‹ Les suites du Neuf Thermidor; terreurs blanches, 1795-1815Chapitre 6 sur 18 · LES THERMIDORIENS · texte numérisé non relu

LES THERMIDORIENS

Ils furent bien trompés ceux qui considéraient la chute de Robespierre comme le terme de la Terreur. La Terreur continua sous un autre nom et sous d'autres formes. Pouvait-il en être autrement, puisque le vaincu de Thermidor tomba précisément sous les coups des plus acharnés terroristes !

Ce furent ces mêmes terroristes, avec leurs alliés de la Droite, qui formèrent la nouvelle majorité de la Convention, sous le nom de Thermidoriens. Ils mirent en accusation les anciens membres des Comités de Salut public et de Sûreté générale; les robespierristes, les montagnards, pêle-mêle, sans discernement, guidés par le seul esprit de vengeance.

Carnot défendit les Comités : « Il faut, disait-il, rapprocher les faits des circonstances terribles qui les ont fait naître. Rappelons-nous que la

France était aux abois lorsque les prévenus sont entrés au Comité de Salut public, et qu'elle était sauvée lorsqu'ils en sont sortis. »

Parmi les accusés se trouvait Cambon, cet homme d'une intégrité, d'une probité proverbiales, ce ministre révolutionnaire qui, pendant sa gestion terrible des finances françaises, s'était appauvri au lieu de s'enrichir. Il ne possédait à sa mort que 1200 francs de revenu. Or, qui attaquait cet honnête homme? C'était Tallien, assassin et voleur. Voilà la moralité du 9 Thermidor !

La réaction, se sentant appuyée par le gouvernement, ne dissimulait pas sa joie et ses espoirs sanguinaires. La guillotine fonctionnait toujours,, mais contre les républicains ; les patriotes étaient déjà opprimés sur tous les points de la France et se plaignaient de l'insolence des contre-révolutionnaires dans des adresses envoyées au club des Jacobins.

Ce club puissant, oii Robespierre avait puisé sa principale force, était encore le siège de la Révolution. Tallien et Fréron en avaient été exclus le 3 septembre et lui avaient voué une haine mortelle. Deux mois plus tard, le 8 novembre, la Jeunesse dorée, ameutée par Fréron, vient soudainement assaillir le club. Les Jacobins succombent sous le nombre, et la Convention, sous prétexte d'éviter de nouveaux troubles, confirme l'arrêté qui avait fait apposer les scellés sur la fameuse salle.

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