DISSERTATION SUR L KXISTKKCE DE DIEU
deux exlrèmeSj 4, 13, ou que les disposant de manière que la raison du premier au second soit comme celle du troisième au quatrième, par exemple, 9 à 3, comme 15 à 5, le produit du premier et du dernier 45 sera toujours égal à celui du second et du troisième, et ainsi des autres, et que ce sont ces progressions ou proportions Arithmétiques, Géométriques, etc., qui sont les principes des Mathématiques, et qui influent dans toutes les autres sciences; cela est évident, je vous l'ai apris auti'efois, c'est un sujet sur lequel il n'est pas besoin que je m'étende. Mais, direz-vous, n'aiant aucune teinture de la matière et sachant, de science certaine, que vous êtes une chose qui pense, n'est-il pas évident que vous avez une idée claire de votre âme préierablement à tout ce qui a été tiré du néant? Je vous en fais juge vous-même, cependant je n'en resterai pas là : il est toujours sûr que cette méthode est beaucoup plus satisfaisante que celle de M. des Cartes, car au lieu que je pose pour fondement de ma démonstration des prémisses qui ont au moins de la vrai-semblance, en ce qu'encore que nous ignorions positivement l'état d'un Homme qui naîtroit sans l'usage des sens, nous savons certainement que nous ne nous faisons point d'illusion, et ne prétendons en imposer à personne, au lieu qu'on peut douter de la justesse du raisonnement de ce Philosophe, qui révoque en doute des véritez évidentes par elles-mêmes, comme que le tout soit plus grand que l'une de ses parties, que deux et trois fassent cinq, qu'il y ait de l'égalité entre les raïons d'un même cercle, et après avoir nié qu'il ait un corps, eu conclut la spiritualité de son âme.
Au reste, api'ès avoir prouvé qu'il y a un Dieu qui existe nécessairement par lui-même de toute éternité, il suit que ce même Dieu est infini, et qu'il renferme, au suprême degré, toutes les perfections qui sont renfermées dans l'enceinte du monde; il n'y a point d'autre principe que lui, dont elles peuvent avoir été produites. Pour être parfait il faut qu'il soit Bon au suprême degré, Puissant, Intelligent : qu'il voie tout, qu'il sache tout, fasse tout suivant sa volonté, qui n'est dépendante d'aucun autre être qui existe dans la nature, puisque c'est uniquement de lui, pour lui et par lui que tout ce quia été fait, a été fait.
Quand même ce que nous avons dit ne nous conduiroit pas à cette incontestable vérité, nous en serions sufîsamment convaincus à la vue des ouvrages admirables que cette divine Providence a créez. Vous avez apris l'Anatomie, vous savez la structure inimitable du corps humain, la formation et l'arrangement de ses parties^ à quoi les pères et les mères ont si peu de part, qu'ils n'y vont proprement qu a tâtons.
Les bêtes des champs, les oiseaux de l'air et les poissons de la mer, naissent, agissent, se nourissent et font toutes leurs fonctions avec tant d'adresse et tant de précaution, qu'il est impossible qu'ils y soient portez par une puissance aussi aveugle qu'est la matière, elle en est incapable, il faut incontestablement que la Providence les guide pour parvenir à de si ingénieuses lins.
Je pourrois aisément m'étendre sur la diversité infinie des plantes, sur la contexteure de leurs fibres, sur leur beauté, et sur l'utilité que nous en recevons, si tout cela ne vous étoit connu aussi bien qu'à moi.
ET L*IMMORTALrrÉ DE L*AME ' Î4Ô
Mais sur tout, que ne dirions-nous pas si nous voulions nous entretenir de la vaste étendue du Ciel, des Astres bi'illans qui en enrichissent la voûte, de leurs différens mouvemens, des avantages que nous en retirons, et principalement du Soleil, qui porte des marques si essentielles de la puissante main qui Ta tiré du néant, pour nous éclairer de sa lumière, nous échaufer de ses raïons, rendre nos campagnes ferliles, et sans l'aide duquel il ne nous seroit pas possible de subsister, pour ainsi dire, un moment, il est sûr que nous n'aurions jamais rien fait.
Ces diférentes Créatures, l'ordre dans lequel elles sont maintenues, et où nous les voions continuellement emploiées à servir à nos besoins, n'est non plus l'éfet de la puissance de l'homme, que la soumission volontaire de tant de sortes d'Agens diférens, il faut qu'une Intelligence supérieure les oblige à cela, et cette Intelligence ne peut être autre que celle du Créateur, qui par un seul acte de sa volonté, les a produits pour sa gloire et pour notre usage.
Toutes ces choses ont eu un commencement. L'homme, comme nous l'avons démontré, n'est non plus éternel que les autres créatures, il faut même qu'il n'y ait pas fort long-tems que le monde que nous habitons ait été ci'éé; nous en sommes plus convaincus que jamais depuis la connoissance parfaite que nous avons acquise de la Navigation, et les grands voïages que des personnes curieuses ou dans la nécessité ont faits, puis que parla, ils ont découvert des païs entiers, quin'étoient pas encore habitez, ce qui ne pourroit pas être s'il étoit vrai que le globe terrestre fût éternel, comme bien des Auteurs païens l'ont prétendu.
Il y a je ne sais combien d'arts et de professions, qui sont tout nouveaux, et dont on n'avoit point ouï parler auparavant. Seroit-il possible que des animaux raisonnables fussent restez des milions d'années sans découvrir les mines d'Or, d'Ai'gent, de Cuivre et autres métaux et minéraux, que l'on a ti'ouvées depuis peu. L'invention des Monnoies, de la Boussole, du Verre, de la trempe de l'Acier; l'Ecriture, la Peinture, la Sculture, les Horloges, la Poudre à Canon, les Armes à feu, l'Imprimerie, tant de Machines diférentes, que l'on emploie, par mer et par terre, à la guerre, et en général les Mathématiques : tout cela est si nouveau que l'on peut dire à point nommé, les lieux et les tems où nos ancêtres leur ont vu prendre naissance.
Et que l'on ne s'avise pas de me dire que les preuves que l'on en donne sont douteuses; ce qu'ils en racontent est si vrai-semblable, qu'il n'est pas possible de le révoquer en doute sans insulter à la raison et au bon sens.
Après tout, je croi qu'on peut dire hardiment qu'il n'y a point de démonstration plus évidente de l'existence d'un Dieu immortel et tout puissant que les Miracles, dont plusieurs célèbres Historiens font mention.
J'avoue que toutes les Histoires ne sont pas également recevables; il y en a sans doute de fort sujettes à caution, mais il est constant que celle qui traite de la Religion des Juifs est incontestable, et il n'est pas possible, sans vouloir passer pour extravagant, qu'on en puisse nier les faits, apuiez sur une infinité de prodiges, tels qu'ils ont été décrits par Moïse, le plus parfait Historien qui fut jamais. Ce témoignage que les Circoncis lui rendent, et auquel nous donnons notre consentement, est fondé sur de très
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bonnes raisons, puis qu'eux-mêmes en ont été les témoins oculaires. Ils ont beau être le rebut de toutes les autres nations, ils n'ont pas laissé, dans tous les coins de la terre habitable, où ils sont malheureusement dispersez, d'en conserver le souvenir, tant par des mémoires authentiques, que par une tradition indiscutable. Ces mémoires se lisent tous les jours parmi eux, les copies qu'ils en tirent, sont toujours les mêmes, ils n'y aportent aucun changement; et ils ont soin d'en inculquer le contenu avec tant de précision à leurs enfans, que quand le monde dureroit éternellement, il se raconleroit sans interruption de la même manière.
Si ces prodiges, dont la narration se perpétue de génération en génération, n'avoient pas été vus de leurs propres pères, comment Moïse, qui n'avoit aucune liaison avec les autres Nations, point de troupes réglées à son service, nule forteresse où il auroit peu se retirer en cas de besoin, ni par un des autres moiens humains, dont les Princes se servent pour tenir les peuples dans l'obéissance, auroit-il eu le pouvoir de les charger de loix onéreuses, qui n'auroient pas manqué de les porter à la rébellion dans un tems sur tout où ils ne cessoient de donner tous les jours de nouvelles marques d'obstination et de désobéissance.
Outre cela, il ne faut qu'examiner avec aplication, les écrits de ce sage Législateur, pour être convaincu de la vérité de leur contenu : ils portent par tout des marques visibles de sa piété, de son désintéressement et de sa droiture.
Ses livres sont les plus vieux que nous connoissions; les loix des plus Anciens peuples sont tirées des maximes de ce prophète. Ce qu'il dit de l'origine du monde se trouve en substance dans les Histoires les plus anciennes des Phéniciens, que Sanchoniathon avoit compilées.
Les Grecs n'ont pas ignoré la création des animaux en général, et de l'homme en particulier fait à l'image de Dieu. Ovide, à leur imitation raconte ce fait dans ses métamorphoses. Les Platoniciens ont soutenu que tout avoit été fait par la parole de Dieu, conformément à ce que nous en raconte Moïse.
Thaïes, quoi que Païen, a enseigné publiquement que Dieu est le plus ancien de tous les êtres.
Virgile chante hautement un Esprit universel, comme le seul principe de la vie et du mouvement. Et Maxime de Tir soutient que toutes les nations conviennent qu'il ne peut y avoir qu'un Dieu, qui soit l'Auteur et le Souverain Maître de l'Univers.
La conformité de cent autres Ecrivains fameux avec l'Histoire des Juifs, que je pourrois nommer ici, si cela étoit nécessaire, me fait conclure que les événemens, dont parle Moïse, doivent avoir eu l'aprobation des autres habitans de la terre, ce qui n'auroit pas été s'il y avoit rien mêlé de fabuleux, puis que les Egiptiens, les Arabes et les autres ennemis jurez des Lsraëlites, n'auroient pas manqué de se récrier à l'encontre, et de les nier ou de les rendre ridicules au reste des Habitans du Globe terrestre.
Non seulement on ne sauroit révoquer en doute ce que cet Auteur célèbre assure qui est arrivé de son tems, et dont il y a eu autant de témoins qu'il y avoit d'hommes dans la République d'Israël, mais on ne peut sans impiété, refuser d'ajouter foi à tout ce qu'il raconte dans l'Histoire qu'il
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nous a laissée de la création du monde et de ce qui est arrivé devant et api'ès le déluge jusqu'à lui.
La première raison qui nous porte à cela, c'est que ce grand Législateur, qui parloit à Dieu, pour ainsi dire, bouche à bouche, ne mettoit rien par écrit que suivant l'ordre précis de la Providence, qui guidoit lui-même sa plume, et dii'igeoit toutes ses pensées par son saint Esprit.
L'autre est que quand ce n'auroit été qu'un simple écrivain, tels que sont ordinairement les autres Historiens, il n'auroit pas manqué pour cela de nous raconter les choses comme elles étoient, sans les entremêler d'aucunes fables, puis qu'il pouvoit aisément savoir par tradition ce qui s'étoit passé depuis la naissance du monde jusqu'alors, par le moien de huit personnes seulement, qui ont pu se communiquer les choses de bouche, l'un à l'autre, dans l'espace de vingt-cinq siècles.
Ces huit personnes sont : Adam, Mathusalem, Sem, Abraham, Isaac, Jacob, Lévi, et Amram, père de Moïse, c'est-à-dire que le premier homme, qui était, sans doute, instruit à fond de tout ce qui étoit arrivé de son temps, avoit pu le communiquer à Mathusalem, qui naquit en 688 et 242 ans avant la mort de son prédécesseur. Sem parut en 1559, c'est-àdire 97 ans avant le décès de Mathusalem, et ainsi des autres. De sorte que Moïse né en 2469 et âgé de 58 années quand son père expira, avoit pu aprendre de lui ce que Amram avoit entendu raconter à Lévi, Lévi à Jacob, et ainsi du reste, en remontant de la sorte jusqu'au pi'emier des vivans. Toat cela étant positif, nous pouvons soutenir hardiment ce que je vous ai promis ci-dessus, Monsieur, d'ajouter à ma première démonstration, au sujet de l'âme, savoir qu'il faut nécessairement qu'elle soit immatérielle, et par conséquent immortelle, parce que le texte, que nous avons sufîsament montré être d'inspiration divine, porte au verset 7 du Chapitre II du Livre de la Genèse, que Dieu aiant formé Adam de texTe, soulla dans ses narines respiration de vie et fût fait ainsi en âme vivante; or je croi ne rien risquer, quoi que ce ne soit pas positivement le sentiment de M. Calvin, d'assurer qu'au lieu que tout ce qui s'éloit produit au seul son de la voix du Tout-puissant, comme a été le Ciel, la Terre, la Mer et tout ce que renferme la voûte supérieure de son incomparable trône, étoit Matériel, ce qui se forme ici dans la personne du pi^emier homme, du soufle de sa propre bouche, est sans contredit un esprit, une substance pensante, et qui est réellement distincte du corps, ce que je rends parce silogisme en forme :
Tout ce qui est émané d'une substance immatérielle et immortelle, est de même nécessairement immatériel et immortel.
Or l'âme du premier homme a été émanée de l'Esprit de Dieu, qui est incontestablement immatériel et immortel.
Donc l'âme d'Adam, et par conséquent cellede ses descendants, est spil'ituelle, immatérielle et immortelle. Et que l'on ne m'aille pas chicaner ici sur le terme d'émaner, comme si j'entendois par là un écoulement de quelque substance, ainsi qu'on prétend que l'a entendu Zenon, lorsqu'il a soutenu que notre âme étoit une étincelle du feu divin qui est ignée, embrasée et étincelante.
Ou que je fusse du sentiment des Gnostiques, Manichéens et Priscilia-
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nisles dans St-AugusUn, qui out cru que l'âme de l'homme étoit une parcelle de la propre substance de Dieu; comme si dans l'infini il y avoit quelque partie qui ne fût pas infinie.
Par émanation je veux dire l'éfet d'une cause qui vient d'une Puissance supérieure : ainsi, le pouvoir qui est donné aux Juges, est une émanation de la puissance du Prince. Détences émanées du conseil des Cardinaux. Marc, Schis. l. i.
Et c'est encore ainsi qu'en Philosophie, on dit que l'Ame raisonnable est une émanation de la Divinité. Richelel, Dict. Franc.
Cette opinion, comme vous savez, est très ancienne, les Philosophes Grecs et les Brachmanes des Indes Orientales, l'ont publiquement enseignée : la plupart des anciens, et les peuples les plus éloignez de nos Climats, l'ont crue, et ont même reconnu un jugement dernier après cette vie, où le Juge suprême des morts et des vivans, unira la peine avec le crime, le bonheur avec l'innocence, et condamnant les Auteurs des péchez énormes aux suplices qu'ils ont méritez, assignera de même aux actions vertueuses de grandes récompenses, et un repos éternel et assuré.
Et ce que je trouve admirable, et qui semble un véritable acheminement à cette redoutable journée; c'est qu'il y a d'habiles Astronomes qui croient avoir remarqué que le Soleil s'aproche tous les ans assez sensiblement de la Terre : d'où il semble devoir suivre que comme les hommes ont péri par les eaux d'un déluge universel, à la fin du monde ils périront par le feu. On pourroit me faire ici une objection, au sujet de l'Astre du jour que je di s'aprocher tous les jours du globe terrestre, savoir au cas que cela fût véritable, à quoi on a pu s'en apercevoir, et si les jours et les années ne devroient pas à proportion, devenir plus longs, ou plus courts. Mais outre que cette proposition n'a jamais été démontrée, quand même elle seroit véritable, comme cela pourroit fort bien être, ce n'est ici, ni le lieu, ni le lems de traiter cette matière à fond : tout ce que je vous en puis dire présentement, est que la vie d'un homme ne suliroit pas pour s'en apercevoir, et qu'il n'y a point de quadrans, ni d'Horloges, de quelque nature qu'elles soient, qui nous y put faire remarquer le moindre changement, c'est ce que je pouri'ois vous démontrer sans aucune peine, cela se fera une autre fois. Contentez-vous pour ce coup, que je vous ai prouvé l'existence d'un Etre Souverainement parfait, et la réelle distinction de l'Ame d'avec le corps, d'une manière aussi claire et aussi intelligible qu'il s'en soit jamais inventé de personne.
Comme la matière est vaste, et de la dernière importance, j'aurois pu m'étendre beaucoup plus que je n'ai fait, mais au lieu d'une lettre, dont j'ai déjà passé les bornes, il auroit falu faire un gros livre, ce qui seroit fort inutile, puisqu'une grande prolixité sert quelquefois plus à embrouiller un sujet qu'à î'éclaircir. Je suis
Monsieur, etc.
VOYAGES KT AVKNTL'RFCS DE .1. MASSÉ âôâ
L'analyse impartiale des Voyages et Avanturcs de Jacques Massé faite par M. J. G. van Slee, nous dispense d'en reproduire le texte orig-inal. Il conclut que ce religionnaire mérite une place des plus honorables parmi les libres esprits qui ont préparé et commencé la grande œuvre philosophique du xviii*' siècle !
En 1643, Jacques Massé s'embarque, en qualité de chirurgien de marine, au port de Dieppe, où il vient de rencontrer par les rues le Juif Errant Michel, autrefois domestique de Ponce-Pilate. A la hauteur du cap Finistère, le navire échoue, mais j^râce au secours apporté par un vaisseau anglais, les naufragés sont sauvés. On les conduit à Lisbonne, où Massé est reçu à bras ouverts par un confrère, le chirurgien Du Pré, aux soins de qui il a été précisément confié.
Du Pré, qui est protestant, exhorte Jacques Massé à entreprendre la lecture de la Bible. Ce livre fait d'abord à Jacques Massé l'effet d'être une collection de fables sacrées; la Genèse, une pure fiction; la loi des Juifs et leurs cérémonies, un badinage de vaines puérilitez; les Prophéties, un abîme d'obscuritez et un Galimatias ridicule, et l'Evangile, une fraude pieuse, inventée pour bercer des femmelettes et des esprits du commun. Mais, éclairé par les explications de M. Du Pré, « il commençoit à apercevoir l'enchaînure du grand ouvrage de la rédemption ; les combinaisons et les rapports, que les parties du Vieux Testament ont avec celles du Nouveau ; comment les antécédens et les conséquens y dépendent réciproquement les uns des autres, de sorte qu'il conclût que : et création du monde, et chute de l'homme, et menaces et promesses, et déluge et cii'concision, et songes et visions, et passage de la Mer Rouge, et Loi cérémonielle et Prophéties et tout ce qui s'est passé de plus remarquable dans la République d'Israël, n'étoient que des types, des allégories, des emblèmes, des figures et des ombres, qui n'avoient raport qu'avec la Nouvelle Alliance, qui ne brilloient qu'à la clarté de l'Evangile, et dont le véritable corps étoit Christ. »
De Lisbonne, Massé part pour les Indes Orientales. Mais le vaisseau fait encore naufrage, cette fois sur une côte inconnue, à douze cents lieues de Sainte-Hélène. L'équipage, ayant pu échapper à la mort, s'établit tant bien que mal sur ce rivage. Au bout d'un certain temps. Massé et deux de ses compagnons prennent la résolution de quitter l'endroit de l'atterrissage et de s'avancer dans le cœur d'un pays où, probablement, personne avant eux n'avait pénétré Ils partent secrètement le 24 septembre 1644. Après mille difficultés, ils atteignent un plateau du haut duquel ils découvrent une région bien cultivée qui leur semble un Paradis terrestre. Mais avant d'y parvenir ils ont à passer à la nage un grand lac. Un des trois aventuriers préfère essayer de franchir une fissure étroite qui sépare le plateau d'une pente descendant plus directement au pays enchanté. Il tombe dans l'abîme et l'on ne le revoit plus. Il devait retrouver ses camarades à leur sortie des eaux du lac, et s'était chargé de leurs