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Fig. 7. — Fragment de cuirasse gauloise.
piéce ot il est au moins fort curieux de rencontrer la fleur de lis de la troisiéme race parfaitement indiquée, sans son arrachure (fig. 6). Hatons-nous de dire qu’il n’est pas question un seul instant de faire remonter jusque-la Vorigine de cette figure héral-
dique. Les premiers perfectionnements de l’industrie des Celtes furent donc favorisés par les échanges avec
les colonies grecques, et peut-étre en raison de cer-
Commetousl j,~ ples du monde, l’en- a fance de notre natior a subi la nécessité de exemple; comme eux, il lui était impossible de dégager son originalité des langes de imitation avant l’age de ladolescence.
A défaut de beauté propre et personnelle, le peu d’objets gaulois rassemblés dans nos collections se distinguent par une sobriété qui est le commencement et la régle de toute véritable élégance; ajoutons que cette qualité déja considérable est bien rare chez les peuples barbares.
IExhume-t-on quelque fragment d’ar-
Fiz. 8. — Fragments tirésdu muséé = mure tel que le plas- i de Saint-Ger nain. a : tron publié dans la.
Revue archéologique, avec la simple alternance de stries
croisées, de points en “en creux, l’ouvrier a su son travail un aspect e(fig.7). La méme remarque ; que a ces rondelles de métal * aux ajourages heureusement dis-
~~ posés (fig. 8), et a ces vases sans --prétention a Vart, mais dont le galbe bien arrété, le décor tranquille et disposé au bon endroit n’ont rien de bizarre et qui choque
Fig. 10. — Vase gaulois.
(Musée de S'-Germain.)
Fig. 9. — Vase gaulois.
(Musée de St-Germain.)
le goat (fig. 9 et 10).
La bizarrerie apparaitrait surtout dans les productions mixtes des temps qui ont suivi la conquéte, quand la Gaule enfin soumise, sinon civilisée a la romaine, emprunte, pour traduire sur la pierre ses mythes religieux, la main de grossiers artisans venus a la suite des armées. C’est le cas de rappeler les rudes bas-reliefs de ]’autel des mariniers pari-
-siens que nous avons cité en passant; mais la, rien de
18s, LES STYLES FRANGAIS.
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Fig. 11. — Le dieu Taranis, statuette gallo-romaine.
(D’aprés le Musée archéologique.)
gaulois que les attributs du culte indigéne appliqués a
des conceptions toutes latines. Pius tard, ces symboles seront revétus de formes meilleures.
Si Rome poussait Phos-
tilité jusqu’a la persécu-
tion contre Didéal religieux de nationalités vaincues quand il entretenait leurs réves d’indépendance, il était de sa politique d’ouvrirson Panthéon ases divinités devenues inoffensives, et de préter, au besoin, Vaide de ses artistes ala représentation de leurs obscures théogonies (fig. 11). La statuette du dieu Taranis, le Dis Pater ou Pluton des Latins, doit étre de ce moment. Alors, le vaste
. pays des anciens Celtes,
Gaéls et Kimris n’est plus qu’une fraction de Empire, ot les municipes rivalisent de luxe avec les plus riches cités
taliotes, et montrent le méme entassement prodigieux de
temples, de théatres, de thermes et de tombeaux, tandis que les plaines et les collines se sillonnent d’immenses aqueducs et des portiques de nombreuses ville. Décrire ce qui nous est parvenu de ces monuments, analyser le. style de ’époque gallo-romaine serait empiéter sur Vhistoire de l’art antique, et notre tache se borne 4 recueillir les seuls indices du génie national. Comment se serait-il affirmé dans cette phase si brillante de la civilisation gréco-romaine? I] ne pouvait qu’étre absorbé par elle, partager sa fortune et suivre, d’un pas docile, les sentiers qui descendent des hauts sommets vers une décadence fatale. Pendant les premiers siécles de notre ére, l’art de la Gaule ne fut, en réalité, que l’art de Rome devenue la mére patrie de tout esprit cultivé.
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La transformation des diverses parties de la Gaule, bien que compléte en ce qui regarde l'état politique et les mceurs, ne s’opéra pas, sous le rapport de l’art, avec un égal succés. Autour du bassin méditerranéen, chez les peuplades du Midi, la civilisation latine avait trouvé, grace aux colonies grecques, un milieu tout préparé, en méme temps que des similitudes de climat et de tempérament favorables 4 son expansion. Les Romains prisaient fort la Provence qui leur doit son nom et tout le pays qui s’étend des Alpes aux Pyrénées; ces contrées soumises avant César formaient la province par excel-, lenee, et comprenaient plusieurs centres, Aix, Nar-
LES STYLES FRANQGAIS.
bonne, Arles, Nimes, Orange, Vienne, dont il est superflu de vanter l’importance artistique dés les premiers temps de l’Empire. Mais il semble que les lecons de ce méme art perdissent de leur chaleur et de leur pureté 4 mesure qu’elles s’éloignaient davantage du foyer intellectuel ou elles avaient été méditées et de 1a transmises 4 tout univers.
Au nord comme au midi, les conséquences de la conquéte s’étaient promptement fait sentir. Nous l’avons déja indiqué: forums, prétoires, sanctuaires, basiliques, bains, amphithéatres avaient changé l’aspect des villes et les habitudes de la population. Aussi, vers le | m° siécle, sous les Antonins, par suite de l’air de grandeur et de force que respire toute création romaine, on pouvait appliquer ala Gaule entiére le mot de Pline parlant de l’ancienne Narbonnaise: « C’est une autre Italie plutét qu’une province! », 4 la condition toutefois de le prendre dans son acception générale et superficielle. Au-dessus de Lyon, linfériorité relative des monuments n’est pas douteuse. Aucun édifice ne saurait rivaliser avec les grandes arénes du Midi, le temple de Nimes et le théatre d’Orange; ceux-ci sont vraiment dignes de la métropole. I] en va pareillement de la sculpture : nul équivalent au jeune satyre de Vienne, a la statue d’Auguste et a la fameuse Vénus d’Arles. A part quelques mosaiques, les morceaux antiques de véritable valeur se réduisent a des bronzes tels que la téte de Cybéle découverte a Paris et la trouvaille de Chalon-sur-Saéne, ou bien a des figurines et vases d’argent comme le trésor