AVIS AU LECTEUR
Je sçay bien que ceux r/ui veulent mesurer la Toute puissance avec les bornes de leurs imaginations, ne regarderont cette pièce que comme une fiction faite à plaisir, mais il n'est pas juste de flater leur vanité en épargnant des véritez qui doivent édifier toute l'Europe. Il ne faut avoir quune légère teinture de la raison, pour être persuadé que n'y ayant rien d'impossible en toute cette pièce, on est au moins obligé de suspendre son jugement sur ce qui est en effet. Au reste je me suis attaché à la suite du Discours de notre Autheur autant que sa phrase Va pu permettre, fen ay seulement détaché la pluspart des matières purement Philosophiques, afin de rendre son Histoire plus pure et plus divertissante. Ce nest pas que je prétende les refuser au public; mais je me suis imaginé que si fen faisais un traité particulier, on jugerait mieux des grandes lumières dont jouissent les Australiens par rapport aux ténèbres dont nos esprits sont enveloppez^.
a) Var. 1692 : La Préface de ir>92 qui est très courte, comme ou vient de s'en assurer, se termine de la sorte : « C'est donc à Sadcur, dont on va lire la relation, à qui ou aura toute l'obligation de la découverte de cette Terre. Et je ne doute point que bien des gens ne soient surpris de ce que le nom d'un homme à qui on est si redevable, est demeuré jusqu'à présent inconnu, aussi bien que le détail de ses découvertes. Mais cette surprise cessera sans doute lorsqu'on sçaura que les mémoires sur lesquels cette relation a été composée, ont toujours été enfermez dans le Cabinet d'un Grand Ministre, d'où on ne les a pu avoir qu'après sa mort. »