I. — LES TROUBLES NEURO-VEGETATIFS
Les troubles neuro-végétatifs que l’on observe chez ces Imalades sont presque toujours antérieurs à la cholécystectomie. Parfois l'intervention les accroît légèrement.
Il peut s’agir d’un syndrome vagolonique typique, comme CHIRAY et ZITZERMANN en ont décrit au cours de la cholécystatonie. Ces sujets sont déprimés, se plaignent d’une asthénie physique et intellectuelle permanente. Ils sont sujets aux vertiges, aux nausées, à la constipation. Souvent ils se plaignent de sialorrhée. Leur pouls est lent, leur tension artérielle basse.
Ils sont sujets aux poussées de constipation spasmodique, d’entérocolite muco-membraneuse, à l’asthme, aux palpitations.
Le réflexe oculo-cardiaque se montre nettement positif. Beaucoup plus rare sera le tableau de la sympathicotonie pure. Dans la majorité des cas, on se trouvera en présente d’un état d’instabilité neuro-végétative avec des signes appartenant aux deux séries ortho et parasympathique. Comme y ont récemment insisté PENDE et BuFANO ces troubles sont liés à l’insuffisance hépatique.
Voici une observation (Mme Plaignaud) où les troubles neuro-végétatifs étaient antérieurs à l'intervention et occupaient presque toute la scène. La cholécystectomie n’y a apporté aucune amélioration.
Les troubles observés sont en majorité sympathicotoniques : nervosisme, tremblement, R. O. C. faible. D’autres relèvent de la vagotonie : l’asthénie, amélioration par l’adrénaline. À noter l’accroîssement des troubles à l’occasion des règles : Gurr.- LAUME et GODEL ont montré que la vagotonie pré-menstruelle fait subitement place à de la sympathicotonie, alors que se produit l’écoulement sanguin. BEZANGON, Mme HOVELACQUE in-
sistent sur la longue durée de cette sympathicotonie prémenstruelle.
Chez de tels malades, il ne faut recourir à l'intervention qu’en désespoir de cause. Non seulement on n’améliore pas leur état, mais les promesses d'amélioration une fois déçues, en font des revendicateurs, à tout le moins des déprimés.
OBSERVATION XXVIIL.
NÉMOTARIQUE. RÈGLES. PSYCHASTHÉNIE.
Mme Plai… — Coliques hépatiques à répétition (trois dans la même semaine) plusieurs attaques. Jamais d’ictère. Jamais de vomissement.
De 1910 à 193%. — Plus de coliques hépatiques. Pas d’ictère. Mais accuse une asthénie continuelle, très forte. La marche était très pénible. Réduisait elle-nÿème son régime.
Dyspepsie flatulente. Pas de migraines.
Au moment des règles tous les troubles augmentaient. Surtout la lassitude, la malade se sentait alors très nerveuse.
Devant l’asthénie croissante physique et intellectuelle, se décide à l’opération.
M. le Professeur Moreau diagnostique une cholécystite calculeuse : calculs visibles à la radio. Intervention par M. le D' TOouPET.
Incision médiane. Cholécystectomie sous-séreuse par le col. Calculs multiples. Vésicule exclue, cystique atrophié. Voie principale intacte. Pas de lésions duodénales. L’anesthésie très mauvaise empêche l’exploration de l’appendice.
Sortie trois semaines après. Asthénie post-opératoire très marquée pendant 6 mois, due à une aggravation volontaire du régime ordonné : la malade ne mangeait pas de viande bien qu’elle lui ait été permise. Traitée par Biodynamine et spasmosédine. Améliorée. Mange bien.
C’est une grande nerveuse, très émotive. Elle ne ressent de troubles dyspeptiques que si elle est énervée.
Rien à l’examen.
16-3-36 : En temps habituel digère très bien. Le Bromure de sodium et la génésérine, ont déterminé de la somnolence.
Le nervosisme persiste, non modifié par ectomie. Tremblement fin, pouls 110. Pas de goitre ni d’exophtalmie. Métabolisme basal normal. A pris treize livres depuis son opération.
Trois mois après opération voulait reprendre son travail. Mais elle ressentit des brûlures au niveau de la cicatrice. Tout fut calmé par Vadrénaline qui avait également dissipé l’asthénie et les démangeaisons
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dont se plaignait la malade. 8 jours avant les règles souffre légèrement de la région sous-hépatique.
17 avril 1936 : Après traitement par adrénaline et Emgé : cessation du prurit. Persistance de l’asthénie. Insomnie.
Il est rare de voir l'intervention déterminer un dérèglement neuro-végétatif. Le cas de Mme Renaud, comporte en outre les manifestations d’une intoxication morphinique dûe à la fréquence des crises douloureuses.