Vénérable Compagnie, M., vendredi 6 février
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Portrait de Marc de Roset, en tôle de La Facilité el lElégance des lanr/uos latine et française, Lyon, 1674.
qu'au lendemain de la publication de son livre, ses arguments, oraisons et prières vont provoquer des poursuites contre leur auteur. Des protestations s'élèvent de toutes parts. Informés, le Recteur et le précédent Modérateur se rendent, l'un chez Foig-ny, l'autre chez Gamonet l'imprimeur^ qui donnent à chacun d'eux un exemplaire des dits psaumes sur le titre desquels on lit : Imprimé à Charenton chez-... et ceux-ci les apportent à la Vénérable Compagnie', estimant que cet ouvrage ne mérite pas d'être mis en lumière, non seulement à cause des impertinences relevées dans les arguments et dans les prières suivant chaque psaume, mais encore parce qu'il s'y rencontre des expressions dangereuses, sans compter l'omission de la liturgie, remplacée par un abrégé de la vie du chrétien. Enfin, chose non moins grave, Foigny se vante d'avoir agi « par l'autorité et sur le conseil de l'ancien syndic Dupan et du pasteur Mestrezat*». Ce dernier le nie. La Vénérable Compagnie, indignée de tant de duplicité et émue des critiques dont cette édition des Pseaumes est l'objet, envoie à dix heures Ph. Mestrezat à l'Hôtel de Ville avec mission d'en empêcher la mise en vente. Les Scolarques^ écoutent le Recteur seulement quelques instants : M. Dupan « reconnaît avoir approuvé ce livre sur le vu de quelques passages et déclare que les remarques de la Vénérable Compagnie devront être couchées par écrit. » Vers midi Ph. Mestrezat et le secrétaire demandent derechef à MM. les Scolarques d'user de leur autorité pour interdire ce livre et obtenir que les exemplaires soient déposés en sûreté jusqu'à ce que la Vénérable Compagnie en ait délibéré « puisqu'il s'agit d'un rituel concernant l'usage public de l'Eglise*».
Les Scolarques répondent affirmativement; ils font prêter serment à Foigny de n'en distribuer aucun exemplaire en attendant le jugement de la Vénérable Compagnie. L'ancien syndic Butiny" accepte d'aller chez l'auteur retirer tous les exemplaires sur lesquels il en prélèvera plusieurs destinés aux Scolarques et au Recteur*.
1. Les Gamonet étaient imprimeurs à Genève depuis 1612 [Ganlienr, Eludes sur la Typographie genevoise).
2. Cette mention semble indiquer que Foigny et son imprimeur avaient l'intention d'écouler en France une grande partie de cette édition.