‹ Les successeurs de Cyrano de BergeracChapitre 34 sur 111 · Vénérable Compagnie, M., vendredi 8 janvier · texte numérisé non relu

Vénérable Compagnie, M., vendredi 8 janvier

3. Conseil de Genève i7o. p. 19t, vendredi È'i avril 1075. Il ne faut pas s'illusionner sur cette dernière phrase, elle signifiait que les livres seraient détruits et détruits au point que ni la Bibliothèque de Genève ni le Consistoire ne possèdent un exemplaire de cette édition des Pseaumes.

32 LA VIE DE GABRIEL DE FOlGiNY

avait des intelligences notre libertin présente une nouvelle requête, répétition de la précédente, tendant à ce que l'on cherche encore, tant auprès des hoirs Gamonet qu'auprès de la Vénérable Compagnie, un moyen de l'indemniser de son édition des Pseaumes.

Voici la délibération du Conseil de Genève sur cette requête ;

Veuë sa requeste expositive que suivant le sentiment des speclables pasteurs assemblés par devant les seigneurs scholarques il auroit pieu au Conseil de condamner son édition des psaumes avec confiscation pour estre les exemplaires mis dans la bibliothèque publique, il se void constitué en une grande perte par les frais qu'il a fait, pour ladite impression qui l'oblige à recourir céans à ce qu'il nous plaise par un motif de compassion cherche!* selon la prudence du Conseil quelque expédient pour le dédommager aucunement contre les hoirs Gamonet qui a (sic) cette souffrance, ou autrement, veu que le but dudit de Foigny a esté d'édifier le public par cet ouvrage, a esté dit que ladite requeste sera monstrée auxdits hoirs Gamonet et cependant que l'on prendra occasion de parler auxdits spectables pasteurs pour voir si on les pourra disposer à chercher quelque expédient pour luy bénéficier de quelque chose *.

Le « moyen » était impossible à trouver, la Vénérable Compagnie demeurant irréductible ; la preuve en est que dans sa séance du vendredi 7 mai, elle se borne à demander au Conseil de Genève une copie du jugement supprimant le livre de Foigny^.

Le Syndic de Genève recevant le Recteur, au lieu de lui délivrer copie dudit jugement, répète que la Vénérable Compagnie devrait dédommager Foigny. La Vénérable Compagnie, quoique surprise de cette insistance inexplicable, continue simplement à réclamer l'exécution de l'arrêt du Conseil de Genève^.

Foigny reconnaissant son impuissance attaque trois mois après, comme il l'avait fait prévoir, les héritiers de Gamonet, son imprimeur, M. Dutil, orfèvre, tuteur du jeune Gamonet, en appelle, pour défendre les intérêts de son pupille, à la Vénérable Compagnie. Celle-ci, dans l'impossibilité légale d'intervenir, estime que quelque particulier (l'un de ses membres) pourrait en parler à nos Seigneurs de Genève*.

Enfin, le 20 août 1673, la Vénérable Compagnie obtient satisfaction, l'arrêt du Conseil de Genève supprimant le livre de Foigny

i. Conseil de Genève, 175, f. 198, mercredi 28 avril 1675.

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