VOIES BILIAIRES
CANAVERO décrit de profondes modifications histologiques de la voie biliaïre principale chez un chien sacrifié au 15 jour; il note autour de la cicatrice cystique des surélévations de la muqueuse, allant parfois jusqu’à décrire de véritables villosités. L’épithélium cholédocien était partiellement détruit.
Les animaux autopsiés du 35° au 95° jour présentait une dilatation macroscopique de la voie biliaire principale.
L’histologie y montrait :
1°) Un plissement de la muqueuse, aspect déjà rencontré au bout de 15 jours mais plus accentué.
2°) La destruction de l’épithélium cylindrique.
3°) L’épaississement de la tunique fibro-musculaire. Des fibroblastes plus nombreux que normalement, entourent les fibres musculaires longitudinales.
Le maximum des lésions siège au confluent hépatocystique, dont la paroi n’est formée que d’un mince réseau de fibres conjonctives, et de quelques lamelles élastiques dissociées. Les lésions vont en s’estompant au fur et à mesure que l’on descend vers la terminaison du cholédoque.
Au-dessus du confluent hépato-cystique, le canal hépatique présente un aspect normal.
Une troisième série de vérifications porte sur des animaux sacrifiés de 6 à 15 mois après la cholécystectomie. On retrouve les mêmes caractères accentués :
1°) Le plissement de la muqueuse.
20) L’épithélium altéré, fait défaut sur la plupart des coupes. Dans les fragments qui persistent, les cellules cylindriques présentent des signes de dégénérescence.
3°) L’épaississement de la paroi fibro-musculaire est devenu considérable. On trouve de grosses fibres conjonctives, régulièrement disposées.
De nombreux vaisseaux biliaires offrent une prolifération de leur couche interne qui tend à combler leur lumière. Les tubes glandulaires sont altérés.
Le segment intra-hépatique des voies biliaires a été étudié par Surron en 1930. Son article, illustré de nombreuses figures, conclut que, chez le chien, l’épithélium bas des canaux intrahépatiques, est remplacé par des cellules hautes, cylindriques, et qu’il est soulevé par de nombreuses villosités. L’aspect histologique rappelle celui d’une vésicule biliaire. Les premières modifications histologiques apparaissent 50 jours après la cholécystectomie.
Les conclusions de l'important travail de BucaLosst vont à l'encontre des constatations de CANAVERO.
Quatre jours après intervention, il retrouve dans le cholédoque d’un chien, un épithélium bien conservé, avec des crêtes accentuées, mais qui semblent normales. Un infiltrat de petites cellules entoure le confluent cystico-hépatique et devient plus important au point de section du cystique; en ce point, l’épithélium a disparu. En somme, comme seule modification, l’apparition de crêtes et de saillies. Quant à l’afflux de cellules et à la disparition de l’épithélium au point de section, ils représentent le résultat immédiat du traumatisme chirurgical aseptique.
On sait combien est fragile l’épithélium biliaire, et il faut discuter l’origine de sa disparition. Bien des prétendues lésions ou disparitions de l’épithélium ne sont que le résultat de traumatisme lors de la dissection de la pièce, d’une mauvaise fixation.
Un mois après intervention, BucaLossi trouve au cholédoque