‹ Les supercheries littéraires dévoilées (volume 2)Chapitre 750 sur 1082 · PREMIÈRE ÉPOQUE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ÉPOQUE

I. Extrait du Journal du fils aîné du duc d'Orléans, écrit jour par jour par lui-même. Publié par L. C. R. (L.-C. Roussel, avocat). An VIII (1800).

Imprimé pages' 230 à 282 de l'ouvrage intitulé : « Correspondance de Louis-Philippe-Joseph d'Orléans avec Louis XVI, la reine, Monlmorin, Lianconrt, Biron, Lafayette, etc. Avec des détails sur son exil à Villers- Cotterets, et snr la conduite qu'il a tenue aux 5 et 6 octobre, écrite par lui ; suivie des lettres de sa femme à ses enfants, et de celles de madame de Genlis.... » publiée par le même L.-C. R. Paris, Maradan, an VIU (1800), in-8 de xxxij et 282, plus 6 pages de tables non paginées et le portrait de d'Orléans.

De la lecture de ce journal, il résulte que, par reflet de cette époque, le jeune prince était tout à la fois bon républicain, bon hospitalier de l' Hé tel-Dieu, pansant et soignant, et pourtant colonel de dragons, qui, en bon chrétien, disait ses offices et ses prières avant de se coucher.

Ce journal nous apprend aussi qu'une Phryné, contre laquelle le comte de Rivarol a fait une si sanglante épigramme, Phryné qui, sous la Restauration, s'est posée, sans rire, en mère de l'Eglise, après avoir débauché Loois-Philippe-Joseph d'Orléans, n'avait pas recalé devant l'idée de débaucher le fils. Lises ces extraits, et vous verres que chaque jour le jeune prince parle avec enthousiasme de cette corruptrice, qu'il nomme son amie. Parmi les nombreux exemples qu'offrent ces extrait nous n'en choisirons que deux, assez significatifs. Le 25 décembre 1790, il écrit : « Edouard m'apporta an billet de mon amie, qui, pour me consoler de ce qu'elle m'avait renvoyé de Belle-Chasse, me promettait qu'elle me garderait dans sa chambre les soirs qu'elle n'aurait pas de monde, et que je n'irais pas le lendemain à l'Hôtel- Dieu. Cette promesse et les expressions tendres de son billet m'ont comblé de joie. * Une autre fois (le 22 mai 1791), il écrit : « 0 ma mère, que je vous bénis de u'avoir préservé de tous ces maux, en m'inspirant des sentiments de religion qui font ma force. Si je n'avais pu la certitude d'une seconde vie, et si je ne savais que, de ma part, une faute de ce genre serait un coup de poignard... » Ainsi, luxure et dévotion. Cette Phryné était la gouvernante des enfants de Louis- Philippe-Joseph d'Orléans, désignée dans les Extraits du Journal du jeune prince sous le nom de madame de Sillery, et qui n'était autre que (la célèbre madame Sillery de Genlis. Sa correspondance avec le jeune prince serait une lecture bien édifiante, mais cette digne mère de l'Eglise* eu le soin de la détruire de bonne heure.

L'Extrait du Journal que nous venons de citer a été réimprimé peu après 1830, sous ce titre : « Un an de la vie de Louis- Philippe 1«\ écrit par lui-même, ou Journal authentique du duc de Chartres (1). * 1790-01. Paris, Perrotin, 1831, in-8 de 123 pages.

(1) En venant au monde, le fils aîné de Lonis-Phillppe Egalité fut nommé duc de Valois; en octobre 1785, on lui donna le titre de due de Chartres ; après la mort de son père, il prit celui de duc d'Orléans.

2 fr., et des fragments très-curieux de ee volume eut été reproduits par le National, numéro du 13 soit

II. Apologie de la Révolution française et de ses admirateurs anglais, en réponse aux attaques d'Edmond Burke, avec quelques remarques sur le dernier ouvrage de M. de Calonne; par Jacques Macintosh.

Ouvrage traduit de l'anglais sur la 3* édition (littéralement par le duc de Chartres, revu et corrigé par À. Pieyre). Paru, F. Buisson, 1792, in-8 de 362 pages y compris la table des matières.

Ce livre est la traduction de celui qui parut en anglais, sous le titre de « Vindicte Gallicx, or a Defence of fhe french révolution and ils english admirers, against tae accusation of Edmond Burke, ineluding some stricturei on the late productions of Calonne ». London, 1791, in-8.

La traduction de cet ouvrage dans notre langue vamt à son auteur, de la part de l'Assemblée nationale, h titre honorifique de citoyen français.

Une circonstance curieuse se rattache à latraductiei de cet ouvrage. On lit à la page 341 du second vohnac des « Mémoire of sir James Mackintosh a, publiés par son fils, qui est fellow dans un des collèges d'Oxfcnt, un extrait de son journal, qui dit i qu'ayant été invité à dîner en 1806 chez le duc d'Orléans, qui akrs habitait Twickenbam, ce prince fui apprit qu'il avait autrefois traduit une grande partie de sa réfutation et Burke ». Or, voici ce que nous a appris Louis-Philippe lui-même sur la part qu'il a eue à la traduction de l'ouvrage de Mackintosh. Ces renseignements sont tires de l'extrait du journal du duc de Chartres, cité précédemment.

8 janvier (1790). « J'ai été hier matin à l'Assemblée, aux Jacobins, à 6 heures. M. de Nouilles a présenté no ouvrage sur la Révolution de M. Joseph Tower ({jsex Jacques Mackintosh), en réponse à celui de M. Burke ; il en a fait nn grand éloge et a proposé de m'en nommer traducteur. Cette proposition a été accueillie par de nombreux applaudissements ; j'ai accepté, comme nn nigaud, en témoignant la crainte que f avais de ne pas pouvoir parvenir à remplir leurs vues. Je suis rentré à sept heures un quart. Le soir, mon pire m'a dit qu'il ne le voulait point, et que je me dégageasse dimanche aux Jacobins, j'exécuterai ses ordres ».

10 janvier. « J'ai dîné à Belle-Chasse avec les députés ordinaires, et de plus M. de la Touche. Le soir, j'ai été anx Jacobins avec MM. de Sillery et Voidel : j'ai dit (par ordre de mon père) que n'étant pat en état de faire un ouvrage, je ne me chargerait que delà traduction littérale, et Pieyre la rédigerait et y mettrait ton nom. Cette proposition a été adoptée. »

19 janvier, c J'ai passé hier toute la journée 1 Belle-Chasse à faire ma traduction. »

Dans nn exemplaire que nous avons tenu entre les mains et que l'on suppose avoir appartenu an duc de Chartres, au bas de la première page de l'isàrodactien de l'auteur anglais (qui en forme douse), nous avens trouvé un paraphe manuscrit qui, nous a-tn malgré la différence des époques, a encore de V avec les paraphes de l'ex-roi, dans la signature des lettres closes qu'il adressait aux chambres.

La traduction fidèle de rintroduction de l'auteur anglais a dfi porter le prince, après 1814, à ne pas

LOUIS-PHILIPPE

LOUIS-PHILIPPE

•'avouer pour le traducteur do livre de Mackintoth, surtout par rapport à ce paragraphe par lequel finit l'introduction :

« Le conte d'Artois (1), ce digne rejeton dn grand Henri, émule des Bavard et des Sidney, nouveau modèle de la chevalerie française, doit partir de Tnrin^avec dix mille chevaliers, pour délivrer la sans-pareille et immaculée Antoinette d'Autriche de la dure captivité où elle a été si longtemps tenue dans les murs des Tuileries, et pour la soustraire au armes des chevaliers peu courtois de Paris, et aux enchantements de ces sombres magiciens de la démocratie. »

m. Mémoires du général Du mouriez, écrits par lui-môme. (Livres VU et VIII.) Hambourg, 1794, 2 vol. in-8, et Londres (Paris), Î794, 2 vol. in-8.

On assure que le duc d'Orléans a été pour beaucoup dans la rédaction de ces Mémoires, et c'est très-vraisemblable : les deux transfuges ont dû s'entendre pour leur justification commune. Les deux éditions que nous citons diffèrent beaucoup de la réimpression de 1829, en 4 vol. in-8, augmentée et singulièrement corrigée par le général.

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