OBSERVATION VII
Mme Mo... — 21 décembre 1934 : Malade âgée de 32 ans venant consulter pour des douleurs de l’hypochondre et du flanc droit. Il y a 5 ans, a eu des crises douloureuses suivies d’ictère, de poussées thermiques à 40°. Cholecystectomie le 1/5/30. Grosse vésicule grise adhérente, avec liquide sous pression. Pas de calcul.
Pendant 4 ans, parfait état de santé. Puis il y a un an, à la suite de pleurite, l’état général de la malade ne se relève pas. Apparaissent sous le rebord costal droit, des douleurs qui persistent parfois pendant plusieurs mois, s’accompagnent d’état subfébrile, d’asthénie, d’amaigrissement, de transpiration, En même temps constipation marquée.
En Février 1934 on pense à une origine appendiculaire, appendicectomie par voie rétrograde. Appendice retro-cæcal long. Adhérent. Très malade. Dans les années qui suivent l’opération, phlébite du membre inférieur droit.
De la dernière intervention datent des douleurs de siège variables souvent diffus. Elles prédominent dans la fosse iliaque droite et sous le rebord costal, sourdes, continues, durant plusieurs heures, à horaire très variable, non infiuencées par les repas.
Il y a un mois est survenue une crise aiguë avec douleurs vives de la fosse iliaque droite. Température à 38°5. Vomissements. Diarrhée.
Pendant 15 jours, les douleurs ont persisté assez intenses, avec état nauséeux. Température à 37°5, sueurs nocturnes. Rayons U. V. Appétit bien conservé. Depuis un an, amaigrissement. Digestions faciles. Pas de constipation,
Au point de vue génital : actuellement bien réglée. Quelques pertes blanches. Examen gynécologgique pratiqué par M. Huer aurait révélé un fibrome.
Examen : Points douloureux sous le rebord costal droit, sensibilité de la région vésiculaire.
Le cæcum apparaît également très sensible. Douleur sur tout le trajet du cæco-ascendant.
5/L/89 Radio.
Transit iléal : à la VI° heure, le repas opaque occupe le colon droit qui est opacifié dans sa totalité. Une quantité notable de baryte séjourne encore dans le grêle. Elle permet de prévoir une stase iléale très modérée à la 8° heure, ce qui n’a pas été vérifié en raison de l’horaire défectueux utilisé par la malade. (La baryte a été prise à 5 heures 30 le
matin). La région iléo-cæcale est légèrement douloureuse, normalement mobilisable.
À noter un spasme du cæcum.
10 janvier 1935 : Lavement. Flexuosité pelvienne. Flexuosité du colon transverse, au voisinage de l’angle C droit. Colon droit trop long et trop gros. Large reflux iléal. La disposition des anses grêles terminales massées à gauche, avec un segment transversal pré-cæcal est particulière. La palpation est douloureuse sur l’angle droit et sur le confluent iléocæcal.
22/3/35 : Traitement du dolichocolon.
Amélioration des troubles digestifs et des troubles de l’état ggnéral.
Augmentation de poids.
26/4/35 : A la suite d’ennuis et de surmenage physique : amaigrissement de 1 kg. Apparition d’une sensation de pesanteur dans l’hypocondre droit coïncidant avec une exagération de la constipation. Le foie est gros et douloureux dans son ensemble. Cæco-ascendant également douloureux.
10 mai 1935 : Amélioration nette, mais depuis trois jours, diarrhée, 5 à 6 selles par jour, liquides avec quelques glaires.
Par ailleurs, malade reste fatiguée. Continue à souffrir de son point inter-scapulo-vertébral gauche.
25 mai 1935 : Est améliorée. L'état général est satisfaisant. Se sent plus forte. Cependant amaigrissement d’environ 3 kgs que l’on peut mettre sur le compte du régime. Mais alternatives de constipation et diarrhée, Les périodes de constipation durent 4 à 5 jours. En période de diarrhée 6 selles environ par jour.
Examen : Rien de spécial.
1° juillet 1935 : Selle journalière après huile de paraffine.
Légère gène dans la fosse iliaque droite.
D) Les affections rénales sont des causes fréquentes d’erreur.
1° Le calcul du rein qui en impose par ses crises douloureuses pour une lithiase itérative.
Nous en avons observé un cas typique qui fut pris pour une lithiase biliaire : la malade se plaignait de crises douloureuses de l’hypochondre droit; de vomissements, de troubles dyspeptiques. Aucun signe urinaire sauf une ancienne pyurie passagère. La radiographie montrait une image calculeuse arrondie se projetant sous le foie.
L'intervention montra une vésicule parfaitement normale qui fut cependant enlevée. L'étude histologique et bactériologique de la pièce vérifia cette impression. Les troubles dont se plaignait la malade ont repris aussitôt après l'intervention.
2° Une hydrinéphrose intermittente.
3° la ptose rénale est peut-être la cause d’erreur la plus importante d’autant qu’elle peut coincider avec une atteinte vésiculaire.
Témoin cette observation de Mme Meu.…., où l’on trouve des phénomènes dyspeptiques, la constipation et une ptose rénale.