‹ Les successeurs de Cyrano de BergeracChapitre 78 sur 111 · DENIS VEIRAS (D'ALAIS EN LANGUEDOC · texte numérisé non relu

DENIS VEIRAS (D'ALAIS EN LANGUEDOC

M. Georg-es Ascoli, maître de conférences à la Faculté des Lettres de Lille, a publié dans les Mélanges Lanson : Quelques notes biographiques sur Denis Veiras, d'Alais. Le résumé que nous en donnons ci-après n'en présente qu'une idée imparfaite; il sera nécessaire de recourir au texte original pour apprécier avec quelle sagacité et avec quelle méthode M. Ascoli a établi la biographie de Veiras.

La source de cette biographie (en dehors de son auto-biographie*) est tout entière dans un article de G. Tomasius, utilisé par Prosper Marchand et inséré dans le journal littéraire (novembre 1689) publié à Halle Freymûthige Vernunft und Geotzinassige Gedanken ûber allerhand fûrnemlich aher neiie Bûcher, diich aile zwôlf menai des 1689 Jahrs, etc. (réuni sous la date de 1690). Cette « notice contemporaine » est précieuse, dit M, Ascoli, bien que rien n'en authentique les affirmations, car elle semble provenir d'un homme qui a connu personnellement Veiras, sans doute de quelque réfugié français en Allemagne.

Veiras est né à Alais en Languedoc, entre 1635 et 1638, d'une famille protestante. Ses études terminées, ses parents le destinent à la robe. A la suite d'une rixe avec un voisin catholique, son père (ministre évangélique ?) léloigne et s'exile momentanément lui-même. Denis Veiras s'engage à quinze ou seize ans dans l'armée royale, sert deux ans en Piémont, passe un congé à Alais et rejoint l'armée de Catalogne. A vingt ans, de retour dans son pays natal pour y recueillir la succession paternelle, il étudie le droit, est reçu docteur, probablement à Montpellier, et se fait inscrire comme avocat, sans doute, au Parlement de Toulouse. On ne sait pour quelle cause, (est-ce dégoût de la chicane ? est-ce la mort de sa mère ?) Veiras abandonne le barreau et parcourt la France, après avoir aliéné les biens paternels et maternels, sauf une petite terre qu'il possédait à Saint- Quentin près d'Uzès, Il s'arrête deux années à Paris et traverse la Manche, se rendant à Londres (1665). A sa connaissance du grec et du latin, il ajoute celle de l'anglais. En 1672 il est en Hollande, non comme officier de l'armée française, mais comme plénipotentiaire attaché à Buckinghaui et à Arlington qui, avec Halifax, allaient négocier à La Haye.

Ce poste diplomatique prouve que Veiras avait réussi à se faire apprécier dans la société anglaise qui gravitait autour des ministres de « la Ca-

i. Voir p. VIII.

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