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LES TROUBLES INTESTINAUX DES CHOLECYSTECTOMISES

On observe chez les cholécystectomisés des troubles intestinaux multiples (35 % de nos malades en étaient atteints). Mais il ne faut pas céder à la tendance qui consiste à incriminer toujours l'intervention dans leur génèse,

Un interrogatoire poussé, des examens cliniques et radiologiques montreront le plus souvent qu’il s’agit de phénomènes antérieurs à l’intervention, ou pour le moins indépendants d’elle.

En effet une pathogénie simple s’offre d'emblée à l'esprit : le flux biliaire est troublé par la cholécystectomie et l’écoulement continuel de la bile détermine une diarrhée continuelle.

En réalité nous avons vu combien sommaires sont les notions que nous avons sur l’écoulement de la bile après cholécystectomie. Avec RosT, CHIRAY et LEBON, on peut schématiser ainsi l’excrétion biliaire de ces opérés : chez les uns la bile s’écoule de façon continue, il ne se forme pas de dilatation des voies biliaires. D’autres récupèrent rapidement un rythme normal après un ou deux mois d’incontinence du sphincter d’Oddi, ou bien même paraissent réglés d’emblée. II est vraisemblable que ces deux modes d’excrétion correspondent à deux états différents de la vésicule lors de l’intervention. Si le chirurgien trouve un cholécyste perméable, se vidant normalement dans le cholédoque l'intervention va déterminer un bouleversement considérable dans l’excrétion de la bile : le système biliaire est subitement privé de son régulateur vésiculaire qui emmagasine la bile dans l'intervalle des repas, amortit les a-coups d’hypertension biliaire, et semble fonctionner synergiquement avec le sphincter

d’Oddi. A vrai dire on dément actuellement cette loi d’innervation contraire d’après laquelle la contraction vésiculaire coïnciderait avec l’ouverture du sphincter d’Oddi. Les récentes études de Criray et PAVEL, de LOEPER, LEMAIRE et DANY apportent de nombreuses restrictions à la loi énoncée par Doyax.

Cependant quelles que soient les notions physiologiques modernes, il n’en reste pas moins vrai que l’on n’observe de troubles sérieux que dans les cas de vésicule perméable, en particulier des vésicules non lithiasiques. Il se produit une insuffisance cholécystique selon l'expression de CHIRAY et PAVEL. Au contraire l’ablation d’une vésicule exclue, atrophiée sur ses calculs, dont le cystique est obstrué depuis longtemps, ne détermine aucune perturbation. L'adaptation du système biliaire s’est depuis longtemps produite. La cholécystectomie ne vient en rien modifier lhydraulique biliaire; elle se borne à supprimer un foyer infectieux. D’ailleurs on constate que les troubles intestinaux de toutes natures sont beaucoup plus fréquents après les opérations pour cholécystite non lithiasique, la vésicule fonctionne assez bien, n’est pas exclue : on concoît donc le trouble apporté par sa suppression. On sait aussi combien est important le rôle des infections intestinales dans le déterminisme des cholécystites non lithiasiques.

Ceci explique que sur 10 opérés de cholécystite simple on relève six fois des troubles intestinaux soit 60 %. Chez les opérés de lithiase on n’en trouve que 15 sur 50 soit 37 %.

Certes ces statistiques portent sur un faible nombre de cas, mais les différences considérables qu’elles accusent permettent de leur accorder un certain crédit.

Nous distinguerons deux ordres de faits :

1°) Troubles relevant de l'intervention essentiellement la diarrhée post-prandiale ou la cessation d’une constipation antérieure.

2°) Troubles indépendants de l'intervention :

a) Colites généralisées;

b) Colites localisées : droite ou gauche;

c) Entérocolite muco-membraneuse;

d) Dolicocholon;

e) Appendicite chronique.

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