‹ Les successeurs de Cyrano de BergeracChapitre 32 sur 111 · Vénérable Compagnie, M., vendredi 20 novembre · texte numérisé non relu

Vénérable Compagnie, M., vendredi 20 novembre

7. Gabriel Butiny, entré au Conseil en 1603, syndic en 1672, mort en 1683.

8. Vénérable Comp., M., vendredi 27 novembre, le recteur de l'Académie était alors Bénedict Calendrin.

La Vénérable Compagnie, bien et dûment éclairée, condamne le livre de Foig^ny, Ce jugement est signifié le 2 décembre aux Scolarques qui décident la comparution de Foigny le 3 en présence du modérateur Bénédict Galendrin et du secrétaire Amy Mestrezat*. A l'heure dite ces derniers relèvent les choses les plus condamnables de l'édition des Pseaumes de Marot ; mais notre libertin demande la communication écrite de leurs objections et terme et délai pour y répondre. Les délégués de la Vénérable Compagnie font observer que, sous cette forme, satisfaction lui est refusée, Foigny se rendra chez l'un d'eux qui lui fera cette communication de vive voix. Les Scolarques acceptent, Foigny ira donc trouver au plus tôt MM. Mestrezat et Gaudy -.

L'entrevue a lieu le jour même, Foigny essaie de se défendre, puis, subitement, tourne court, se bornant à « requérir » que ces Messieurs proposent à leurs confrères d'accepter un expédient quelconque, expédient qui atténuerait la perte qu'il subit du chef de l'édition des Pseaumes de Marot, et éviterait le scandale à craindre. Dès le lendemain la Vénérable Compagnie rejette l'expédient dont l'exécution, impraticable, « ne préviendrait ni ne supprimerait « le scandale » et persiste à réclamer l'interdiction de cet ouvrage. Le mardi suivant, B. Galendrin et A. Mestrezat, au nom de la Vénérable Compagnie, renouvellent leurs remontrances au Conseil de Genève'.

Le Conseil de Genève propose alors une délibération commune entre les Scolarques et les députés de la Vénérable Compagnie sur les mesures à prendre en vue de l'édification publique et dans le but d'indemniser Foigny, les arguments mis en tête de chaque psaume et les prières qui les suivent étant supprimés.

La Vénérable Compagnie ne s'arrête pas à ce projet transactionnel, elle charge son Modérateur d'aviser le premier Syndic qu'elle maintient son jugement sur les Pseaumes, mais si le Conseil de Genève persiste dans son désir d'une conférence, MM. Mestrezat, Gaudy et le Modérateur sV rendront avec mission de répéter qu'ils n'ont aucun avis à émettre au sujet de l'indemnité à allouer au sieur Foigny, lesdits Pseaumes se débitant malgré les précautions prises*.

La ténacité des pasteurs se heurte à la résistance non moins obstinée du Conseil de Genève. Les Scolarques répètent au recteur

1. Amy Mestrezat, dit Mestrezat le jeune, pasteur, professeur depuis 1658 à l'Académie de Genève.

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