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En résumé, le taux de la concentration des antithyroïdiens dans les différents viscères et tissus dépend de la nature de ceux-ci; il peut, en outre, être modifié par l’administration concomitante de substances diverses.
Les antithyroïdiens sont-ils des produits fragiles, sont-ils facilement dégradés par l'organisme ?
Le fait de ne pas trouver plus de 20 % de Thiouracil dans le système digestif, un quart d'heure après son administration, doit-il être attribué uniquement à sa grande diffusibilité ou bien doit-on admettre qu’il est en partie détruit à son contact ? On a tenté de connaître la vérité en mettant en présence, in vitro, des substances antithyroïdiennes et le contenu de différents segments du tube digestif; il s’est avéré que le contenu gastrique, duodénal et jéjunal pouvait les détruire. Le contenu du gros intestin, par contre, n'avait aucune action.
La flore intestinale est en partie responsable de cette destruction. In vitro, le staphylocoque doré et le streptocoque hémolytique dégradent respectivement 35 à 50 % de Thiouracil. Le colibacille est sans action.
Toutefois, la dégradation des produits antithyroïdiens peut se poursuivre ailleurs que dans le tractus digestif, et il semble que la plupart des tissus spécifiques (rénal, surrénalien, pancréatique, hépatique, hypophysaire, thyroïdien et musculaire) soient capables d'opérer sa destruction. ;
L’urine est la principale voie d’élimination. Dans l'urine d’un sujet normal qui a absorbé à jeun une dose de 0,10 à 0,20 gr. de Thiouracil, on constate la présence de ce produit en petite quantité une demiheure après l’ingestion.
L’excrétion urinaire maxima a lieu au cours de la deuxième heure, elle décroît progressivement en 12
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à 24 heures. Si l'administration a lieu par voie endoveineuse, on peut voir apparaître, en moins de 30 minutes, des quantités appréciables de Thiouracil dans l’urine; mais, par contre, l’excrétion urinaire persiste plus longtemps que dans le cas de l'administration buccale.
Comme il était logique de s’y attendre, on a vu la quantité d’antithyroïdiens apparaissant dans les urines varier selon l'importance et la fréquence de l’administration. La sécrétion lactée constitue, nous l’avons vu, une autre voie d'élimination.
Dans les selles, on n’a jamais trouvé trace de ces substances.
Telles sont les principales connaissances que nous ont apporté les travaux américains et français sur la destinée des antithyroïdiens dans l’organisme.
D'autres travaux sont en cours sur l'influence qu'ils exercent sur le métabolisme du soufre, sur leur comportement au niveau du rein. (Il semble, à cet égard, que la Thiourée donne lieu à une filtration et une réabsorption identiques à celles de l’urée).
Au sujet de leur métabolisme, bien des faits restent encore, à étudier, des points à élucider; mais en vue de l’utilisation pratique, il semble que l'essentiel soit connu, c’est-à-dire la vitesse d'absorption, la répartition et la concentration dans les humeurs, la rapidité et les voies d’élimination. #
Leur mécanisme d'action
Le mécanisme par lequel agissent les produits antithyroïdiens est élucidé en partie seulement; les travaux entrepris dans ce but permettront peut-être, en outre, de préciser certains points encore obscurs du fonctionnement de la thyroïde, de préciser ses rapports avec l'hypophyse et peut-être d'apporter des lumières nouvelles sur le comportement de l’iode à son niveau.
De nombreux chercheurs américains et, en particulier, E.-B. ASTwOOD et les MACKENZIE, se sont intéressés à cette question. Nous allons essayer de résumer leurs travaux et leurs conclusions.