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très riche en albumine, ni mucine ni fibrine, urée normale ; nous aurions voulu reprendre létude de la eomposition de cet exsudat en centralisant nos recherches sur les quantités de sulfocyanates existant en lui. Malheureusement, bien qu'en relation suivie avec un interne des hôpitaux placé au service des intoxiqués, aucun cas d'æœdème ne s'est offert el il ne nous à pas été possible de voir si la quantité de sulfocyanates existant dans cet exsudal correspondait à sa teneur normale dans le sang (1 milligr.) ou à des teneurs plus élevées, comme dans la salive par exemple (37 milligr. en moyenne).
Cet exsudat étant caractérisé par som abondance, 1/4 à 1/2 litre, n’aurait-ce pas été Ià alors une cause de la présence en quantité anormale des sulfocyanales ? Cette hypothèse nous fut suggérée par M. le Professeur Douris, et expliquerait peut-être en certains cas la présence simultanée et en quantités anormales des barbituriques et des sulfocyanates.
Ou encore, comme M. le Professeur PAGET l’a montré dans des publications récentes : « L'Adrénaline des Surrénales » (1), et où il attirait l'attention sur les composés biologiques momentanément masqués à leur réactif habituel, et libérés ensuite sous des influences très variées, pourrait-on raisonner d’une façon identique pour l'acide sulfocyanique, les barbituriques ou leurs dérivés de {transformation facilitant la libération du composé dissimulé ?
La transformation chimique d’un Barbiturique en dérivé
sulfocyané semble-t-elle aisée à réaliser ?
La transformation d'un uréide à chaîne fermée, comme Îles hypnotiques envisagés en sulfocyanates, est très difficile à réaliser.
On passerait par l'intermédiaire d'un cyanure : celui-ci se transforme facilement en sulfocyanure dans l’organisme, comme la montré ESTÈVE (2), car :
1° En milieu aqueux, en présence de la quantité optima d'hydrogène sulfuré HS, la transformation ne s'effectue pas d’une manière appréciable.
2° Mais en présence de matières organiques comme le sang ou l'hémoglobine, ou de fer, en particulier à lPétat métallique, la transformation très favorisée s'effectue facilement.
Mais le barbiturique lui-même peut-il donner aisément de l'acide cyanhydrique HON ou le sel correspondant, même dans l'organisme ?
C'est une dégradation qui nous à semblé très difficile à effectuer au laboratoire, Nous ne la croyons pas réalisable dans l’organisme.
(4) Pacer Marcel : L'adrénaline des surrénales. Thèse Lille 1931, IN:92827 (2) ESTÈVE : Les agents de transformation de l'acide cyanhydrique en acide sulfocyanique. Thèse Doctorat Pharmacie, Bordeaux 1924.
Les barbituriques sont des uréides très stables, dont la désintégration totale exigerait un concours de facteurs que l'organisme est incapable de fournir. ?
Nous avons, en effet, repris des expériences effectuées, en 1912, par M. Douris (1) et A. Wirrx, et concernant l’action de l'acide nitrique et de l’azotate d'argent sur le tanin : nous avons obtenu un volumineux précipité ne disparaissant pas par une nouvelle addition d'acide azotique ni par une ébullition prolongée. Ce précipité se présente sous la forme de petits prismes allongés, légèrement colorés en jaune, et fut identifié par les deux auteurs précédents comme du cyanure d'argent ; done, l'oxydation nitrique du tanin, en opérant sous certaines conditions de température et de concentration, engendre de l'acide cyanhydrique HON, que l'on mel en évidence très aisément en opérant en présence de nitrate d'argent NO‘Ag.
Ces résultats se trouvent d’ailleurs conformes à la production connue de l'acide cyanhydrique dans le cours d'oxydation des matières hydrocarbonées par l'acide azotique NO°H. M. BERTHELOT en Cite un cas formel dans la transformation de l’acétylure d'argent en cyanure d'argent par l'acide azotique ordinaire bouillant. M. BENRATH, également, signale la production d'acide cyanhydrique dans l’action de l’acide azotique dilué sur les acides aliphatiques à la lumière solaire, en présence de nitrate ferrique.
Parallèlement aux précédentes, nous en avons réalisé de semblables, mais en substituant au tanin un véronalide.
Dans un ballon de 500 em° (l’ébullition étant assez tumultueuse, prendre toujours des récipients de volume élevé), nous avons mis successivement du nitrate d'argent NO'Ag, puis, après sa dissolution, du véronal, de l'acide azotique et de l’eau; nous avons opéré sous les concentrations suivantes : NO'Ag, 1 gr. Véronal, 1 gr. NO'H conc. à 40° B, 10 env. Eau Q. & pour 100 em*,
Nous obtenions done une solution nilrique de nitrate d'argent tenant en suspension le barbiturique insoluble à froid. Le mélanze ainsi obtenu est porté à l’ébullition, que nous maintenons 5 minutes environ ; le mélange s’éclaircil peu à peu et c’est un liquide fout à fait limpide que nous abandonnons au refroidissement. Nous avons réalisé, d’ailleurs, de nombreuses expériences en faisant varier les concentrations et la vitesse de refroidissement : dans tous les cas, nous avons obtenu, après {12 heures, un dépôt de cristaux se présentant soit sous forme de longues aiguilles crislallines, soit sous forme beaucoup plus dense en prismes frapus.
Nous avons opéré l'analyse chimique de ces cristaux, après les avoir soigneusement lavés à l'eau distillée pour éliminer toute race de nitrate d'argent en excès (les eaux de lavage ne doivent plus troubler par l'acide chlorhydrique).
Pour rechercher l'acide cyanhydrique, nous avons traité le précipité cristallin obtenu par le sulfure d'ammonium polysulfuré S (NH*}S : aucun précipité noir ; le sulfure d'argent étant inso-
(1) R. Douris et A. WIRTH : Action de l'acide nitrique et du nitrate d'argent sur le tanin, Bull. Sc. Pharmacol., N° 7, Juillet 1912 /2XTXe
luble dans le sulfure d’ammonium, il n'y avait donc pas d'argent ; nous avons ensuite chauffé jusqu'à volalilisation complète du sulfhydrate en excès el repris le résidu par leau acidulée par l'acide chlorhydrique. (Get acide chlorhydrique est nécessaire, car il décompose le sulfure d'’amimonium, lequel donnerait, avec le perchlorure de fer, du sulfure de fer noir qui masquerait la coloration du sulfocyanate ferrique). Nous filtrons et ajoutons une goutte de perchlorure de fer Fe’Cl° : pas de coloration rouge caractéristique du sulfocyanate ferrique, le produit n'était donc pas du cyanure.
La réaction du bleu de Prusse s'est également révélée négative.
Soumis à l’action du chalumeau dans un creuset, ces cristaux fondent, puis s'évaporent, sans laisser de résidu métallique, et il faut chauffer très fort ; or, le cyanure d'argent CNAg ne fond pas, mais se décompose en donnant un dégagement de cyanogène et un résidu argentique.
Le produit ceristallisé ainsi obtenu dans nos expériences ne renfermait done ni argent, ni cyanure.
Nous avions cru un moment, devant l'absence d’anion cyanhydrique, que le produit obtenu était du véronal argentique, signalé par VAN ÎTALLIE (1) ; l’absence d’argent dans le précipité devait annihiler nos préjugés; d’ailleurs, le véronalargent signalé par Van ITALLIE en 1919, et obtenu par action du nitrate d'argent ammoniacal sur une solution sodique de véronal, se présentait en mâcles clinorhombiques très biréfringents bien différents des cristaux obtenus dans nos expériences.
Nous avons réalisé alors de nouvelles expériences en supprimant le nitrate d'argent NO’Ag : les résultats furent identiques aux précédents, nous avons obtenu des cristaux analogues, Île nitrate d'argent n'avait done nullement coopéré à la réaction.
Ces cristaux nous donnèrent, au bloc de MAQUENKNE, un point de fusion de 180-190°; mis en solution alcoolique et traités par une goutte de solution de nitrate de cobalt (NO*)Co à 10 Go, puis d'ammoniaque au 1/10, nous avons obtenu une magnifique coloration mauve : la réaction ParRi-DEsopT s’est montrée également positive avec uné belle coloration rouge groseille.
Le produit ainsi formé était done le véronal lui-même, inattaqué par l'acide azotique NOSH et se séparant par refroidissement de son solvant sous une autre forme cristalline.
Cette résistance à l'action brutale de l'acide nitrique nous montre donc que les véronalides sont des composés très stables ; leurs formes très variables de cristallisation augmentent la difficulté de leur étude et montrent la nécessité, à cause de leur inconstance, d'adjoindre toujours à une réaction microcristalline des réactions chimiques avant de poser quelque conclusion.
Le véronal est un uréide très stable, et c’est un caractère qui est applicable à tous les autres dérivés de la série barbiturique : leur transformation, au laboratoire, en eyanure, ne semble réali-
(4) VAN ITaLLIE et VAN DER WEEN : Réactions chimiques sur véronal, luminal et proponal. Journal Pharm. el Chimie 191920, p. 337.