Souche Ja. Op:6-01157« 4. Souche PF. ou
Les formes bacillaires s’observent en culture jeune et
dans les milieux favorables. G. et W. font remarquer qu'il re s’agit donc pas de formés d’involution. Nous pensons
avec eux que ce sont des formes d'évolution, apparaissant
À z + { en même temps que le phénomène des zones alternantes.
Coloration : Il reste coloré par la méthode de Gram. il
ne présente ni capsule, ni spore, ni cil.
; B. — PHYSIOLOGIE
Mode : Il se présente, dans les premières cultures, com-me un anaérobie strict, donnant le schéma classique en gélose de Veillon. Après un nombre variable de générations, il évolue vers le facultatisme, mais reste un anaérobie de prédilection, poussant mieux en profondeur qu'en surface, et mieux dans les milieux désaérés qu’en ‘Présence d'oxygène libre. |
Température optima : 31°. Il ne pousse pas en dessous de'22°. : :
Longévité : Brève en aérobiose (6 à 8 jours), elle atteint plusieurs mois en anaérobiose.
pH. Optima : Les limites du 9H optima Re a très variables entre 6 et 8,2.
CARACTÈRES CULTURAUX
Il ne dégage ni gaz, ni odeur, Nous décrirons, bien entendu les cultures habituélles en anaérobiose stricte. 1° Milieux peptiques
Bouillon Martin : Sauf les trois souches atypiques Gold, PI. et Ras R, qui poussaient en poussière troublant
a 124 ne
le milieu, Loutes les. autres présentèrent la croissance en grumeaux le long des parois, ne troublant pas le milieu.
Bouillon Martin glucosé : : La. culture est exubérante, même en aérobiose, les propriétés réductrices du glucose étant suffisantes pour sa croissance. Le milieu est acidifié fortement (pH 5). |
Gélose de Veillon : Il n’est pas rare d'observer pendant la première génération des coloniès du type len-
ticulaire, plus ou moins régulières. Souvent, la colonie
initiale d’où est venue la souche, était nettement lenticu-
laire (Gold, PI, etc). C’est la forme préévolutive, corres-
-pondant à la phase d'anaérobiose stricte. En effet, cette colonie. initiale, repiquée en gélose profonde, donne le schéma d’anaérobiose stricte au moins pendant une génération. En général, elles restent telles dans le haut du
tube, rappelant les colonies de Str. micros et de Sir. inter-’
redius, alors que déjà dans le fond du tube elles sont irrégulières, mûriformes, et beaucoup plus grosses. Puis en ni génération, ou en 3°, en 4°, même 6° génération (la sou-
che A71 est restée trois mois strictement anaérobie) on voit se détacher de la zone profonde un anneau de colo-
nies qui vient pousser dans la zone primitivement stérile (fig. 8). C’est le phénomène des zones alternantes, — le streptoroque pouvant croître désormais en présence
d’une faible concentration en oxygène libre. En même
temps. Ia forme lenticulaire disparaît ; les contours s’émoussent, des bourgeons multiples apparaissent, parfois même de fines arborescences : c'est la forme évoluée typique. À partir du moment où est apparu ce signe, le
PI. VIII. Phénomène des zones Alternantes L l
“xreplocoque peut également pousser à à la Surice de la gélose inclinée à l'air libre, celte: culture étant d’ ailleurs quasi microscopique. Mais il ne faut pas croire que ce phénomène est toujours aussi net. D'abord, il n'apparaît que dans les tubes où l’ensemencement est très abondant : ensuite les zones stériles qui séparent et encaarentles zones fertiles ne sont libres de colonies qu’en apparence. À l'objectif faible, on peut voir des colonies microscopiques, réfringentes, en goutte d'huile, semblables ‘aux colonies satellites que nous avons décrites au diplocoque constellé (50). Ænfin, ce phénomène, le plus souvent transmissible par repiquage, disparaît parfois au cours des ensémenceinents, des colonies venant remplir les zones primitivement stériles. Plusieurs de nos souches ont montré urf anneau double. D’autres n’ont fait qu'ébaucher le phénomène. Mais toujours, après quelques repiquages, les colonies atteignent la surface, où elles se développent d'ailleurs fort peu, et restent très petites, tandis que les -colonies du fond deviennent très grosses, 2? à 3 ”/*, et sont alors toutes du type irrégulier : bosselées, bourgeonnantes, voire même ouatées.
Bouillon W.-G. : La culture. est exubérante. donnant un dépôt abondant. Le milieu est acidifié.
Eau pepionée : La croissance est discrète, grumeleuse ou pulvérulente, sans modification du pH.
2° Milieux protéiques Il n’attaque pas les protéines chauffées telles que la viande, le foie, le blänc d’œuf coagulé, le sérum coagulé.
Lait : Par contre le lait est coagulé en 24 heures, et
dans les jours suivants. on observe une rétraction du caillot ; avec certaines souches actives {Ja — A71) on peut voir une désagrégation du Caillot qui redevient mou -et grumeleux. Le tournesol est viré au rouge, puis complètement décoloré. Re
Gélatine : Les souches typiques poussent bien en gélatine, où elles donnent des grumeaux floconneux. Le milieu est liquéfié, parfois très rapidement, en 48-72 heures. Les, souches atypiques ne donnent qu'un retard à la coagulation ou une liquéfaction partielle.
Milieux bioprotéiques.
Les organes frais ne sont pas attaqués par le streptocoque ; par contre, le sérum frais favorise la culture, et s’il est en proportion suffisante, il est coagulé par certaines souches.
8° Glucides >”
3 Glucides : L'action sur les glucides s’est montrée relativement pareille pour toutes les souches, ne variant que dans le degré de l’acidification. Les souches très aclives vis-à-vis du lait et de la gélatine (Ja et A71) acidifaient peu le glucose ; à part ce détail, on peut dire : les hexoses (glucose, lévulose, galactose) et les hexobioses (saccharose, lactose, maltose) sont fortement acidifiées. Les autres glucides : arabinose, glycérine, mannite, dulcite, inuline, amidon, ne sont pas acidifiés. |
POUVOIR PATHOGÈNE
Beaucoup de nos souches étaient dénuées de pouvoir infectieux. Les souches PF, Gold, Ras R et Ja ont provoqué chez le cobaye des indurations se collectant par-
fois sous forme de pus grumeleux. Toutes les fois que. Str. evolutus n'est pas un saprophyte, il est vraisemblablement un pyogène. Aucune de nos souches ne secrétaient de toxine ni d’hémolysines. Sn
Test sérologique : Le sérum agglutinant préparé avec la souche. Ras R était peu actif. L'agglutination est par ailleurs peu aisée à chercher, le streptocoque étant difficile à mettre en émulsion homogène. Mais ce sérum floculait les filtrats de toutes les souches à des taux différents variant de 1/10° à 1/100°. II ne floculait pas les streptocoques
strictement anaérobies.
| POSITION “DANS LA SYSTÉMATIQUE. :— Par ses caractères. culturaux, Sur. evolutus se rapproche de Str. intermedius, dont il diffère : par son anaérobiose de prédilection, par la morphologie de ses colonies, par son action sur le Jait et la gélatine. Far pre
| Il se rapproche beaucoup plus des streptocoques facultatifs pyogènes, dont il ne diffère que par la phase d’anaérobiose stricte et la morphologie des colonies.
L'évolution de sa phäse d’anaérobiose stricte vers une anaérobiose facultative, aide à comprendre dla situation des espèces strictes vis-à-vis des espèces facultatives. De tels faits ont été observés avec d’autres bactéries que les
streptocoques : le bacille de la diphtérie aviaire (47), cer- laines souches du E. bifidus (*). Dans la famille des coccacées le fait est fréquent. On trouve dans les traités que l’entérocoque peut présenter des « races anaérobies », qui isolées de l’organisme, « redeviennent aérobies » au bout
(*). — Qui nous ont montrées par notre collègue et ami le Dr A. TRias.
+ na
d'un nombre variable de générations. Récemment Kritchewski et Séguin (34 bis) ont rapporté quatre cas d’aérobisation spontanée d’ entérocoques anaérobies {rouvés
+ dans les abcès dentaires. Le diplocoque de Tunicliff perd Sa propriété d’anaérobiose Stricte après quelques repi-
quages. Mais D, nous nous séparons des auteurs qui interprètent ces faits en disant : « Il s’agit de bactéries
primitivement facultatives qui se sont adapléés à la vie
sans air dans l'organisme, puis se réadaptent de nouveau à la vie facultative » : 4° Nous ne connaissons aucun fait expérimental ‘ayant. montré : une adaptation d'un aérobie
l'inverse sont true A} Aérobisation artificielle des anaérobies (Rosenthal).
B) Aérobisalion naturelle, temporaire, conditionnelle (Ori, Tarozzi, Wzroseck, Calderini, Harras, Smith, S. Gottlieb, etc.), par la neutralisation de l’action bactéri-
cide de l’oxvgène attribuée aux calalases des organes
irais.
C) Aérobisation, spontanée des anaérobies, ‘entéroco-
à la vie sans aire : 2e Les faits expérimentaux montrant.
SX
ques, steptocoques, etc. (Rist, Gräf et Wilineben, von.
Lingelsheim, etc., ete, et nos propres faits).
3° Il est illogique de supposer qu'un anaérobie facul-,
{fati, c’est-à-dire une bactérie pouvant pousser sans oxy-
gène libre, éprouve le besoin de devenir anaérobie strict dans l'organisme, c’est-à-dire d’être tuée par l'oxygène iibre, alors que dans l’organisme, en particulier dans les cavités respiratoires où. on les trouve le plus souvent, elles sont exposées à un courant d'air perpétuel. Si des anaérobies stricts peuvent y vivre et y proliférer, c’est que dans l'organisme ils trouvent à leur disposition les
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catalases nécessaires pour résister à l'oxygène. Sortis de .
l'organisme et transportés dans les milieux artificiels, ils
$ont privés de cette protection, et meurent à l'air libre —\ ; restent donc ‘anaérobies stricts, —— ou bien s 'adaptent a la vie aérée : c’est l’évolution vers le facultatisme. ‘Or, si on fait intervenir ici le sens conventionnel qu ‘il ‘est cou- è {ume de donner à toute évolution, sens qui va naturelle- :
ment du simple au ‘complexe, du primilif au diférencié,
de l'inférieur au supérieur, on.est obligé de convenir que
les êtres qui respirent l'oxygène libre, -— l'homme, les
‘animaux el les végétaux supérieurs, — sont plus diffé-
renciés que les végétaux inférieurs qui non seulement ne
respirent pas fanaérobies facultatifs) mais. sont tués par
l'oxvéène (anaérobies stricis). vor ) rs Nous sommes donc amenés logiquement, tout. en res-
tant sur le terrain de l'expérience :
JAN considérer les anaérobies stricts comime des, êtres inférieurs aux anaérobies facultatifs, ceux-Ci étant eUxmêmes inférieurs aux aérobies stricts. k
2° À envisager certains anaérobies facultatifs comme
d'anciens anaérobies stricts différenciés par évolution. Nous ne nions pas, à priori, la possibilité pour un aérobie de devenir anaérobie strict, mais dans ces cas, nous
considérerions le fait comme une régression, analogue
aux régressions multiples et parfaitement étudiées qui existent chez les animaux et les végétaux supérieurs. Aussi devons-nous considérer Str. evolutus comme la
forme de transition entre les streptocoques anaérobies.
stricts pyogènes (Str. micros, Str. intermedius) et les
Streptocoques pyogènes facultatifs.
ee \ MR Quant aux Ed cisE anaérobie de prédilection Ù Spontanés, dont plusieurs types ont été décrits, en particulier le streptocoque de. Sternberg, et la, souche « K° » de Gräf et Witineben, ce sont à proprement parler des streptocoques facultatifs. Nous avons trouvé une souche ‘Lemn) semblant répondre à la description de Str. Spu-- : tigenus. C'est un gros streptocoque de 1 y, 4 à Man 6 irès polymorphe, Gram positif, à colonies lenticulaires, : poussant en mie de pain, ne liquéfant pas la gélatine, ne coagulant pas le lait, très saccharolytique. Il donne une fine. culture en gélose inclinée à l'air libre, et la prétendue zone ‘stérile en gélose Veillon est, au faible grossissement, remplie de colonies microscopiques. Nous avons également trouvé, sans les retenir, plusieurs streptocoques répondant au type « K »,:car ce sont de véritables facultatifs dont l'étude sort du cadre de ce travail.