LES SULFAMIDES DANS LES DYSENTERIES A BACILLES DE FLEXNER
= Ainsi, lorsque survint, durant les mois de juin, ie | juillet, août 1940, l’épidémie de dysenterie bacillaire SA = alimentée par les camps de prisonniers de la région : . parisienne, l'efficacité des sulfamides n’était que partiellement prouvée.
En effet, les résultats expérimentaux s’étaient montrés quelque peu discordants et N. RIST et P. THIBAULT terminaient leur exposé en disant que les résultats qu'ils avaient obtenus ne pouvaient en rien préjuger de l’influence du sulfamide sur la dysenterie humaine, maladie bien différente de la maladie expérimentale de la souris.
Les résultats cliniques de E. Jones et D. W. ABSEE sont, par contre, plus convaincants, mais là il semble qu’il s’agissait de formes légères d'autant que, comme l’ont montré H. GOUNELLE et ses collaborateurs, les
doses quotidiennes faibles de sulfamide employées ne
permettent pas de juger de l'efficacité réelle de la
médication.
Aussi, lorsque ce traitement fut employé dans le
service de M. GOuNELLE, au Val-de-Grâce, il ne fut
d’abord essayé que chez certains malades.
Les résultats encourageants obtenus dès ces premiers essais permirent d’en faire très rapidement un beaucoup plus large emploi et, dans leur mémoire, MM. H. GOoUNELLE, À. Bonn, CI. Koskas et J. MARCHE rapportent 50 cas de dysenterie à bacilles de FLEXNER
traités par le sulfamide.
Donné par la voie buccale à doses élevées, puis ensuite progressivement décroissantes pour atteindre un total de 20 gr. en 4 jours ou de 30 gr. en 6 jours, le sulfamide fut parfaitement toléré; il n’y eut aucun incident si minime soit-il à la suite de son ingestion. Il n’est pas sans intérêt de rapprocher de cette constatation l’état d’alcalose que MM. BomiN, H. Gou- NELLE et À. BoHN ont signalé si fréquent dans la dysenterie. Par ailleurs, tous ces malades furent soumis à la diète hydrique avec eau de riz salée, eau bicarbonatée, repos au lit pendant les premiers jours, puis réalimentation très progressive dans les jours
suivants.
Comme il s'agissait de vérifier la valeur thérapeu-
tique du médicament, celui-ci ne fut employé qu'après
un pe de ae variant le 24, 36 et 60 Pre après
Tlhospitalisation du malade, c’est-à-dire pratiquement
2 à 5 jours depuis le début véritable de la maladie —
le traitement, dans ces conditions, n’a donc débuté
qu'avec un certain retard; il n’a de plus été entre-
pris que dans les cas où, à ce moment, aucune amélioration notable de l’état du malade et notamment dans le nombre de ses selles ne s'était produite.
Encore ces auteurs ont-ils conservé aux phases suc-
cessives de l’épidémie des cas témoins aussi compara-
bles que possible aux cas précédents et qu’ils ont trai-
tés par les méthodes habituelles (sulfate de soude, charbon, bismuth, collargol, etc.).
Les résultats obtenus dans ces formes où la mise en œuvre du traitement a été relativement précoce, sont particulièrement frappants, comme le montrent
les observations suivantes :
OBSERVATION 1. — C... Emmanuel, 80 ans.
Brusque par douleurs abdominales intenses, vomissements. Diarrhée liquicienne jaunâtre avec quelques filets de sang; environ 20 selles dans les 24 heures,
Fièvre élevée.
Syncope au cours de la nuit en se rendant à la selle.
Le 17 juillet :
Il se présente à l’infirmerie, la température est à 38°2. Evacué sur le Val-de-Grâce le même jour. ki A son entrée, l'examen montre: is Un léger subictère des conjonctives.
La langue est saburrale; la palpation abdominale
réveille une sensibilité peu vive au niveau des deux fosses
iliaques. :
La température atteint 40°, une hémoculture faite dans la soirée se montrera négative.
40 selles peu abondantes, muco-sanglantes dans les dernières 24 heures.
Mis à la diète, il recoit 3 gr. de 1162 F.
Le 18 juillet :
Au matin, la température est redescendue à 38°2. Il recevra, au cours de la journée, 6 gr. de 1162 F.
La température est à 37°4, le nombre de selles tombe de 25 pendant la journée du 18, à 2.
Il reçoit à nouveau 6 gr. de 1162 F.
Le 20 juillet :
Une selle. ù Température 37°2.
Le malade sortira, le 22 août, sans avoir présenté ni rechute, ni récidive.
Le diagnostic est confirmé par deux séro-diagnostics positifs au 1/0; partiellement, au 1/100. -
En résumé, forme moyenne traitée dès le deuxième
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