L. Latbau
l'objet d'une grave controverse qui sera suscitée dans le monde de la science médicale.
(( J'attends cette controverse avec une vive curiosité. J'ai lu les divers écrits publiés sur Louise Lateau par les médecins rationalistes. Us- n'ont aucune valeur scientifiq[ue, et ils ont le tort d'être écrits par les médecins qui jugent sans se donner la peine de voir. Un seul de ces médecins rationalistes, * <im avait prématurément écrit sur le fait de Bois-d'Haine, est venu vérifier ses appréciations. J'ai passé avec lui toute la journée d'un vendredi cbez Louise Lateau. Je lui ai demandé le soir quelle était son impression. Voici sa réponse, sinon textuelle, du moins exacte:
(( Je suis rationaliste : je dois donc chercher une explica- •« tion en dehors du surnaturel. Le fait dont je viens d'être « le témoin est certainement le plus extraordinaire et le plus <( complet de l(ms ceux dont fa$$c mention l'histoire de la stig^ « matisation et de l'extase* J'ai cherché des explications phy* <( siologiquesqui ne meparaissentpas tout à fait satiâfaisantes, <ï je le reconnais ; mais je vais poursuivre cette intéressante -<( étude; j'espère trouver l'explication scientifique ; si je ne la <( rencontre pas, d'autres la trouveront. »
Ce langage est impartial et honnête ; mais il est bien près d'une confession d'impuissance, et il n'était pas fait pour ébranler ma conviction, qui tient à un ensemble de faits dans lequel la question médicale n'a qu'une place relative et restreinte .
Mais je ne veux pas entrer dans une contrayerse avant l'heure; mon but a été de vous faire connaître le résultat 4e la visite de Mgr l'évêque de Tournai dans la modeste chaumière de Louise Lateau,, et en même temps d'avertir vos lecteurs que, pendant Teoi^amen définitif auquel ïa^iorité ecclésiastique va se livrer, la mère tiendra sa porte 'fermée aux visileurs, en réclamant , comme toutes les familles,, la liberté de son domicile, de son travail et de son Tepos,
Je désire que les journaux de toute opinion, dans riatéiêt de cette honnête famille, fassent connaître ce fait à leurs lecteurs pour écarter les foules indiscrètes de cette demeure.
qti*M faut momentanément du moins «ntourer d'un respec* tneux silence.
Nous trouvons dans un autre journal de Belgi- 4^16, la Chchey des détails très-circonstanciés sur Tenquète à laquelle a été soumise la jeune Louise Lateau.
Des expériences très-intéressantes ont été faites sur la stigmatisée de Bois-d'Haine en présence de plusieurs savants médecins, parmi lescpiels im des professeurs les plus distingués de l'université de Liège.
Disons d'abord que l'écoulement de sang et l'extase, avec toutes les circonstances telles que nous les avons rapportées dans un précédent numéro, se répètent toutes les semaines avec une précision mathématique. Tous les vendredis de carême le sang a coulé de toutes les plaies à la fois : des deux mains, des deux pieds, du côté gauche et de la tête, autour de laquelle on remarquait des traces ressemblant aux piqûre» d'une couronne d'épines. On se rappelle qu'à un moment de Ja journée l'extatique se jette à terre, et y reste une heure et denûe, \ts bras étendus, de manière à former avec la tête et le reste du corps une croix très-régulière.
Pendant que la stigmatisée, toujours en extase, est couchée la face contre terre, la tète un peu inchnée sur la droite, de manière qu'il lui est tout & fait impossible de voir sa main et son bras droits, on lui soulève la main et le bras^ et ils retombent aussitôt par leur propre poids. C'est naturel ; mais on lui met dans la main un petit crucifix en bois ou en cuivre, on la soulève de nouveau, et, cette fois, le bras et la main tenant le crucifix restent soulevés ausgi longtemps qu'on j laisse le cmcifiS. Aussitôt qu'on enlève le cruoilfix, le bras et la main retombent. Un des médecins présents propose la CMitre^épreuve, au moyen d'une clef ou d'un sim^de morceau de bois ayant à peu près le même poids et à l'extrémité infé* rieure la même forme que le crucifix. On donne à l'extatique ce morceau de bois ou ka clef en maiû, on élève la main, on
lâche^ et la main et la clef ou le morceau de bois retombent à rinstant. Mais voici ce qui est encore plus extraordinaire : on fait çubir au bras et à la main de la prosternée une torsion jusqu'à la dernière limite du possible, pour ne pas les disloquer. On conçoit que du moment où Ton abandonne ses membres à eux-mêmes,* ils reprennent immédiatement leur position natiu'elle. On répète l'opération, et quand le bras et la main sont tordus, comme nous venons de le décrire, on y glisse de nouveau le crucifix, et le bras et la main restent immobiles dans cette position naturellement impossible.
Inutile d'ajouter qu'avec une clef et im morceau de bois on n'obtient qu'un résultat négatif. Cette expérience a été répétée plusieurs vendredis en*présence d'un grand nombre de témoins et toujours avec le même succès.
Le professeur Lefebvre, et, en même temps, nombre de médecins, avaient examiné depuis huit mois avec toute la rigueur scientifique les divers phénomènes présentés par Louise; mais en dehors de l'enquête médicale, l'extatique eut à subir un autre genre d'épreuves de la part de son directeur, le R. P. Huchant, rédemptoriste. Cette direction dura depuis le 1" avril 1869 jusqu'au commencement de juillet. Il ne m/appartient pas de la juger, mais je dois en parler, parce qu'elle a révélé des faits intéressants et significatifs.
Cet excellent religieux, peu convaincu probablement de l'origine divine de la stigmaitisation et des extases, avait pensé qu'il serait possible de les faire disparaître chez Louise. Dès le premier vendredi d'avril, il la fit boire et manger la veille et le jour de l'extase, la rappela sans cesse, causa continuellement avec elle, et l'entretint même de l'action démoniaque possible en pareille circonstance,
rengageant à s'en défier. Le bon Père croyait avoir complètement réussi; mais, après son départ, Louise, ne subissant plus les rappels, tombait en extase, y demeurait toute la nuit, et le sang coulait en abondance des mains et du front.
Le Père Huchant, ne pouvant revenir le vendredi suivant, avait recommandé à la mère Lateau d'empêcher à tout prix l'extase de sa fille. La pauvre mère fit tout ce qu'elle put pour rappeler Louise; l'extase dura sans interruption de huit heures du matin jusqu^à cinq heures du soir.
Huit jours après, le bon Père revenait à Boisd'Haine, il domina l'extase par ses rappels et sa conversation continuelle : mais il fut obligé de sortir et de s'absenter plusieurs fois, et à chaque fois Louise retomba en extase. Le Père Huchant parti, l'extase recommença de plus belle pour se prolonger dans la nuit. On dit même que , ce jour-là et un autre vendredi , le Père fit des exorcismes sur les stigmates. Louise a affirmé que le. sang n'en avait pas moins continué à couler.
Pour lutter encore mieux contre l'extase et empêcher son développement, le Père rédemptoriste avait recommandé à Louise de s'occuper d'un travail manuel bien avant huit heures du matin; il la faisait tricoter. J'assistai le 30 avril à ce premier essai ; il échoua complètement sous mes yeux, comme je le raconterai plus tard.
Le vendredi suivant, le Père Huchant, sans se décourager, attaquait encore l'extase par le tricot, le rappel répété et la conversation.
Mais Texiase revenait toujours, lorsque le Pèrôcessait de parier ou s'absentait. Il avait beau pra-^ tiquet le rappel, et robéissante Louise avait beau» reprendre immédiatement son tricot, l'extase se^ reproduisait sans cesse, quand le Père Huchant avait le mallieur de la quitter, et, partant, le tricot s'arrêtait»
La nourriture imposée à Louise la veille et le jour de l'extase lui causait beaucoup de souflFrances. Un certain vendredi, elle vomit ses aliments dans la matinée, et fut si malade qu'crn fut obligé d'aller chercher le médecin, ce qui n'empêcha pas l'extase de reprendre dans la soirée son cours habituel. Louise a avoué souvent que le rappel était toujourspour elle une cause d'aggravation de ses souffrances ; il est à noter qu'elles avaient singulièrement augmenté par le rappel pratiqué suivant la méthode^ du Père Uuehant. Au commencement de juillet^ ce vénérable religieux abandonnait complètement la direction de Louise, confiée désormais auR. P. Bernard Van Loo.
Les phénomènes extraordinaires qui, depuissept à huit mois, se répétaient chaque vendredi dans la chaumière de Bois-d'Haine, et y attiraient la foule, devaient bientôt finir par tomber dans le domaine de la presse belge. Il est facile de prévoir «[uel fut le rôle des journaux soi-disant libéraux t pour eux, le fait de Bois-d'Haine n'était qu'une révoltante jonglerie ; la spéculation en était le but^ Louise Lateau confectionnait de petits vêtements et les vendait à ehers deniers. Une assiette était déposée à l'entrée de sa chambre pour j attirer
l'argent des nombreux visitenïs. Du reste, on venait cfappliqtter snr les mains de la stigmatisée un bandage scellé ; et quand on Tavait enlevé, la su-> percherie avait été mise au jour.
La presse catholique répondait à toutes ces attaques par les rapports contradictoires de divers témoins et par une polémique aussi sage dans le fond que modérée dans la forme.
Cette attitude aurait dû naturellement arrêter les journaux de la libre pensée, et les décider à garder le silence, en attendant que plus ample lumière fut faite. Mais, messieurs du libre examen font généralement fi de sagesse et de dignité personnelle; ils préférèrent continuer le même système de mensonges... tantôt révêché de Tournai avait fait exprimer le désir qu'on ne parlât plus de ces mys^ tères qui faisaient rire la Belgique intelligente... La maison de Louise était surveillée par la police, et depuis aucun prêtre ne s'y était plus présenté..* une autre foisj les habitants de Bois-d'Haine, qui savaient à quoi s'en tenir, étaient indignés de cette comédie; le conseil mimicipal s'était réuni» et il avait arrêté :
1^ Que radminlstration communale écrirait à Mgr révêque de Tournai pour demander le déplacement du curé ;
2« Qu'en cas de refus de Mgr l'évêqne de Tournai, plainte serait adressée à M. le procureur du roi.
Et après cela, YEcho du Parlement de s'écrier : «- a Yoilà le dernier mot du miracle de Boisd^Haine. La comédie touche à son dénouement.
Aussi, remarquez^-le bien^ autant le clergé à cher«^
— esche à faire da brait autour du miracle, autant^ dès maintenant, il va s'efforcer de Tentourer du si«lence. »
Or, toutes ces assertions n'étaient que d'audacieux mensonges ; on a même peine à croire à pareille impudence. Cependant Tévêque de Tournai n'arrêtait pas l'enquête ; il allait lui-même la présider sur les lieux quelques semaines après ; la foule continuait à assiéger chaque vendredi la porte de Louise ; elle s'ouvrait de préférence aux prêtres et aux médecins, juges naturels en pareille matière. Le village entier de Bois-d'Baine portait toujours estime et respect à la bonne famille Lateau. Le conseil municipal, sans parler de prendre un arrêté quelconque, ne s'était pas même réuni; et l'excellent abbé Niels restait à son poste, honoré de toute la confiance et de toute l'affection de son évêque.
Les médecins de Belgique ont été naturellement saisis les premiers de la -question. Il est important de faire connaître leur attitude et les diverses opinions qu'ils ont pu émettre au sujet du fait merveilleux deBois-d'Haine. Etablissons d'abord deux catégories : ceux qui ont vu Louise Lateau, et ceux qui ne se sont pas rendus sur les lieux pour y observer par eux-mêmes.
A cette heure, le nombre des médecins qui ont visité Bois-d'Haine le vendredi, au jour même de la stigmatisation et des extases, est fort considérable. Tous ont admis la réalité des faits et leur caractère extraordinaire. La plupart ont déclaré que la science ne pouvait en rendre raison. Quelques-uns se sont
jetés dans les divagations et les absurdités de la thèse rationaliste.
A côté des médecins qui ont vu Louise Lateau» il faut placer aussi ceux qui ont été invités à la voir et qui s'y sont positivement refusés. Le professeur Lefebvre avait écrit dès le commencement de l'enquête aux professeurs des facultés do médecine de Bruxelles et de Gand, les priant de venir examiner avec lui le fait de Bois-d'Haine ; même invitation avait été adressée à diverses notabilités médicales et en particulier à plusieurs membres de l'Académie royale de Belgique. Sur le nombre, un seul a répondu à Tappel du professeur de l'Université catholique de Louvain : c'est le professeur Schwann » célèbre dans le monde scientifique par ses travajix en névrologie.
La plupart de ces honorables confrères appartiennent à la libre pensée. Disons-le franchement, ils ont eu peur du surnaturel, ils en ont eu le flair. Trop savants pour ne pas reconnaître un miracle dans le fait de Bois-d'Haine, trop honnêtes pour ne pas l'attester, ils ont préféré l'abstention dans la crainte de donner un certificat. Mais, qu'on me permette de le dire hautement, ils n'en ont pas moins manqué aux devoirs qu'impose la science. Il est toujours d'un intérêt énorme d'étudier et de juger les faits extraordinaires. Un médecin librepenseur ou catholique ne doit jamais reculer devant un fait. Tout ce qui est, ou parait miraculeux, intéresse La science aussi bien que la religion ; même au point de vue rationaliste, il était impor« tant d'étudier à fond les phénomènes extraordi-
naires de Bois^^d'Haine : c'était là une belle occasioi» pour les partisans de la libre pensée ; mais ils ont eu peur ; donc, ils croient au miracle, et ils font bien.
La commission d*en<juête établie par Mgr l'évêque de Tournai avait fonctionné pendant plus d*un an : en Belgique comme ailleurs, on était impatient d^en connaître les résultats. En mettant ledocteur Lefebvre à la tête de l'enquête médicale, Mgr Labis ne pouvait faire un meilleur choix. Professeur à la célèbre Université catholique de Lou— vain, membre de l'Académie royale de médecine de Bruxelles, homme plein de science et de religion^ praticien éminent et consulté dans toute la Belgique, cet honorable confrère offrait toutes les garanties que Ton pouvait exiger en pareille circonstance. C'est là un témoin important par Tétude^ approfondie qu'il a faite des phénomènes observés à Bois-d'Haine. Le IS octobre 1869, le rapport de M. Lefebvre commençait à paraître dans la Revue-' catholique de Louvain ; il a été publié par fractions jusqu'en février 1870 ; plus tard, il a paru en livre avec addition de notes diverses (1). Le fait extra^ ordinaire-de Louise Lateau a été examiné par le savant professeur sous toutes ses faces avec la plusgrande impartialité et suivant toutes les règles scientifiques. Toutes les objections ont été présen* tées : pas une n'est restée sans réponse. L'auteur s'est tenu tout le temps sur le terrain de la science
(1) louin lateau, de JSoiS'd'Baine, sa nie, ses extases, ses stig-^ maies, étude médicale par 1« docteur Lefebyfe. LcmTai% Peetersj, 1Ô70. vni-S0O p.
-sans aborder le côté tkéologique^ suivant la mission qui lui était naturellement tracée. Beaucoup de tues lecteurs ont pu lire déjà le beau travail de M. Lefebvre. Je ne puis pas mieux terminer ce cha* pitre qu en reproduisant les conclusions de Fauteur, dans lesquelles il a résumé son œuvre, pour en faire <ionnaître la substance et l'esprit :
a Une jeune fille soumise à notre observation présente deux phénomènes importants : le premier <^ousiste dans un écoulement de sang qui se produit tous les vendredis et ne paraît jamais les autres jours de la semaine, qui se montre sur des points toujours les mêmes, aux d^ux faces des pieds et des mains, au côté gauche de la poitrine, au froint et sur le pourtour de la tête.
a Le second phénomène est une extase pendant laquelle les fonctions des sens sont suspendues et l*âme assiste à des scènes religieuses dont elle con* serve, en rentrant dans la vie ordinaire, le souvenir le plus net.
« J'ai suivi ces phénomènes pendant près de deux ans; des milliers de témoins, parmi lesquels une centaine de médecins et plus de deux cents théologiens^ les ont vus comme moi.
ce Leur existenceT est donc démontrée de la manière la plus certaine.
'CL II ne suffisait pas de démontrer la réalité de ces faits extraordinaires, il fallait prouve^ quils sont sincères, véridiques. En observant les conditions morales dans lesquelles les phénontènes s'accom* plissent, en étudiant à la lumière de la physiologie pathologique les. lois qui gauvernent les hémorrha-
gies et les névroses, en soumettant la jeune personne à des expériences variées, j*ai prouvé que l'hypothèse d'une fraude doit être absolument écartée.
a Nous avons ensuite recherché les causes qui président à la genèse de ces faits extraordinaires.
« Etudiant d'abord la question de l'hémorrhagie, j'ai démontré que les saignements périodiques de ^Louise Lateau n'appartiennent à aucune des espèces hémorrhagiques admises dans les cadres céguliers de la science ; qu'ils ne peuvent être assimilés à aucun des cas extraordinaires consignés dans les annales de la médecine; qu'enfin, les lois de la physiologie pathologique ne permettent pas d'ex» pliquer leur genèse.
a Abordant ensuite la question du ravissement, j'ai retracé les caractères des névroses classiques qui peuvent offrir quelques traits de ressemblance, même lointaine, avec l'extase de Louise Lateau, et je crois avoir démontré qu'ilest impossible de la rattacher à aucune des névroses connues aujourd'hui. J'ai pénétré dans le domaine des sciences occultes; ces sciences ténébreuses ne nous ont pas fourni plus de données pour l'interprétation des faits de Bois-d'Haine que les sciences franches qui s'épanouissent en plein soleil.
« Serrant enfin la question de plus près, j'ai mis en parallèle l'extase de Louise et les différents étals qu'on a désignés sous le nom d'extase naturelle. Je crois avoir fourni des documents de quelque importance pour la solution du problème.
« Je mets fin à ce travail. Je crois avoir répondu
dans la mesure de mes forces à la mission dont on m'a chargé. Je la précise encore une fois en peu de mots. On m'a demandé d'observer les phénomènes stigmatiques et extatiques de Bois-d'IIaine et de m'assurer de leur sincérité; d'apporter les ensei* gnements actuels de la médecine sur les maladies hémorrhagiques .et les névroses à manifestations extatiques; de rechercher dans les archives de cette science les cas qui offrent quelque analogie avec ces faits extraordinaires.
« Je me suis efforcé de remplir ce programme sans en franchir les limites.
a La question ne peut pas être complètement élucidée par les médecins seuls. C'est, en effet, une de ces questions mitoyennes, s'il est permis de s'exprimer ainsi, dont les lumières de notre science né peuvent éclairer cpie Tune des f aces^ l'autre étant tournée en ^lein vers le domaine théologique.
« Il y a de notre temps un divorce regrettable entre la médecine et la théologie, et je suis obligé de le reconnaître ici, la mésintelligence ne vient pas des théologiens. Ils invoquent loyalement notre concours dans l'étude de ces problèmes mixtes ; niais les médecins ne souffrent pas facilement qu'ils viennent travailler avec eux, même sur ce terrain neutre.
<( Je ne comprends pas cette jalousie et ces dé* fiances. Sans doute^ si l'esprit de l'homme était plus vaste, il n'y aurait qu'une seule science, parce qu'il n'y a qu'une seule vérité s'irradiant dans des manifestations multiples. Mais nos forces sont bornées, notre vue est faible, la vie est courte. Lais-,