CONSULAT ET EMPIRE
Rome est toujours le modéle que se proposent les artistes. Aux symboles égalitaires et du régne de la loi succédent, avec la prise du pouvoir par un général
vainqueur, les attributs guerriers et les images de la q ) 8
Victoire; peu aprés, l’aigle des légions et des apothéoses césariennes. L’art ne s’inspire plus seulement de ]’antiquité pour les monuments publics, il la copie presque servilement. Malgré quelques variantes et le soin apporté a leur exécution, la colonne de la Grande-Armée, Parc de triomphe du Carrousel ne sont toujours que des pastiches. Le fait est d’autant plus facheux que dans ces ceuvres dépourvues de toute originalité se montre pourtant ie savoir de leurs auteurs, Percier et Fontaine.
L’ameublement n’avait offert, sous Louis XV, que des angles arrondis et des formes onduleuses; durant le régne de Louis XVI, des lignes droites marquees deja, méme avant les premiéres imitations de l’antique, d’une certaine froideur, tempérée cependant par la tonalité douce des étoffes et par quelques ornements finement sculptés, pilastres, quatre-feuilles et culots de feuillage. A dater de la Révolution, les différentes piéces du mo-
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LES STYLES FRANGAIS, 377
bilier affectent de plus en plus un caractére de rigidité. Sous le Consulat, on achéve derépudier la grace dusiécle qui vient definir; la réforme est compléte. Un moment, elle regoit le contre-coup de Pexpédition d’Egypte : sphinx de bronze, tétes d’Isis se mélent surl’acajou massif
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FIG. 99. — Pot a oille exécuté sur les dessins bev de Percier et Fontaine pour l’impératrice Joséphine.
aux palmettes et aux trophées belliqueux; les tentures, le drap ou le maroquin des chaises et des sophas sont bordés de grecques. Cela est sec, prétentieux et triste.