‹ Les successeurs de Sir John Franklin [microforme]Chapitre 11 sur 28 · ARTE · texte numérisé non relu

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Cet événement, qui devait avoir pour celle-là des Conséquences si funestes, était arrivé le 20 juillet 1869, par 74° 4° de latitude nord et par 12° 52’ de longitude ouest. Quelques jours après, la Hansa, qui s’avançait toujours vers l'ouest, pour atteindre la côte du Groënland, rencontra un navire, le Brenenturb, puis le perdit de vue, et ce fut le dernier qu’elle put apercevoir, À mesure qu'elle avançait, la Hansa voyait sa route de plus en plus embarrassée par les glaces qui, la serrant de près, menaçaient d'endommager sa coque, sinon de la briser. La Germania et la Iansa ne se trouvaient, vers le 25 août, qu’à trente-quatre milles de distance l'une de l’autre; mais à partir du 98 la dérive vers le sud commença. C'est alors qu'on eut l'idée, à bord de la [ansa, de construire sur la glace une maison d'hivernage. Le 6 septembre, il était difficile de se frayer un chemin à travers les glaces, et le lendemain la Hansa se voyait prise entre deux îlots qui se soudèrent autour du navire, et entraînée avec la glace à la dérive vers le sud-ouest. On mit à exécution le projet de con- Struire sur la glace même un bâtiment de refuge. Les travaux commencèrent le 27 septembre, Ce fut lo capitaine Hegemann, le commandant de la Hansa, qui dessina le plan de la maison. Elle devait avoir vingt pieds de long sur quatorze de large, huit pieds et demi de hauteur pour le faîte, avec des murs de quatre pieds huit pouces d'élévation. On se servit principalement de briques faites avec du charbon,

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virent de mortier. On prenait de la neige bien sèche avec laquelle on comblait les joints et les fentes, puis on y coulait de l’eau claire. Au bout de quelques minutes, grâce au froid, le tout, neige et briques, se prenait en une masse compacte qu'il eût été très difficile de briser. En sept jours la maison fut construite. On y transporla les pro visions de la maiheureuse {ansa, qui gisait à quatre cent cinquante pas de là. La maison, sans être confortable, présentait un abri contre les tourmentes de neige qui allaient assaillir l’île flottante dans laquelle on se trouvait engagé. Le 7 octobre on entendit des bruits étranges, comme si la glace se cassait avec fracas; le vent soufflait avec force du nord-ouest; le glaçon, s'éloignant de la côte, s'en allait à la dérive vers le sud-est. Tout à coup, le 19 octobre, la catastrophe tant redoutée éclata. Le navire fut tellement pressé par les glaces qui s’amoncelaient sur ses flancs, qu'il se trouva à plus de dix-sept pieds au-dessus de son ancienne position. La coque s'entr'ouvrit sous la terrible pression, et le navire fil oau de toute part. Bientôt il s'enfonça. Il ne restait plus d'autre ressource que do le laisser entraîner vers le sud, sur le glaçon flottant. On pourrait, s’il résislait à tant de forces dissolvantes, attendre le printemps, puis gagner la côle sud du Groënland, ou bien atteindre l'Islande en traversant la ceinture de glace. Pour le moment il fallait sauver de la /Jansa tout ce qui pouvait être sauvé et le transporter à la maison de charbon,

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