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IV. — L’'AMINOTHIAZOL ET LA CHIRURGIE DANS LES THYRÉOTOXICOSES

Les substances antithyroïdiennes de synthèse, en. général, et l’Aminothiazol plus particulièrement, sont appelées à modifier, dans une certaine mesure, l’attitude adoptée par les chirurgiens en face des thyréotoxicoses.

Il est permis désormais d’escompter une diminution notable des indications de la thyroïdectomie subtotale.

Les facteurs permettant de discriminer les cas d’hy- -perthyroïdie justiciables de l'intervention chirurgicale de ceux réservés à l’Aminothiazolthérapie sont les suivants :

1° — Si la thyroïde entraîne des troubles du fait même de son hypertrophie ou de sa situation, il ne faut pas espérer, bien que l’état vasculaire soit nettement amélioré, obtenir la disparition des troubles de compression par l'administration de 2.921 KR. P. Dans ce cas, l'intervention s'impose.

2° — Devant une hyperthyroïdie grave qui menace de se compliquer, si après un traitement de quatre à six semaines par l’Aminothiazol, on ne constate aucune amélioration, la thyroïdectomie est indiquée. Ces cas

d’hyperthyroïdie absolument réfractaires à l’Aminothiazol sont d’ailleurs très rares.

Pratiquement, tous les autres cas doivent être traités par les composés antithyroïdiens.

Sachant, d’une part, que l’Aminothiazol agit dans un grand nombre d’hyperthyroïdies complètement réfractaires à l’action de l’iode et que, d’autre part, il entraîne une amélioration beaucoup plus importante que celle obtenue par le traitement classique, il est clair que les. cas où la chirurgie trouvera son indication, vont devenir moins fréquents.

Outre les deux indications impérieuses précisées plus haut, on a invoqué en faveur de l'intervention chirurgicale deux autres arguments

1° — Quelques auteurs se sont demandés si devant les accidents dus à ces substances, il n’était pas préférable de pratiquer une cure chirurgicale dans les cas où le choix entre les deux méthodes était encore possible.

Que faut-il penser de cet argument ?

En dépit de ses dangers, il semble bien que le traitement par les antithyroïdiens doive être appliqué de préférence à l’acte opératoire. En effet, la mortalité de la thyroïdectomie varie entre 0,5 et 2 :%, alors que celle due au Thiouracil est de 1 % (celle due à l’Aminothiazol est vraisemblablement beaucoup plus faible encore).

2°. — HINTON et LORD pensent que tous les goitres nodulaires devraient être enlevés chirurgicalement, étant donné la fréquence de leur transformation épithéliomateuse.

Allant plus loin, BRODERS et PARKHILL estiment que l’hyperplasie cellulaire provoquée par les substances antithyroïdiennes pourraient même favoriser cette transformation maligne. L’avenir dira dans quelle mesure ces craintes sont fondées.

D’après M. PERRAULT, l’Aminothiazol constitue, dans les cas où l'intervention reste indiquée, un traitement pré-opératoire excellent et nettement supérieur à l’iodothérapie.

De ce fait, le malade étant dans de bonnes conditions, le résultat immédiat post-opératoire est meilleur; on peut espérer éviter ainsi les accidents aigus que l’on observe parfois après thyroïdectomie subtotale.

L'auteur recommande cependant de pratiquer l’intervention un mois environ après le début tu traitement; plus tôt, en effet, la glande est en plein remaniement histologique, ce qui peut ne pas être sans inconvénient.

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