ASPECT HISTOLOGIQUE DE LA NÉO-VÉSICULE
C’est l’étude histologique qui a fourni les meilleurs arguments contre l’hypothèse d’une régénération intégrale de la vésicule biliaire à partir du moignon du canal cystique.
CANAVERO, SUTTON, BUCALOSSI, s’accordent pour lui décrire un épithéluim cylindrique, ayant exactement l’aspect de celui qui tapisse les voies biliaires. Les glandes y sont rares.
La paroi, au lieu d’être formée comme dans la vésicule, de fibres élastiques et de cellules fibro-musculaires abondantes, est constituée par un tissu conjonctif dense, presque dépourvu de fibres élastiques et musculaires. Enfin cette paroi est beaucoup plus mince que celle de la vésicule.
Vue au microscope, la prétendue néo-vésicule possède tous les caractères d’un canal cystique qui se serait dilaté.
MODIFICATIONS HISTOLOGIQUES DES ORGANES APRES CHOLECYSTECTOMIE EXPERIMENTALE
TRo1ITzKY a étudié les modifications morphologiques que déterminent sur les organes voisins la cholécystectomie expérimentale.
Il conclut de ses recherches portant sur sept chiens conservés 1 à 30 mois après l’intervention, que seul, le foie présentait des altérations histologiques. L’estomac, le pancréas, le duodénum, les surrénales étaient intacts.
Chez des animaux autopsiés 1 à 3 mois après l’opération, il trouve dans le foie un infiltrat de cellules rondes, autour des cloisons fibreuses, et un léger développement de tissu granuleux.
Les chiens sacrifiés au bout de 4,5 et 6 mois présentaient une faible réaction conjonctive près des cloisons fibreuses, quelques plasmocytes et du tissu granuleux. Les derniers animaux avaient une infiltration graisseuse des cellules hépatiques avec une discrète réaction lympho-conjonctive. « Donc, légère hépatite et péri-hépatite interstitielle chronique ».
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On ne peut expliquer cette inflammation par une infection opératoire, car il n’y avait chez aucun animal de réaction péritonéale aussi légère fut-elle.
Faut-il incriminer une infection ascendante d’origine duodénale dûe à l’incontinence du sphincier d’Oddi, ou bien à la période de moindre résistance post-opératoire ?
Trorrzxx s'étonne de Pintégrité du pancréas, qui en raison même de la beauce du sphincter d’Oddi devrait être infecté, Il pense avec HARINS, que la nature antiseptique du suc pancréatique, et que l'augmentation de la pression dans les canaux excréteurs repoussent l'infection ascendante.
ETUDE PHYSIOPATHOLOGIQUE DE LA CHOLECYSTECTOMIE EXPERIMENTALE
Il est nécessaire d'étudier avec quelques détails la physiopathologie de la cholécystectomie expérimentale. Les faits observés chez l’animal ont servi à expliquer la plupart des phénomènes présentés par les anciens opérés.
Mais il est prudent de s’en tenir à la simple relation des faits, de ne pas conclure à l'identité de l’expérimentation et de la clinique.
Alors que sur l’animal on peut faire varier à volonté les facteurs essentiels qui règlent les fonctions vésiculaires, que l’on peut vérifier le comportement des organes, par des interventions ou par un sacrifice de l’animal au moment supposé le plus démonstratif, nombreux restent les points obscurs et contradictoires. C’est dire que l’étude expérimentale de la cholécystectomie ne doit être considérée que comme une introduction élémentaire et assez grossière à la physiopathologie humaine.
Il serait impardonnable d'identifier les troubles observés après l’ablation d’une vésicule saine, chez un animal en bonne santé, à ceux que présente un homme privé d’un cholécyste infecté, ayant cessé depuis longtemps de fonctionner, et atteint par ailleurs de multiples atteintes viscérales.
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Aussi nous bornerons-nous à rapporter les faits expérimentaux, sans en tirer des analogies ou même des hypothèses relatives à la clinique.
L'EXCRETION BILIAIRE
L’excrétion biliaire après cholécystectomie fut d’abord décrire selon deux types opposés.
Pour RosEensEerG (1893), HoLwea (1912), l'écoulement de la bile a perdu son rythme normal et se fait de façon continue. Chez des chiens sacrifiés à jeun, donc en l’absence de toute chasse biliaire, tout l’intestin grêle est imprégné de bile. Au contraire, DELORE et COTTE, pensaient que la bile était évacuée seulement à l’occasion d’une excitation duodénale comme à l’état normal.
Les recherches de Rosr (1913), de KLEE et KLUPFELL, de CHi- RAY et LEBON, apportent des conclusions moins absolues.
Chez le chien normal, à jeun, une canule duodénale ramène toutes les heures 5 à 8 cm° d’un mélange de bile et de suc duodénal, en deux ou trois éjaculations réparties sur 5 minutes.
Pendant quelques semaines après la cholécystectomie l’écoulement de la bile devient continu, à raison de 4 ou 5 gouttes par minute. BucaLossr (1933), fait la même constatation chez un chien opéré depuis 15 jours.
Au bout de plusieurs mois on observe les deux modes d’élimination. Chez certains animaux la bile s’écoulait de facon continue, chez d’autres elle s’éliminait périodiquement comme avant l'intervention. RosT expliqua ces faits par la présence ou l'absence d’une dilatation de l’hépato-cholédoque, lié à la tonicité du sphincter d’Oddi.
Au cours de la période post-opératoire le sphincter restait béant, laissant ainsi passer le flux biliaire continu venant du foie.
Secondairement il récupérait sa tonicité chez certains animaux pourvus ainsi d’une élimination biliaire normale.
Pour préciser ce mécanisme, Jupp et MANN, EISENDRATH et DünraAvY, mesurent la pression intra-cholédocienne. Normale-
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ment elle atteint 150 mm. d’eau. Après cholécystectomie elle augmente considérablement pour tomber après 40 jours entre 0 et 40 millimètres. Ainsi le sphinctes d’Oddi aurait-il perdu toute tonicité, comme l’ont observé Mac MASTER et JacoBsoN chez les animaux dépourvus congénitalement de cholécyste. Les animaux opérés devraient donc tous avoir une excrétion biliaire continue.
Dès lors les travaux se succèdent avec des résultats divergents.
Six mois après opération, SPECHT pratiquant sur le chien une duodénostomie, trouve une excrétion biliaire normale, avec chasse biliaire après instillation duodénale de Peptone de Witte. Trois mois plus tard l’écoulement biliaire est devenu permanent avec cependant la possibilité de chasses.
En 1924, DaHL IVERSEN opérant sur 7 lapins trouve chez deux une excrétion biliaire intermittente avec diminution du tonus du sphincter. Chaque émission de bile durait 30 minutes, séparées par 20 minutes de la suivante. Les cinq autres avaient une excrétion permanente.
Un autre lot de quatre lapins eut une résection complète du cystique : 1 avait une élimination biliaire permanente, 3 intermittente. Des essais pratiqués sur le singe et le chien n’apportèrent pas plus de certitude. Mais l’auteur aboutissait à des conclusions importantes :
La continence du sphincter d’Oddi ne dépend pas du temps écoulé depuis l’opération. La dilatation des voies biliaires ne joue aucun rôle : il est impossible de faire correspondre un type excrétoire à une modification morphologique telle que la dilatation du cholédoque ou du moïignon cystique. Ce serait la quantité de bile secrétée à lheure qui réglerait la continence du sphincter d’Oddi.
Dans les anciens travaux en date (1933), BucaLossr montre qu’au bout de quelques semaines l’élimination biliaire reprend un rythme normal, et qu’elle est sensible aux excitants chimiques (peptone, extrait de viande, sulfate de magnésie). Il attribue ces résultats aux conditions opératoires : (duodénotomie), à l’anesthésie locale. Le chien après un jeûne de 24 heures prend immédiatement avant l'intervention, un repas composé