle opposé nord-est, mettant ainsi quatre heures à suivre ce parcours, en pivotant pour ainsi dire avec une extrême lenteur sur elle-même.
J*ai eu la bonne fortune de me rencontrer dans la ohambrette de Louise avec le Père Séraphin. Ce Religieux passioniste est un des directeurs de l'extatique ; il partage cette nûssion avec le P. Huchant, rédemptoriste. J'ai pu causer longuement avec cet excellent religieux : il avait lu mon rapport adressé en février à Mgr de Tournai. U m'a été facile de comprendre que les deux religieux différaient de vues et de méthode dans l'appréciation des faits.
Le Père Séraphin a vu Louise Lateau le jour de saint Joseph: c'était un vendredi. Ce jour-là, l'extatique s'est agenouillée vers les deux heures, les mains jointes et le corps tellement penché en avant qu'évidemment il n'était pas en équilibre ; Louise a gardé cette position pendant trente-trois minutes^ Le Père a voulu, séance tenante, figprer devant moi cette position; il lui a été impossible de la garder un seul instant sans prendre un point d'appui. Je tiens de sa bouche un fait bien extraordinaire dont il a été témoin : Mgr l'évêque de Na* mur était venu ce jour-là à Bois-d'Haine ; l'extase, comme d'habitude, venait de se terminer vers les^
-six hetires du soir, lorscpie tout à coup Louise est prise d'affreuses conto»«ions, renversée sur le dos, et sa tête vient frapper le soi entre les pieds de révêqUeet du Père Séraphin. Celui-ci lui fait immédiatement un signe de croix sur le front, tout ^esse; les contorsions n'avaient duré qju un instant. Louise demande alors à parler en particulier au Père passioniste et lui avoue qu'elle vient d'être saisie par le démon qui l'a renversée à terre. Le Père Séraphin m'a affirmé avoir fait porter dès lors des reliques à l'extatique, et depuis ce moment les phénomènes diaboliques auraient disparu. M. le curé m'a aussi raconté que, pendant le siège diabolique dont j'ai parlé plus haut, Louise avait été jetée une nuit violemment contre un des barreaux de sa couchette en fer ; il en était résulté une forte contusion à la figure.
. J'ai repété devant le Père passioniste quelques expériences de vendredi dernier. L'extatique a souri À mon petit crucifix et à la relique de saint Ulri'c -dont une parcelle m'avait été laissée par le prêtre anglais. Elle reconnaît aussi par le même procédé une relique de Catherine Emmerich qu on m'avait donnée à expérimenter. Je touche ses lèvres du bout du doigt trempé dans un peu d'eau naturelle ; Louise reste immobile ; je fais la contre-épreuve avec de l'eau bénite ; elle se met à sourire. Le Père Séraphin lui fait aussi baiser une relique de la vénérable Marie d'Agreda qu'elle reconnaît immédiatement.
Vers les neuf heures et demie, le Père passioniste rappelle Louise : c'est la troisième fois que je suis
témoin de ce fait extraordinaire : il a toujours lieu dans les mêmes conditions. Le Père Séraphin est déjà venu cinq ou six fois les vendredis, et à chaque vendredi il Ta rappelée deux fois. Je laisse le religieux en conférence spirituelle avec Textatique. Je m'échappe pour aller déjeuner au presbytère et, au bout d'une heure, j'en reviens avec deux Pères maristes de Yalenciennes. Je les fais entrer dans la chaumière pendant quelque temps, à leur grande joie, malgré la sévérité des ordres donnés à la famille et à M. le curé. Louise est retombée en extase. Je répète devant eux Texpérience de Teau bénite, Fextatique sourit aussi au crucifix du chapelet du Père Touche, mariste.
J'ai causé aussi un peu danslamatinée aveclamère Lateau. Cette pauvre femme est venue plusieurs fois s'agenouiller à la porte de la chambrette devant Louise, ce dernier finiit de ses entrailles qui paraît à cette heure si visiblement béni. Quoique ce spectacle ne soit pas nouveau pour elle, elle en est toujours profondément émotionnée. Je Tai surprise plusieurs fois à prier devant Vorante qui, elle aussi, est une magnifique prière. La mère et la fille prient chacune à leur manière, et la prière de la mère n* est-elle pas un véritable témoignage de la prière extraordinaire de la fille? — Je crois bien, monsieur, me dit à un moment la bonne mère Lateau, que c'est le bon Dieu seul qui pourrait faire des choses comme ça. Elle répétait la même phrase que vendredi dernier, et moi, de faire chorus avec elle. La mère Lateau m'a affirmé que toutes les fois que Louise se prosterne, elle ne se fait pas le
moindre mal : on n'a jamais vu sur sa figure de traces de plaies ou de contusions. Et cependant le prostemement de l'extatique est bien une chute brusque et instantanée.
Vers midi et demi, Louise pousse un cri, se jette à genoux, le tronc très-incliné sur le côté droit, la main droite étendue et presque appliquée sur la poitrine, la gauche restant dans la position habituelle de la prière, la tête en haut, suivant toujours du regard le spectacle invisible qui l'absorbe. Je ne puis pas mieux comparer cette attitude qu'à celle de Notre-Seignéur représentée dans certains chemins de croix, lorsqu'il a chuté sous le poids de l'arbre divin. Quelques instants après, je veux l'incliner davantage, puis la relever: elle résiste comme une barre de fer ; elle reste dans cette position contre toutes les lois d'équilibre pendant neuf minutes. Sur la fin, elle pousse un cri en faisant un mouvement d'effroi; à ce moment, ses traits accusent une attention et une tristesse profondes : puis, elle se relève assez naturellement, sans précipitation, pour se rasseoir sur sa chaise dans sa position habituelle. De midi et demi à une heure, la figure prend une pâleur remarquable alternant avec des rougeurs mobiles et diffuses ; les yeux se cernent, les lèvres pâlissent : c'est probablement cet incident qui a été interprété par les observateurs qui m'ont précédé, comme étant la période d'agonie;
A une heure vingt-quatre, l'extatique pousse un soupir, se lève aux trois quarts sur sa chaise sans la toucher et fait un mouveiaaeût d'effroi : elle est res- L. Làteau. 7
tée une bonne minute dans cette position que je juge à peu près physiquement impossible, puis elle se rassied*
Le prostemement a lieu à une heure quarantesix : Louise est tombée tout à coup de sa chaise sur le sol, sans s être inclinée avec lenteur, comme je le lui ai vu faire au 23 octobre ; elle est étendue à terre, sur le côté gauchoi comme ramassée et dans l'attitude d'une personne en plein sommeil. Les yeux sont fermés ; par moments, on entend sa respiration comme celle d'une personne gui dort profondément. Le pouls est toujours à 72; même nombre de respirations.
L*extatiqae se met en croix à deux heures trentecinq par un mouvement brusque et convulsif dans la même position que vendredi dernier. Du reste cette position est invariablement la même : je constate que les bras sont assez rigides. Un ecclésiastique présent dans la chambrette me donne un petit reliquaire contenant des reliques de saint Fiorent : je lève le bras en mettant Tobjet dans la main de l'extatique : elle le saisit et reste immobile dans la position donnée. Même résultat avec les reliques de saint Ulric, de Catherine £mmerich et du vénérable Yincent>-Marie Strambi, passioniste et évéque de Macerata, mort €fn odeur de sainteté en 1^34. Pour chacune de ces reliques pliées dans de petits carrés de papier^ j'ai fait la contre-épreuve avec des enveloppes de papier semblables et vides ; la main de l'extatique ne les a point saisies et le bras est immédiatement retombé.
Louise eat restée crucifiée dans la même position
pendant deux heures. Je me suis absenté une partie ^e ce temps, puis je suis rentré à la chaumière avant cinq heures. Je la trouve agenouillée devant le lit de sa mère, tellement inclinée en avant qu'il serait impossible à tout ajitre de garder cette position quelques secondes seulement : cependant l'extatique est restée ainsi immobile pendant plus d'un quart d'heure. Elle se relève après cinq heures : sa chaise avait été encore déplacée comme vendredi dernier : elle sait parfaitement la retrouver et s'y asseoir. Obligé de partir, je la quitte avant la lin àe l'extase sans pouvoir lui dire adieu.