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du grès. On comprendra de quel prix était une pareille trouvaille, si l’on pense que ce qüi s’épuise le plus vite en ces longs voyages, ce ne sont ni les vivres, qu'on peut renouveler, ni l'habillement, qui ne s'use guère : c'est le combustible; et si l’on remarque que tant qu’on a du charbon on peut hardiment s'aventurer dans les mers arctiques, à moins qu’on ne soit absolument entouré de glaces de tous côtés. C'est ce qui était arrivé pour la Germania, remisée, pour ainsi dire, dans une anse circulaire, n’ayant qu’une étroite ouverture, protégée par des murailles montagneuses de plus de deux. cent quatre-vingts mètres d'altitude contre les furieuses tempètes du nord et l'avalanche de blocs. qu’elles mettent en mouvement. Au sud-est, L'île du Watrus lui servait de bouclier contre les glaces; au sud-ouest, enfin, s’étendait une langue: de terre plate. On dégréa le: navire. On porta à terre tous les objets, qui n'étaient pas indispensables à bord. Des précautions furent prises pour le mettre à l'abri des trop fortes gelées. On éleva autour une muraille de neige, on étendit sur le pont du featre, et l'on ferma ainsi exactement toutes les ouvertures.
À l'abri désormais dans les cabines calfeutrées, on n'entendait plus à l'extérieur que le bruit singulier des glaces se brisant les unes contro les autres, et s’échafaudant en pyramides monumentales. Ce sont ces bruits légers, lointains ou répercutés, qu’on appelle les voix de la glace: « C'est lantôt comme un chant léger ou un mur-
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DE SIR JOHN FRANKLIN a:
mure auquel se mêlent des craquements et des crépitements; tantôt on dirait un tumulte lointain de voix humaines ou le vacarme d’un train courant sur les rails, ou bien encore on croirait ouïr toutes sortes de bêtes imaginables, »
On se demande quels attraits pour l'homme des climats doux et tempérés offre le séjour des régions polaires, où, sans parler du froid, la terre et ses abords ne présentent que l'uniforme spectacle de la neige et des glaces recouvrant d’un manteau blanc d'immenses étendues. C'est qu’à le voir de plus près ce spectacle est plus varié qu’on ne pense. Les nuits polaires renferment dans leur profonde obscurité peu de sujets de distraction ou peu de matières à descriptions; mais les jeux de lumière, les phénomènes de réfraction, la seule clarté d'un ciel d'azur; les nuances multiples des icebergs reflétant toutes les couleurs de l'arcen-ciel, sans compter les formes étranges, fantastiques de ces masses que la mer charrie av luin, et dont le soleil et les vents altèrent san: cesse les contours : tout cela est bien fait pour charmer le regard de l'explorateur et lui faire oublier l'ennui d'un long hivernage. Chose curieuse, le froid n'est pas, dans ces régions, le plus terrible ennemi pour le navigateur :siaire. Le rapport de la Germania enregistre avec tranquillité que vers le commencement d'octobre la température oscillait entre cinq et vingt-quatre degrés centigrades au-dessous de zéro; moyenne, ajoute-t-il, fort acceptable pour le climat, et qui