‹ Les Suites Medicales de la CholechystectomieChapitre 57 sur 137 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Mme Bi, 52 ans.

Vient consulter pour des crises douloureuses siégeant au niveau du rebord costal droit et sous le sein droit. Cette douleur à type de colique irradie dans le dos et dans l'épaule du même côté, elle serait calmée par le décubitus dorsal.

Depuis 5 ans ces crises surviennent par période de 2 ou 3 mois et sont quotidiennes durant ces périodes. Le matin, la malade se sent bien,

LD

mais 2 ou 3 heures après le repas, la crise commence et dure jusqu’à 7 heures du soir. Ces périodes de crises entrecoupées de périodes de repos pendant lesquelles la malade ne souffre pas du tout,

Ces crises s'accompagnent de nausées, de sensation de boule qui monte à la gorge, mais pas de vomissements véritables. Ictère au moment des crises (selles mastic). N’a pas remarqué de modification des urines. Polyakurie nocturne n’a pas pris sa température. Cette malade, une constipée chronique depuis une vingtaine d’années prend des laxatifs. Elle est parfois ballonnée après les repas et suit un régime sans pain ni viande en sauce, Elle a maigri en un an et demi de 24 kgs.

Antécédents : une fausse-couche il y a 10 ans. Opérée il y a huit ans; hystéropexie.

Examen : Pannicule adipeux bien développé, sensibilité de la région iléo-cæcale. Point douloureux vésiculaire net en position couchée et assise. Foie de 10 cm. à bord inférieur sensible. Rate normaie. Cœur : pouls 68. T. A. 11,8 bruits normaux,

Réfiexes oculaires pharyngiens, rotuliens normaux.

Radio : Cholecystographie : vésicule perméable. Déformation de la région du col par adhérence du duodénum. Importantes déformations du genu superius par péri-viscérite sans image caractérisée d’ulcus.

Au diagnostique une cholecystite probable.

Le 11/1931. À eu cette semaine une crise très douloureuse iout un après-midi; douleur irradiant dans le dos et dans tout l’abdomen à type de coliques avec selles mastic et légger subictère. On lui conseille l’opération.

Le 16/12/31 : Incision médiane sus-ombilicale.

Expioration de l'estomac, rien au niveau de la petite courbure, rien au niveau du duodénum, ni épaississement, ni rougeur, ni cicatrice, mais par contre une grosse vésicule qu’on essaie mais en vain de vider. On a beau, par des pressions successives, appuyer sur cette vésicule avec force, et tenter de l’exprimer, on ne peut faire sortir de bile. On obtiendra de la bile que lorsqu’on aura redressé le vésicule; on s’aperçoit alors qu’il y a au niveau du bassin une sorte de petite étranglement qui coudait cette vésicule. De plus la vésicule présente au lieu d’une teinte bleutée normale, une teinte blanchâtre.

Dans ces conditions, on estime plus sage de pratiquer une cholécystectomie, le drainage en effet ne pouvant être que temporaire n'apparaît pas comme une bonne solution et risquerait de créer des lésions de la muqueuse, On va au cystique, très petit, le bassinet est flanqué de a veine cystique qu’on voit et qu’on sent nettement battre; on tend à faire une cholécystectomie sous-séreuse, on y parvient partiellement parce qu'on passe entre le tissu fibreux et la musculeuse vésiculaire de sorte qu’une fois la cholécystectomie terminée le péritoine se déchire.

I est à noter qu’au cours du décollement, la vésicule se rompt, il

roue

s’en écoule uñe bile très noire mais fluide qu’on ne peut malheureusement pas recueillir, la vésicule étant enlevée, il est impossible de faire une péritonisation, la minceur du péritoine de ce côté étant telle qu’il se déchire au cours du décollement vésiculaire.

Comme rien ne saigne, la paroi, est fermée. Catgut péritonéal soies sur les muscles et soies sur la peau.

24 novembre 33: La malade bien portante depuis le mois de juillet 1932 a bon appétit, a engraissé de 4 kgs, mais est demeurée toujours très constipée. Il y a quinze jours, nouvelle crise douloureuse à type de colique hépatique, durant 2 jours, légèrement soulagée par des éructations et des gaz intestinaux. Depuis persiste une douleur sous-costale droite, irradiant à l’épaule et à la fosse iliaque, s’accompagnant d’un gros ballonnement, de gaz intestinaux et d’éructations; Pollakyurie diurne et nocturne, 10 à 20 fois pendant les crises avec dysurie et ténesme vésical. Les selles seraient décolorées depuis 6 jours les urines sont normales. Actuellement pas de subictère.

Transit intestinal le 9/6/34 M. Bosquer). |

Douleurs nettes sur la valvule iléo-cæcale et les derniers segments iléo.

Stase iléale importante.

Lavement baryté. Spasme colique gauche, énorme dilatation du cæcocolon droit.

Mise au traitement de la typhlite.

Ne peut être rejointe.

2° L’appendicite chronique est susceptible de nombreuses causes d'erreur d’après GossET, DUTAILLIS, GUTMANN, DonNATI, LamBreT. Mais on sait les divergences qui existent à propos de la fréquence de cette affection chez l’adulte. Nous n’en avons pas observé.

3° Le dolichocolon par contre est une erreur classique, la plus fréquente : 18 % chez nos opérés. Il faut y penser toujours devant tout malade ayant des crises douloureuses abdominales, et rechercher systématiquement la triade isolée par CHiray et WALH :

1° Crises douloureuses.

2° Météorisme.

3° Constipation.

Un lavement baryté fait le diagnostic. Quinze jours de traitement font disparaître tous les troubles.

HOOASE

L'observation de Mme Mo... réunit un syndrome de dolichocolon et de colite droite.

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