I. — ROLE DE L'HYPOPHYSE
En l'absence de l’hypophyse, les substances antithyroïdiennes sont incapables de provoquer l’hyperplasie thyroïdienne; en effet, l’aspect macro et microscopique de la thyroïde est identique chez deux lots de rats hypophysectomisés, dont un lot seulement a été traité par les produits antithyroïdiens.
On peut donc conclure que ces substances ne produisent pas l’hyperplasie par action directe, mais par l'intermédiaire de l’hypophyse. Cette glande, sous l’action des antithyroïdiens, accroît son activité thyréotrope, exactement de la même manière que par l’abla-
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tion chirurgicale de la thyroïde. Dans ce dernier cas, 6 mois après l'intervention, l’activité thyréotrope du sang et de l’hypophyse des rats opérés est fortement augmentée.
Comment, expliquer le fait que l’hyperplasie thyroïdienne, traduisant un hyperfonctionnement apparent de la glande par stimulation de l’hypophyse sous l’action des agents antithyroïdiens, n’entraîne pas une augmentation de la valeur du métabolisme basal et des signes cliniques d’hyperthyroïdie ?
I1 faut admettre que la thyroïde fonctionne « à vide », c’est-à-dire qu’elle n’élabore plus de thyroxine.
Toutefois, si ces produits sont capables de s’opposer à l'élaboration de la thyroxine par la glande, ils ne peuvent neutraliser son action ou la détruire lorsqu’elle pré-existe dans l’économie. C’est ce que prouve l’expérience.
L'administration de Sulfaguanidine à des rats ne s'oppose pas à l’action calorigène ni aux effets toxiques qu’entraîne l'injection de thyroxine. Lorsque l’administration de ces deux produits a lieu simultanément, l’hyperplasie ne se développe pas. Bien plus, la métamorphose de têtards amorcée par l’hormone thyréotrope peut être inhibée par le Thiouracil, mais la transformation amorcée par la Thyroxine suit son cours et n’est nullement influencée par le Thiouracil.
Cet ensemble d'expériences démontre, d’une part, que l’état hypothyroïdien qu’entraînent les substances antithyroïdiennes n’est pas dû à une inhibition de l’action de la Thyroxine ni à sa destruction, mais bien à un arrêt, à un blocage de sa synthèse;
— d'autre part, que la disparition progressive de l'hormone disponible entraîne une activation du lobe antérieur de l’hypophyse, l'élaboration consécutive de l'hormone thyréotrope produisant une hyperplasie inefficace o la thyroïde.