CH°OH - (CHOH)‘ - CHO + HON = CH°OH - (CHOH)‘ - CHOH - CN
Cette réaction trouve une preuve dans la magnifique résistance de RASPOUTINE à l’intoxication par les cyanures.
2° Par hydratation avec formation de formiamide puis de formiate d’ammoniaque.
CNH + H°0 — HCONH? + H°0 — HCOONH*
3° Par polymérisation ou transformation en nitrile aminomalonique.
SCNH = CN — CH (NH°) CN
4° Et surtout par transformation en sulfocyanates alcalins, sous l'influence de la putréfaction, par intervention du soufre des matières albuminoïdes. C’est là, en toxicologie, la cause principale de la disparition de lacide cyanhydrique, si brillamment mise en relief dans la thèse de CHELLE.
Cette méthode de CHELLE se trouve exposée avec tous ses détails opératoires à la fin de notre travail. Permettant une identification et un dosage très précis, non seulement des cyanures mais aussi des dérivés sulfocyanés, elle est à même de fournir à
l'expert des conclusions irréfutables à l’abri de toute erreur judi-
(1) CHELLE : Recherche et dosage de l'acide sulfocyanique. Contribution à la toxicologie de l'acide cyanhydrique. Découverte et démonstration de sa transformation post mortem en acide sulfoeyanique. Thèse Doctoral Pharmacie Bordeaux, 1919. Gounoulhiou, éditeurs. .
(2) R. Douris : Toxicologie moderne, p. 467. Vigot frères, éditeurs.
ciaire. Eile revêt done une grande importance, car la quantité « d'acide cyanhydrique libre » déterminée peut se traduire par des doses infimes ou même par un résultat négatif (ce que l'on a déjà pu constater dans des cas réels d'intoxication par de faibles doses d'acide cyanhydrique à la suite d'opérations de désinsectisation ou de dératisation) si l'expertise n’a pas été effectuée aussitôt après le décès de la victime, et c’est généralement le cas : l'hydrogène sulfuré engendré par la putréfaction aura pu transformer les cyanures en sulfoeyanures.
Les conclusions devront naturellement être rédigées avec beaucoup de prudence, en prenant appui sur les commémoratifs, car il faut tenir compte :
1° Des sulfocyanales normaux de l'organisme ;
2° Des sulfocyanates d’origine alimentaire ;
3° Des sulfocyanates provenant d'un traitement thérapeutique ou qui résulteraient d’une mauvaise épuration des gaz d'éclairage, les impuretés cyanogénées pouvant se transformer en engendrant des sulfocyanates ;
4° D'un empoisonnement possible par les sulfocyanates euxmêmes.
Le problème, si simple jusqu'alors, devait être compliqué en 1930 par KonN-ABREST, L. CApus, Mlle VizzaRDp (1), à la suite de recherches sur les causes d'erreur en toxicologie, et qui établirent la transformation dans l'organisme, après la mort, des dérivés barbituriques en dérivés cyanhydriques.
Il ne suffirait done plus, comme jadis, de déceler des traces d'acide cyanhydrique HCN dans les organes d’une personne ayant succombé de mort suspecte pour conclure, en l'absence d'autres preuves, à l'empoisonnement par du cyanure, les médicaments hypnotiques tels que véronal, gardénal, et autres barbituriques, pouvant engendrer, post mortem, des dérivés de ce terrible poison.
KOHN-ABREST ajouta : Ces résultats éclairent d'un jour nouveau, d'autre part, le sort dans l'organisme des hypnotiques dont on abuse, et expliqueront peut-être des toxicités imprévues de ces médicaments si l’on dépasse certaines doses.
Avec l'aide de mon maître, M. le Professeur Douris, nous avons repris Ce problème. Deux chapitres spéciaux (VII et VIIL) ont été consacrés à cette étude de la désintégration des barbituriques dans l'organisme post mortem et de leur transformation en sulfocyanales, et à l'importance pratique et judiciaire que créait un tel processus.
Mais, avant d'aborder cette étude, nous avons voulu nous oecu-
per de la loxicologie des sulfocyanates, encore trop méconnue à l'heure actuelle,
>résge s « «à ; ; ae Présence des sulfocyanures dans l'organisme humain : transfornation pos mortem du véronal, dial, gardénal, en composés cyanhydri-
ques. Conséquences en toxicologie. Koun S $ XiC - KOHN-ABREST, Mile VILL 5 5 C. R: Ac. Sc, 1930. 190, p. 281. set en