‹ Les successeurs de Cyrano de BergeracChapitre 5 sur 111 · Action française du 31 octobre · texte numérisé non relu

Action française du 31 octobre

tomba aussi par toutes les parties de l'Europe infestées par Luther. La médiation entre Dieu et l'homme fut dépouillée du charme divin qui l'humanisait.

« Ces événements se passaient bien au-dessus des peuples et des rois entre terre et ciel. Gomme ils étaient très généraux, leur influence pénétrait avec une rapidité inouïe et la politique, ébranlée déjà à mille égards, fut, pour celte fois, bouleversée. Après la scission du monde surnaturel, les conséquences de 1517 opérèrent la scission de l'Europe. La République chrétienne périt. L'ordre des peuples et des trônes moralement subordonné au siège papal fut rompu d'une façon qui n'est pas encore réparée. Il n'y a pas beaucoup d'affaire comparable dans l'histoire du monde à cette revanche des barbares saxons que Bonii'ace et Gharlemagne avaient mal convertis. Ni la prise de la Bastille, ni l'informe Déclaration des Droits de l'Homme ne représentent une régression comparable à celle que décréta le moine Luther. Nous en voyons les conséquences se continuer sous nos yeux et, si un grand pays du centre européen combine aux perfectionnements de la science matérielle une anarchie spirituelle et morale sans précédent, même au fond du centre africain, il faut pour le comprendre remonter de stade en stade, par delà Fichte, par delà Kant, par delà Rousseau, jusqu'à leur principe avoué, à Luther et à sa pensée, père et mère de déchirements qui commencent à la guerre des Paysans et à la guerre de Trente ans, que les guerres de la Révolution et de l'Empire n'ont pu achever et que la pire de toutes, celle de 1914-191., développe... Il verra pis encore, si la réaction ne se fait pas par en haut et si l'esprit humain ne se ressaisit pas. »

On voit maintenant que Prosper Marchand se trouvait en bonne posture intellectuelle pour apprécier favorablement les utopies de Denis Veiras, à. l'époque où J.-J. Rousseau publiait son Discours sur l'inégalité des conditions. Le français, émigré en Hollande pour cause de religion, et le genevois étaient bien faits pour se comprendre, leur esprit avait été coulé dans le même moule.

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