Du vrai, du beau et du bien
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comme dans le langage de Vhistoire et de la diplomatie! Cependant, objectera-t-on, l’esthétique de la Renaissance et la fantaisie du dernier siécle sont tout autres qu’a l’époque dont vous parlez. Sans doute, mais il est aisé de répondre que ame d’une nation comme celle dun individu passe par des états différents, sans pour cela perdre ses caractéres essentiels, que Vidée de transformation n’entraine pas fatalement celle de mobilité inconsidérée, et qu’elle apparait plut6t comme Pune des conséquences de l’activité intellectuelle, plus intense, on le reconnaitra sans peine, chez tous ies peuples placés en téte de la civilisation. Qui nous dénierait le droit d’appartenir a ce groupe?
L’action de N. Poussin sur les peintres contemporains est réelle, mais latente, et perceptible seulement pour des yeux un peu exercés, attendu qu’elle porte sur Pune des parties les plus délicates de l'art, la composition, Pendant son séjour 4 Paris, de la fin de 1640 a septembre 1642, il se plaignait, dans ses lettres, de la nature de plusieurs travaux auxquels l’assujettissait son — titre récent de premier peintre ordinaire du roi, Quelque humeur quwils lui inspirassent, ces cartons de tapisse= rie, ces grisailles, ces dessins pour les éditions de l’imprimerie royale n’étaient pas moins traités avec toute la probité d’un grand artiste, et devenaient autant de salutaires exemples de la noblesse de style qui se peut déployer dans des ceuvres de second ordre. Le frontispice de ’ Horace n’est pas indigne des Bergers d’Arcadie. Et lorsque, pris de la nostalgie de Rome plus encore qu’écceuré des manceuvres de l’envie, iJ se retira pour toujours dans sa petite maison du Pincio, Poussin
LOUIS XIil, jir ne se désintéressa jamais des choses de la France. Tout en témoigne: sa sollicitude pour Ch. Le Brun, emmené par lui en Italie 4 la requéte du chancelier Séguier, et dont il fut le conseiller tout le temps que le jeune artiste demeura prés de lui; sa fréquente correspondance avec son ami le peintre lyonnais Stella, avec M. de Chantelou; ses rapports avec nos ambassadeurs prés du Saint- Siége, le duc de Créqui, M. de Mauroi; les dessins dont il orna la traduction francaise du traité de Léonard de Vinci sur la peinture; son intervention dans les achats d’antiques pour le compte de la couronne, notamment du Germanicus, I] fit plus 4 lui seul pour la véritable connaissance de l’antiquité que n’avaient fait le zéle de Francois I et les travaux d’érudition de beaucoup de savants hommes, et cela en rendant son esprit en quelque sorte tangible et saisissable dans ces Bacchanales qui, a certains endroits, par une intuition du génie, semblent dues au pinceau des décorateurs de Pompéi et d’Herculanum, et dans ces admirables paysages ou se déroulent, avecune ampleur et une sérénité auxquelles, depuis, personne n’a su atteindre, le cours du Tibre, les belles fabriques et les lignes onduleuses de la campagne romaine.
Le Sueur ne quitta jamais la France, cependant ses peintures ont la blonde couleur et la suavité des fresques italiennes. De son temps, celles de Fontainebleau devaient étre encore entiéres; les étudia-t-il? Rien, dans son style, ne le laisse supposer, et s’il pouvait en recevoir quelques lecons d’harmonie, ce n’est certes pas au contact des maniéristes du xvie siécle, pas plus que dans Patelier de Vouet, que dut se développer cette pureté
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de sentiment que reflétent toutes ses ceuvres. Sans vouloir le comparer A V’artiste incomparable, au plus grand des peintres, il a avec Raphaél quelques similitudes : une bien courte existence, et cependant féconde; le don de traiter, avec un égal succés, les scenes religieuses et les sujets profanes ; l’entente de la figure humaine associée a des ornements, en un mot, de la décoration. Crest méme par cette derniére faculté, plus que par ses qualités intransmissibles de grace naive et d’expression de la beauté intérieure, que se signale son influence dans l’école francaise du xvu® siécle. Malheureusement, c’est aussi celle dont il nous reste le moins de témoignages matériels; bien mieux que le temps, les hommes se sont chargés de les faire disparaitre. Si le charmant cabinet de bain de Vhétel Lambert est encore intact, celui de Amour a été dispersé. De la chambre de Mm de Thorigny, appelée aussi chambre des Muses, « une de celles qu’on appelle chambres a Vitalienne, parce que la beauté de la menuiserie et la richesse des lambris y tiennent lieu de tapisseries* », nous avons au Louvre les cing panneaux des Muses et le plafond; mais pour restituer ensemble décoratif de ces appartements, il faut recourir aux planches gravées en partie par Bernard Picart vers 1710, rééditées, en 1740, par Gaspard Duchange.
Comme intensité d’émotion religieuse, certains tableaux de Le Sueur ont des égaux dans les écoles étrangéres, mais n’ont pas de supérieurs. Nous citerons: PApparition de sainte Scolastique a saint Benoit