FORMATION D’UNE NEO-VESICULE
Le problème de la régénération d’une nouvelle vésicule a suscité de très nombreux travaux qui semblent contradictoires.
Si en réalité, on fait la synthèse des résultats publiés, on découvre une singulière unité de pensée chez tous les chercheurs. Aussi, pour simplifier l’exposé abandonnerons-nous l’ordre chronologique des publications.
De même, nous séparerons l’étude macroscopique et histologique qui vont généralement de pair dans les mémoires originaux,
Après cholécystectomie, les premiers expérimentateurs avaient noté l’apparition d’une petite dilatation au niveau du canal cystique. Dans une première période allant de 1888 à 1921, les auteurs s'appliquent à étudier la morphologie de cette dilatation, sans en préciser la fonction. Il semble admis implieitement, que cette ectasie biliaire joue le rôle d’une véritable vésicule. Tout l'effort porte sur la plus ou moins grande fréquence de cette lésion post-opératolre.
Oppr (1888) la trouve chez deux chiens sur trois. Bientôt, MASSE remarque que son apparition dépend du point de section du canal cystique. La dilatation n’apparaît que s’il est respecté. Opérant sur des chiens, des lapins et des cobayes, il n’obtient que d’infimes dilatations s’il résèque tout le cystique. Hau- TEFORT (1900) opérant sur des chiens, HABERER et CLAIRMONT (1904) sur 7 chiens, 5 chats et un mouton, arrivent à des conclusions identiques.
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Tous semblent admettre à priori qu’il s’agit d’une vésicule biliaire. D’ailleurs, de Voocr en 1898, avait fait une étude très complète de néo-vésicule obtenue chez 4 chiens, 50 à 175 jours après l’intervention.
Tous présentaient au point de ligature du cystique, un réservoir piriforme de 2 mm. 5 à 3 mm. de long, 1 mm. 5 de largé rempli de bile.
L'examen histologique y avait montré un épithélium cylindrique en tous points semblable à celui de la vésicule. On peut y rattacher les premiers travaux de BALIGE (1928), qui lui aussi, crut à une véritable régénération vésiculaire.
En 1921, les travaux de MaALzEL font entrer la question dans une nouvelle phase. Il estime que la néo-vésicule n’est qu’une dilatation du moignon cystique, au même titre que la dilatation de la voie biliaire principale. Son apparition est peut-être favorisée par l’altération du canal, par le traumatisme opératoire, peut-être par une insuffisance d'irrigation dûe à une section basse de l’artère cystique (GOHRBANDT).
l’augmentation de la pression biliaire agissant sur le cystique où auparavant elle refoulait la bile hépatique, jouerait un rêle primordial. Dés lors une voie nouvelle s’ouvrait aux investigations.
DaAHL IVERSEN, en 1924, observe plusieurs cas d’ectasie du moignon cystique. Il reconnait qu’il ne s’agit pas du développement d’une nouvelle vésicule. La bile qui y est contenue est identique à la bile hépatique. Cette poche ne possède pas le pouvoir concentrateur du cholécyste.
Chez tous ses chiens, sacrifiés à partir du 40° jour, CANAVERO (1928), fait des constations identiques. Il explique l’observation faite par DE VooGr qui avait trouvé une véritable vésicule par ce fait qu'il a laissé une grande partie du cystique, peut-être même un fragment du col de la vésicule. On sait en effet, depuis les recherches anatomiques de Wirarr, que cystique et cholédoque s’accolent en canon de fusil, durant une partie plus ou moins longue de leur trajet. Cette disposition donne lieu à de nombreuses erreurs tant en chirurgie qu’en expérimentation.
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Pour être sûr de réséquer tout le cystique, l’opérateur doit d’abord le dissocier complètement du cholédoque, manœuvre souvent délicate.
Une série de travaux récents signés par des chirurgiens italiens donnent des résultats à peu près concordants. | - BaricE (1931-32) dans la seconde série de ses travaux abandonne l'hypothèse de la régénération vésiculaire. Quand il laisse un fragment de cystique, il observe une dilatation sacciforme du moignon, sans caractère histologique commun avec une vésicule, S’il parvient à réséquer complètement le cystique, il ne trouve plus qu’une petite masse cicatricielle, accolée à la voie biliaire principale. AGRIFOLIO, MARIANO, concluent de même; ARPINO (1932), chez un seul chien trouve un diverticule développé après 120 jours malgré une large résection cystique. Mais outre le fait que ce cas est unique, nous avons vu combien il est difficile d’être sûr que l’on a réséqué tout le cystique.
Nous voudrions terminer cette étude morphologique en rappelant les travaux de Bucarossr (1933) en raison de leur intérêt chirurgical.
Il parvient à supprimer presque complètement la dilatation du moignon cystique en repliant sur lui-même le moignon, en le fixant par un second point au catgut, en péritonisant et en recouvrant avec le grand épiploon. Dans une série de 4 chiens, alors que le témoin opéré sans précaution spéciale, avait une forte ectasie, les autres ne présentaient qu’une formation solide, de consistance uniforme, de volume comparable à celui d’un gros grain de blé, intimement adhérente au cholédoque au niveau du point de section du cystique. L'examen radiologique après injection des voies biliaires à l’iodure de lithium, montrait une petite dilatation communiquant largement avec la voie biliaire principale.
Il conclut que cette dilatation est dûe à un lieu de moindre résistance, et non pas à des phénomènes de traction invoqués par WarzeL. En effet la fixation du moignon à l’épiploon, s’es! montrée complètement inopérante.
Dans une seconde série d'expériences, il a voulu étudier l’in-