‹ Les successeurs de Cyrano de BergeracChapitre 71 sur 111 · DE LA LANGUE AUSTRALIENNE ET DES ÉTUDES · texte numérisé non relu

DE LA LANGUE AUSTRALIENNE ET DES ÉTUDES

et bien qu'il nous semble que la distinction en soit assez difficile, l'habitude qu'ils en ont la leur rend très commu/ic*. Ils ont trente-six consonnes dont vingt-quatre sont très remarquables, ce sont de petits traits qui environnent les points, et qui signifient par la place qu'ils occupent, par exemple : eb, air clair; oc, eau chaude; ix, eau froide; ul, terre humide; al', feu sec; es, air blanc''... Il en est encore dix-huit ou dix-neuf, mais nous n'avons aucune consonne en l'Europe qui les puisse expliquer.

Tant plus on considérera cette façon d'écrire, tant plus on y trouvera de secrets à admirer : le B signifie clair; le C chaud; l'X froid ; L humide; F sec. ; S blanc; N noir; T vert; D désagréable; P doux; Q plaisant; R amer; M souhaitable; G mauvais; Z haut; H bas; I consonne, rouge; A joint avec I, paisible. Aussitôt qu'ils prononcent un mot, ils conuoissent la nature de ce qu'il signifie : comme dire une pomme douce et désirable, ils écrivent « Iprn », un fruit mauvais et désagréable Ird". Je ne puis expliquer ioUs les nulres secrets qu'ils comprennent et qu'ils expliquent dans leurs lettres K

Les verbes sont encore plus mystérieux que les noms; par exemple, ils écrivent et prononcent af. pour aimer; a siijnifie le feu, et f signifie la sécheresse que cause Vamour. Ils disent la pour signifier J'aime, marque l'humidité actuelle qui se rencontre dans l'amour; pa tu aymes, signe de la douceur de l'aymant; Lia, nous aimons; la multiplication Ll signifiant le nombre des personnes. Oz. signifie parler ; la lettre 0 marque le sel dont nos discours doivent être assaisonnez ; z. signifie l'élévation et la compression des poulmons qui sont requises pour former des paroles.

Quand on enseigne un enfant on hiy explique la signification de tous les éléments, et quand il les joint ensemble, il apprend à même temps l'essence et la nature de toutes les choses qu'il profère. Ce qui est un avantage merveilleux tant pour les particuliers que pour le public, puisqu'aussitôt qu'ils savent lire, ce qui se fait régulièrement en trois ans, ils com- ])rennent en même temps tout ce qui convient à tous les Etres. Ils savent lire parfaitement en l'âge de dix ans, et ils connoisseiiL tout ce qui est des subtilitez de leurs lettres en quatorze; ils savent toutes les difficultez de la Philosophie en l'âge de vingt ans, Depuis ce temps jusques à vingtcinq ans ils s'appliquent à la contemplation des Astres, et ils donnent trois parties à cette Ktude; la première est de la révolution des Astres qui comprend leurs années; la seconde de leur distinction; la troisième de leurs qualitez avec des raisonnements qui sont tout autres que ceux que nous avons en Europe sur cette matière. Mais comme c'est un sujet purement philosophique, ce n'est ny le lieu ny le temps de le particulariser^^

a) Var. 1092 : aisée. — b) et ainsi des autres. — c) Izd et ainsi du reste. — rf) d'ea parler plus en détail.

1. L'édition orif^inalc indique ici d'autres signes baroques correspondant aux lettres. Nous n'avons pu les reproduire; ils ont été d'ailleurs — pour le même motif — supprimés dans les éditions postérieures.

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