‹ Les supercheries littéraires dévoilées (volume 2)Chapitre 547 sur 1082 · POESIES · texte numérisé non relu

POESIES

Les poètes, aussi bien que les prosateurs, ont jugé M. de La Mennais, et ils étaient dans leur droit ; car le nouveau Père de l'Église, comme on le disait alors, a été plus poète que théologien, que philosophe ; et poète de cette école de poésie que Ludwig Tieck, le chef de l'école romantique allemande, a si bien caractérisée dans son « Voyage dans le bleu » ; de cette poésie, belle de formes, désespérante et infernale par le fond. A l'occasion de M. de La Mennais, il s'est trouvé des poètes, non des poètes fantariaques ou nébuleux, encensant à leur manière tonte célébrité quelconque, mais des poètes à nobles et vrais sentiments, et qui ont pressenti que le masque d'un écrivain élégant cachait un homme dangereux qui voulait se venger, sur la Société, de son ambition déçue. Honneur à ces poètes courageux, qui ont marqué au front cet homme trois fois apostat.

Le premier est M. Viennet.de l'Académie française, ce poète si spirituel et si mordant. 11 a connu M. • de La Mennais dans sa jeunesse, qui a été fort peu édifiante par parenthèse, et grande a été l'indignation du poète, quand a paru le livre de la doublure du comte de Maistre, intitulé : « De la Religion considérée dans ses rapports avec l'ordre politique et civil. » Il a stigmatisé notre ultramontain non-seulement par de beaux et bons vers, mais encore par des noies historiques qui accompagnent son Epitre (Voy. le n° 148). M. Lucas, ex-député de la Seine-Inférieure, a composé un écrit a l'occasion de * l'Essai sur l'indifférence » (Voy. n* 53); M. J. Huber a exprimé, en bons vers, tonte son indignation contre les * Paroles d'un croyant » (Voy. le n° 95); deux écrivains, l'abbé L.-F. Eymin et M. Victor Davin, nous ont communiqué les impressions qoe la lecture des « Affaires de Rome » a produites sur leur esprit (Voy. les n°* 126 et 127); M. le comte A.-H. de Lahaye a combattu le * Livre du peuple 9 (Voy. le n° 128). Enfin, un honorable magistrat, poète spirituel et de bon goût, qui s'est caché sous le nom d'un Homme-potence, nous a donné, sous le titre de « Lettre », une véritable- satire, très-fine, de * le Pays et le Gouvernement » (Voy. le n° 138) (1). Nous

(1) C'est par erreur que nous avons compris cet écrit parmi les réfutations du « Livre du peuple. »

avions eu l'intention de terminer notre notice par trois de ces diverses pièces de poésie ; celles de MM. Viennet, J. Huber et de V Homme-Potence ; mais M. Viennet, qui nous avait permis de reproduire son Epitre, s'est rappelé à temps qu'il avait signé les statuts de la Société des gens de lettres, et que celte société, par suite de son amour pour les lignes, ne donnait point, mais vendait très-bien l'autorisation de reproduire des fragments de ses affiliés; nous avons dû, à grand regret, renoncer à reproduire la chaleureuse Epitre de M. Viennet, mais nous donnons celles de MM. J. Huber et de l'Homme-Potence, que certainement on lira avec plaisir.

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