‹ Les successeurs de Cyrano de BergeracChapitre 64 sur 111 · PES SENTIMENTS DES AUSTRALIENS SUR CETTE VIE · texte numérisé non relu

PES SENTIMENTS DES AUSTRALIENS SUR CETTE VIE

Je dois remarquer trois choses sur les senlimenls des Australiens au regard de la vie'', la première pour la 4onner^, la deuxième /)of?r l^, cori' server''^ la troisième pour la finir.

J'ay déjà pai'lé de la façon dont les yjc/Z/s'^ viennent au monde, mais comme c'est l'une des principales matières de cette histoire, quon nadinireroit jamais assez, si on en pouvait savoir la vérité telle que je la dépeins^ je trouve à propos d'en diie encore quelque chose. Ils ont tant d'aversion d'ouïr parler de ces commencements, qu'un an ou environ après mon arrivée, en ayant entamé quelques discours en la compagnie de deux frères, ils se retirèrent de moy avec plus de signes d'horreur que si j'eusse conimis un'' crime. Un jour que je m'en découvris à mon vieux J^liilosophe, après m'avoir fait quelques censures sur ce sujet, il entra dans un long discours, et m'élalla plusieurs preuves pour m'obliger a croire que les enfants venoient dans leurs entrailles comme les fruits viennent sur les arbres*. Mais conmie il vit que toutes ses raisons ne faisoient aucune impression sur mon esprit, et que je ne pouvois m'empêcher de

il) Var. 1092 : présente. — h) en regarde le commencement. — c) la suite. — d) Australiens. — e) quelque grand.

i. <( Si vous exceptez rinnuence du péché, la doctrine d'Antoinette Bourignon et celle du philosophe australien se ressembleront comme deux j^outtes d'eau, Antoinette dit, en effet, « que le péché a défif^uré dans les liommcs l'œuvre de Dieu, et qu'au lieu d'hommes qu'ils devaienL cire, ils sont devenus des monstres dans la nature divisez en deux sexes imparfaits, impuissans à produire leurs semblables seuls, comme se produisent les arbres et les plantes, qui, en ce point, ont plus de perfection que les hommes ou les femmes, incapables de produire seuls, ains par conjonction d'un autre et avec douleur et misère. » .Te m'étonne, dit Ravie, qu'ils n'aient pas pris garde ni l'un ni l'autre que leur prétendue supériorité dos plantes sur l'homme, par rapport à la faculté d'engendrer, est une fausse supposition, car il est bien vrai que chaque plante produit sa graine, son fruit, sa semence, indépendamment d'une autre plante de différent sexe, mais il n'est pas vrai «(u'elle produise une autre plante en elle-même, et par elle-même. Qu'a-t-elle donc déplus que l'homme? Est-ce que l'homme ne produit pas en lui-même, et sans le concours de l'autre sexe, la semence virile qui est conmie la graine ou le noyau dans les plantes d'où sort un autre individu? Oui, dira-t'on, mais sans la conjonction avec l'autre sexe, cet antre individu ne sortira point de In semence virile. Rcnscz-vous, répliqueray-je, (jue la semence des j)lanles n'ait jjas besoin d'être reçue dans une matrice alinde devenir une plante? Ne faut-il pas qu'elle soit reçue dans la terre? N'est-ce pas une dé|)endance d autrui aussi grande, mais moins délectable (juc celle que vous trouvez de l'autre côté, vous, mademoiselle Rourijjuou, et vous, Jacques Sadeur? Il est certain que, selon leur hypothèse, l'état parfait de l'honmie ne serait point comme celui de la plante sur ce fait-lù; l'homme produirait en lui-même et I)ar sa seule vertu, non pas de quoi faire un antre homme dans un autre sujet, mais un autre homme. La plante ne fait point cela; elle fait en elle-même ce de quoi la terre fait sortir une autre plante {Dicl. hisl. cl crili(iuc).

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