Vénérable Compagnie, M., vendredi 11 décembre
Bénédict Galendriii et à Amy Mestrezat qu'il serait nécessaire — le temps se passant sans ag-ir — de conférer sur les moyens ou de contenter Foi^ny ou d'aviser comment on exécutera la décision de la Vénérable Compagnie et la résolution du Conseil. La Vénérable Compagnie l'ait la sourde oreille, ses délégués parleront aux Scolarques et les prieront de terminer cette affaire'.
Le conflit passe ainsi à l'état aigu. Le Recteur et le Secrétaire de la Vénérable Compagnie se rencontrent avec les Scolarques le samedi 8 janvier. M. Dupan, ancien syndic, réitère l'offre de Foigny : « la suppression des arguments et des prières en tête et à la fin de chaque psaume », et insiste sur la nécessité de l'expédient. La Vénérable Compagnie répond qu'ayant déjà délibéré sur « l'expédient », elle n'a nulle raison de changer d'avis, et, au cas où les Scolarques maintiendraient cette suggestion, ils ne sauraient trancher la question sans son assentiment. En tout cas, elle requiert à nouveau le dépôt << en sûreté » des exemplaires de cette édition des Pseaumes. Les Scolarques, après s'être expliqués entr'eux, répliquent f[u'ils ne peuvent rien faire avant la réunion du Conseil de Genève. La Vénérable Compagnie enverra, en conséquence, ses délégués représenter au dit Conseil les motifs qui Tobligent à demander la suppression de l'ouvrage de Foigny-.
Du 9 janvier au mois d'avril 1675 la situation est stationnaire. Vers le 20 seulement, dans l'intention d'en finir, le premier Syndic appelle devant lui et les autres Scolarques, le Recteur et les pasteurs de la Vénérable Compagnie pour examiner à nouveau si cette édition des Pseaumes, en changeant quelque cliose aux titres et aux prières, pourrait subsister. Le Recteur et les pasteurs se refusent à discuter à cause du grand nombre des « erreurs, impiétés et incongruités dont l'édition est remplie » et exigent sa condamnation. Le Conseil de Genève cède enfin, l'ouvrage sera supprimé, les exemplaires confisqués pour être remis en la bibliothèque publique^.
Si la ténacité est une qualité^ Foigny la possédait à un haut degré quand ses intérêts matériels étaient en jeu. A peine informé de la capitulation du Conseil de Genève dans lequel, nous le savons, il