QUI S'OPPOSE A SA NOMINATION ET LE CONSEIL DE GENÈVE
La sentence du 2 février avait été presque une victoire. Foigny sortait de Morges la tête haute et voyait s'ouvrir toutes grandes devant lui les portes de Genève. Le Conseil de cette ville, obligé de céder, lui refuse cependant — satisfaction platonique — de se prévaloir des lettres d'habitation de 1666 MJn mois après Foisrnv assiste à la venue au monde de son troisième enfant, un garçon-; les deux premiers : un fils et une fille, étaient nés à Lausanne et à Morges.
Entre temps apprenant la vacance de la charge de chantre du Temple de Saint-Pierre^, il la sollicite. Les émoluments, plutôt modestes, le tentaient moins que le vernis de respectabilité dont elle auréolait son titulaire. Cependant il est absent de la liste des candidats; seuls Burnat, chantre à Saint-Gervais (il faisait l'intérim de Saint-Pierre), Brusier et Pela sont appelés pour être examinés au double point de vue de la connaissance de la musique et du chant par la commission de la Vénérable Compagnie : le Modérateur et MM. Turretln, Sartoris et Calendrin*. Grâce à l'intervention du Syndic de Genève, Foigny est admis à concourir, il échoue. On lui trouve de la voix, mais, ainsi qu'à Brusier, une pratique insuffisante de la musique; Pela n'a pas de voix; Burnat, au contraire, a toutes les qualités requises. Au moment où le chantre de Saint- Gervais va recueillir l'unanimité des suffrages bien qu'il eût déclaré se refuser à concurrencer Brusier et Pela, le Syndic de Genève informe la Vénérable Compagnie que Foigny chantera le 9 mars à Saint-Pierre. C'était là un véritable coup de force. La riposte est immédiate. Le modérateur Sarrazin objectera au Syndic, en produisant des pièces estimées probantes et fournies par l'intéressé luimême, soit une lettre de M. Stiirler de Berne, une autre de M. Forel, de Morges, et deux attestations : la première de M. d'Aulanna, châtelain au dit Morges, et la seconde de M. Papau, ministre à Au-