‹ Les Stomatites dues à la StreptomycothérapieChapitre 13 sur 31 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(MM. Le Coulant, L'Epée, Texier. Observation communiquée à la Société Française de Dermatologie et Syphiligraphie, séance du 4 novembre 1948.)

Aub... (Lucienne), 44 ans, est hospitalisée dans le service du Professeur PIÉCHAUD, pour une tuberculose bronchique vraisemblablement streptomyco-résistante, car malgré l'administration de 350 gr. de streptomycine depuis six mois, l'affection continue à évoluer. Présence constante de B. K. dans l’expectoration.

= Dre

Depuis deux mois environ, sont apparues des lésions buccales qui n'entraînent actuellement qu’une légère sensation de brûlure lors de la prise de certains aliments (mets épicés, vinaigre, melons, etc….). “

À l'examen pratiqué le 18 septembre 1948, à la demande du Docteur FRÉOUR, nous notons des lésions de la langue et des joues.

— Sur le dos de la langue, de chaque côté d’une bande médiane d'aspect normal, il existe deux bandes latérales, lactescentes, parsemées de petites érosions ; ces trois bandes étant d'égale largeur. Sur les bords de la langue, on peut noter les mêmes lésions laiteuses et érosives. La face inférieure de la langue est indemne,

— Sur la face interne des joues, il existe des lésions identiques, plus particulièrement érosives en leur centre, mesurant verticalement 1 cm. 1/2 environ et s'étendant horizontalement au niveau de l'interhgne dentaire, depuis la région rétro-commissurale jusqu'à la région molaire postérieure.

Rien sur le reste de la muqueuse buccale. En somme, les lésions, tant sur la langue que sur les joues, n'intéressent que les parties des muqueuses qui sont le plus exposées aux traumatismes dentaires. La denture est d’ailleurs excellente.

L'examen anatomo-pathologique nous montre un lichen plan vrai. (Cf. chapitre d'anatomie pathologique.)

Le traitement par la streptomycine est interrompue le 18 septembre. Trois ou quatre jours plus tard, les lésions commencent déjà à régresser d’une façon évidente. Cependant, trois semaines plus tard, le 9 octobre 1948, les muqueuses jugales ont encore un aspect opalin au niveau de la partie moyenne de l'interligne dentaire. Quant à la langue, sa partie médiane est intacte, alors que ses parties latérales sont nettement atrophiques, dépapillées, rosées, lisses et brillantes, avec quelques traînées blanchâtres et sur le bord droit, une érosion lenticulaire, un peu douloureuse, d’ailleurs en voie de cicatrisation.

Comme dans l'observation précédente, cette malade a présenté des phénomènes d'intolérance à la streptomycine, avant d’avoir une stomatite. |

À partir du 10 mars 1948, elle a commencé à vomir, et le 13 mars est apparue une éruption rubéoliforme, localisée à la paume des mains et sur la poitrine. On lui donne deux comprimés par jour de

Photo III OBSERVATION IV

Photographie prise le 26 mars 1949 (2 mois après l'arrêt de la reprise du traitement par la streptomycine).

On remarque sur le bord droit de la langue la persistance d'une bande atrophique. Une même bande atrophique, quoique moins visible, existe sur le bord gauche de la langue.

La bande centrale est indemne.

Page 1