‹ Les successeurs de Cyrano de BergeracChapitre 81 sur 111 · NOTICE SUR DENIS VEIRAS · texte numérisé non relu

NOTICE SUR DENIS VEIRAS

Enfin le 29 octobre 1680, un horloger anglais, du quartier St-Sulpice, obtenait de lui que, devant deux notaires, il fit une déposition officielle et signée où il reconnaissait :

« ...que ledit sieur Colonel Scott lui fît voir une carte marine qu'il avait faite du Canal entre la France et l'Angleterre dans laquelle étaient marqués les ports et les rades des royaumes de France et d'Angleterre, et, de plus déclare ledit sieur d'AUais, qu'il a entendu dire au Colonel Scott plusieurs choses contre le Roi et le Royaume d'Angleterre... ce que ledit sieur d" Allais offre d'affirmer par devant tous juges, en tel lieu que ce puisse estre^ »

La pièce fut envoyée à Pepys qui remercia Veiras par une lettre qui en demandait plus encore, en faisant de belles promesses, et d'habiles compliments ;

« Je jugerais bien mal de ma part, écrivait-il, de recevoir un si grand service de qui que ce fût sans le reconnaître, et par suite je prens la liberté de vous répondre que, comme mon affaire ne réclame d'autre secours que celui de la vérité, pour ce que vous m'avez communiqué d'une façon si inattendue pour m'y aider, et pour les services, en faveur de la justice que vous voudrez bien encore me rendre à ce propos, vous n'aurez pas à vous repentir de ce que vous m'aurez accordé. »

Il terminait en demandant un rapport détaillé en anglais, puisque Veiras « possédait cette langue aussi bierr que la sienne propre^ >>.

Le 30 novembre, Veiras répondait par une longue lettre où, se fondant sur l'amour de la justice et son désir de servir un honnête homme dans la peine, il accusait formellement Scott d'avoir dans les Provinces-Unies reçu de l'argent pour lever un régiment, et de l'avoir gardé pour lui, et aussi de s'être livré à des travaux d'espionnage entre les deux pays de France et d'Angleterre ^ Veiras oubliait qu'il avait autrefois collaboré, comme traducteur, à ces travaux de Scott, et qu'ils ne lui avaient sans doute pas paru alors aussi condamnables.

Je ne sais combien la déposition de Veiras lui fut payée; j'aime à cx'oire qu'elle était véridique, et que s'il se décida à accuser un homme de qui il avait reçu de bons procédés et de l'argent, ce ne fut pas pour vendre contre lui des mensonges. J'imagine d'ailleurs qu'il oublia de rendre à Scott ce que celui-ci lui avait précédemment prêté. »

1. Ms. Rawlinson. A, 188, f. 260. — 2. Copie de cette lettre du 31 octobre (vieux style) se trouve dans le Ms. Raw^linson A iôi, p. 221 (en anglais). — 3, Ms. Rawlinson, A 188, f. 262, 263 en anglais.

HISTOIRE DES SÉVARAMBES

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