‹ Les Supercheries Litteraires Devoilees (volume 5)Chapitre 12 sur 205 · PREMIÈRE ÉPOQUE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ÉPOQUE

I. Extrait du Journal du fils aîné du duc d'Orléans, écrit jour par jour par lui-même. Publié par L. C. R. (L.-C. Roussel, avocat). An VIII (1800). [4315]

Imprimé pages 220 h âS2 de l'ouvrage intitulé : « Gorrespoodance de Louis^Phitippc-Joscpli d'Orléans avec Louis XVI, la rciuc, Montmorin, Liancourt, Biron, Lafayette, eic. Avec des détails sur son exil à Villers- Cotterets, et sur la conduite qu'il a tenue au 5 et 6 octobre, écrite par lui ; suivie des lettres de sa femme à ses enfants, et de celles de madame de

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Genlis > publiée par le même L.-C. R. Maradan, anTiii (iSOO), in-^de

xxxij et S82, plus 6 pages de tables non paginées et le portrait de d'Orléans.

De la lectare de ce journal , il résulte que, par reflet de cette époque, le jeune prince était tout à la fois bon républicain, bon hospitalier de inSAtel-Dieu, pensant et soignant, et pourtant colonel de dragons, qui, en boo chrétien, disait ses offices et ses prières avant de se coucher.

Ce journal nous apprend aussi qu'une Phrynée, contre laquelle le comte de Rivarol a fait une si sanglante épigramme, Phrynée qui, sous la restauration, s*est posée, sans rire, en mère de C Église, après avoir débauché Louis^Philippe-Joseph d'Orléans n'avait pas reculé devant ridée dedébaucber le fils. Lisez ces extraits, et vous verrez que chaque jour le jeune prince parle avec enthousiasme de cette corruptrice , qu'il nomme son amie : Parmi les nombreux exemples qu'offrent ces extraits, nousn*en choisirons que deux, assez significatifs. Le S'S décembre 1790, il écrit : « Edouard < m'apporta un billet de mon amie, qui, pour me consoler de ce qu'elle « m'avait renvoyé de Belle-Chasse, me promettait qu'elle me garderait « dans sa chambre les soirs, qu'elle n'aurait pas de monde, et que je n'irais « pas le lendemain à l'Hôtel-Dieu. Cette promesse et les expressions ten- « dres de son billet m'ont comblé de joie ». — Une autre fois (le 5â mal 1791), il écrit : < 0 ma mère que je tous bénis de m'avoir présenré de « tous ces maux, en m'inspirant des sentiments de religion qui font au « force, si je n'avais pas la certitude d'une seconde vie, et si Je ne savais

9 que, de ma part, une faute de ce genre serait un coup de poignard

Ainsi,luxure et dévotion. Cette Phrynée était la gouvernante des enfants de Louis- Philippe- Joseph d'Orléans, désignée dans les Extraits du Journal du jeune prince sous le nom de madame de Sillery, et qui n'était autre que la célèbre madame Sillery de Genlis. Sa correspondance avec le Jeune prince serait une lecture bien édifiante, mais cette digne mère de l'élise a eu le soiu de la détruire de bonne heure.

V Extrait du Journal que nous venons de citer a été réimprimé peu après 1830, sous ce titre : « Un an de la vie de Louis-Philippe I^', écrit par lui-même, ou Journal autlientique du duc de Chartres (1). » 1790- 91. Paris, Perrotin, 1851, in-8 de 123 pages, 2 ifr., et des fragments très curieux de ce volume ont été reproduits par le National, numéro du 13 août 1847.

II . Apologie de la Révolution française et de ses admirateQi*8 anglais, en réponse aax attaques d'Edmond Burke^ avec quelques remarques sur le dernier ouvrage de M. de Calonne ; par Jacques Mackinlosh. Ouvrage traduit de l'anglais sur la 3' édition (littéralement par le duc de Chartres, reyu et corrigé par A. Pieyre). Paris,

(i) En venant au monde, le fils aîné de Louis-Philippe Egalité fut nommé due de Valois; en octobre 1785, on lui donna le titre de duc de Cluwtres; après la mort de son père, 11 prit celui de duc d'Orléans,

F. Buisson, 1792 , ia-B de 362 pages y compris la table des matières. [a316]

Ce liTreest la tradaction de celui qui parut en anglais, sous le titre de « Vindiciae Gallicse^ or a Defence of the french révolution and its english admirers, against the accusation of Edinund Burké, including some structures on the la te productions of Galonné ■ .London, 1791, in-8.

La tradaction de cet ouvrage dans notre langue» valut à son auteur, de la part de TAssemblée nationale, le titre honoriûque de citoyen français. Une circonstance curieuse se rattache h la traduction de cet ouvrage. On lit à la page 341 du second volume des < Memoirs of sir James Makintosh », publiés par son fils, qui est feUotc dans un des collèges d*Oxford, un extrait de son joarnal, qui dit « qu'ayant été invité à diner en 1806 chez le duc d'Orléans, qui alors habitait Twicfcenham, ce prince lui apprit qu'il avait autrefois traduit une grande partie de sa réfutation de Burke ». Or, voici ce que nous a appris Louis-Philippe lui-même surla part qu'il a eue k la traduction de l'ouvrage de Mackintosh. Ces renseignements sont tirés de Textrait du journal du duc de Chartres, cité précédemment.

^Janvier (1790). « J*ai été hier matin à l'Assemblée, aux Jacobins, à six heures. M. de Noailles a présenté un ouvrage sur la Révolution de M. Joseph Tower (lisez Jacques Mackintosh), en réponse h celui de M. Burke; il en a fait un grand éloge et a proposé de m'en nommer traducteur. Cette proposition a été accueillie par de nombreux applaudissements ; j'ai accepté, comme un nigaud, en témoignant la crainte que j'avais de ne pas pouvoir parvenir à remplir leurs vues. Je suis rentré à sept heures un quart. Le soir, mon père m*a dit qu'il ne le voulait point, et que je me dégageasse dimanche aux Jacobins : j'exécuterai ses ordres ».

iO janvier, t J*ai diné à Belle-Chasse avec les députés ordinaires, et de plus M. de la Touche. Le soir, j'ai été aux Jacobins avec MM. de Sillery etVoidel t j'ai dit (par ordre de mon père) que n'étant pas en état défaire un ouvrage. Je ne me chargerais que de la traduction littérale, et M, Pieyre la rédigerait et y mettrait son nom. Cette proposition a été adoptée ».

i± janvier, « J'ai passé hier toute la journée à Belle-Chasse à faire ma traduction ».

Dans un exemplaire que nous avons tenu entre les mains et que l'on suppose avoir appartenu au duc de Chartres, au bas de la première page de l'Introduction de l'auteur anglais (qui en forme douze), nous avons trouvé un paraphe manuscrit qui, nous a-t-on assuré, malgré la différence des époques, a encore de l'analogie avec les paraphes de l'ex-roi, dans la signature des lettres closes qu'il adressait aux chambres.

La traduction fidèle de l'introduction de Fauteur anglais a dû porter le prince, après 1814, à ne pas s'avouer pour le traducteur du livre de Mackintosh, surtout par rapport à ce paragraphe par lequel finit l'introduction:

< Le comte d'Artois (1), ce digne rejeton du grand Henri, émule des

(i) Ce digne rejeton du grand Henri, Galonné, page /^iS; — Un nouveau modèle de la chevalerie française, Ibid,^ page iiA.

i 28 LODIS-PHILIPPE V

« Bayard et des Sidney, noa¥eaa modèle de li chevalerie friBçaise, doit • partir de Tarin avec dix mille chevaliers, pour délifrer la sans-paieiUe « et immaculée Antoinette d*Aotriche de la dure captinté o<i elle a été si « longtemps tenue dans les murs des Tuileries, et pour la soostnire aux « armes des cbeTaliers peu courtois de Paris, et aux enchanlemeats de ces « sombres magiciens de la démocratie >.

m. Mémoires da géoéral Dumouriez; écrits par loi-mêflie. (Li-

\res Yii et yiii.) Hambourg, 1796, 2 ?ol. in-8, et Londres (Paris),

1794, 2 vol. in-S. [«17]

On assure qoe le duc d'Orléans a été pour beaucoup dans la rédactioa de ces Mémoires, et c*est très Traisemblable : les deux transfuges ont dû s'entendre pour leur justification commune. Les deux éditioiis qne nous citons diffèrent beaucoup de la réimpression de 1822, en 4 yoI. ûi-8, augmentée et singulièrement corrigée par le général.

lY. Lettres (deax) à la duchesse d'Orléans, sa mère. [kZiS\

Imprimées l'une et l'autre, pages i5â à 157 de l'Explication de Ténigne du roman (de Monljoie) intitulé : « Histoire de la conjuration de Loaisr Philippe-Joseph d'Orléans» (parRouziroB Folhont, ex -conventionnel). Veredisthal (Paris), s. d., 4 part. in-8. Très rare (1).

La première lettre est datée de Fréderickstadt, le 15 août 1796; la seconde est datée de Hambourg, à bord d'un bâtimeut en partance pour TAmérique, le 15 septembre de la même année.

Dans la première des ces lettres (15 août 1796)., le duc d'Orléans écrivait à sa mère, qu'il allait faire imprimer un petit écrit dans lequel il seproposait de rétablir dans leur intégrité une partie des faits, que Mm« de Gealis avait tronqués dans le « Précis de sa conduite pendant la Révolution » (Hambourg, 1796, in-8 et in-l:2). Dans la seconde lettre, du 13 septembre, le duc dit à sa mère, qu'il joint à sa lettre son petit écrit.

Cet écrit imprimé soit à Fréderickstadt, ou à Hambourg, n*esi pas venu à notre connaissance.

V. Lettre adressée par M. le duc d*Orléaus à Tévêque deLandaff (Richard Watson), à Toccasion de TOraison funèbre du dac d'Enghicn , prononcée à Londres. Datée de Twickeobam , ce 28 juillet 180/1. [6S19]

Cette lettre a été imprimée d'abord dans le tome i, page 279, de la Bibliothèque historique, ou Recueil de matériaux pour servir à Thistoire du temps (Paris, 1818), et reproduite ensuite par les principales feuilles

(i) On ne connail â Paris que trois* exemplaires de cet ouvrago, qui a été écrit sur la demande de la ramlllc d'Orléans. Le premier est à la bibliothèque du î^uvrc ; le second à l'ancienne biblioihèquc de la Chambre des députés; le troisième dans la bibliothèque particulière de M. Beuchot, ancien bibliothécaire de la Chambre.

quotidiennes de la capitale, et aussi dans « le Livre terrible », de M.Martin du TheiL

C'est une lettre politique k propos d'une oraison funèbre. On y trouve ces deux singuliers passages :

... « J*ai quitté ma patrie de si bonne heure, que j'ai à peine les faabi- « tndes d'un Français, et je puis dire avec vérité, que je suis attaché à « l'Angleterre, non seulement par la reconnaissance, mais aussi par goOt « et par inclination. C'est bien dans la sincérité de mon cœur que je dis : « pnissé-je ne jamais quitter cette terre hospitalière *.

... • Des réformes faites à propos peuvent être sans danger ; maïs la résistance « AUX réformes se tei'mine le plus souvent par des révolutions ».

Quarante-quatre ans plus tard le roi des Français se faisait chasser de son^trône pour avoir oublié l'opinion très judicieuse d'un jeune prétendant, alors très peu probable, au tr6ne de France.

Pendant la Restauration il avait entendu de perfides flatteurs de la royauté, les ultramontains, qui la poussaient à une forte résistance, répéter que : le souverain qui laisse mettre son autorité en litige, l'abandonne. — Que les souverains en abandonnant une partie de leur pouvoir, ne réussissent qu'à irriter des désirs à demi satisfaits, et à ligitimer les factions.... (1). Il voulut faire l'application de ces préceptes ; mais les temps étaient changés; les flatteurs n'encourageaient que le chef de la ligitlmité, ils se firent basiléophages pour celui qui n'était qu'un usurpateur : ils conspirèrent contre lui pour rétablir la légitimité chassée de France,- et retrouver leur ancienne puissance. Le 24 février 1848, ils furent très étonnés d'avoir travaillé pour d'autres.

Ce n'est pas du reste la seule fois que les opinions du jeune homme se soient trouvées en contradiction avec celtes du vieux roi parjure. On lit dans l'Extrait de son journal (cité sous le no i), à la date du 20 juin 1791 : « Je vous déclare qu'autant je respecte un ancien militaire > qui porte la marqpe des services qu'il a rendus à sa patrie, autant je « méprise celui qui passe sa vie dans les antichambres pour obtenir un « ruban bleu. Voilà mon opinion sur les disliDcllons honorifiques ». — On ii*a point oublié les noms des militaires qui ont gagné leurs épaulellcs dans les antichambres de l'ex-roi.

VIL Documents historiques. Lettres écrites pendant rémigration

par le duc d'Orléans. Paris , de Timprimerie de Yrayet de Surcy,

18&i, iii-8 de 16 pages. [/|320]

Extrait de la « Gazette de' France » du le' janvier 1841 , et paginé 179-

YIII. Correspondance d'un prince émigré. ( Lettres adressées an

comte d'Entraigues.) Londres, 1835, 28 pages autogr. [/t321]

Ce sont les lettres publiées à Londres par la « Contemporaine » dans le

(i) L'abbé de LaMennais, dans le Drapeau blanc, en 1825, article à l'occasion du 21 Janvifl'.'^

130 LOUfS-PHf LIPPE I"

journal intitulé « le Portefeuille français • , et qui forent reproduites h Paris , d*abord par la < Gazette de France > le 15 janvier 1841, et parla « France > le 24 du même mois, ensuite par le « National, It Quotidienne, le Commerce et l'Echo français. >

L'une de ces lettres est datée de Palerme, le 17 avril 1806, une autre, de Cagliari, du 20 mai 1809 : l'une et l'autre sont indignes d'un Français, ne fût-il pas même prince. Il est bien certain que , si, en 1830, ces lettres eussent été connues, le duc d'Orléans n'eût point été élevé sur le pavois, malgré la recommandation d'une poignée de députés présents k Paris à l'époque de la Révolution de Juillet, et dont la plus grande partie troo* vait son intérêt à cette élévation, ce qui n'a pas empêché cet Harpagonroi de faire sonner bien haut qu'il tenait son pouvoir de la nation.

La reproduction de ces lettres dans les journaux de Paris fut attaquée par le ministère public, qui voulait les faire passer comme fausses; les gérants de la « France • et de la « Gazette de France » furent tradaits deviiut les tribunaux.

Sur ces débats, voyez la brochure intitulée : Procès réunis de la < France • el de la « Gazette de Frjnce >, recueillis et mis en ordre par oa avoi-al à la cour royale de Pai is (f/. Auguste Johannet). Affaires des lettres. Audiences de la cour d'assises de la Seine, des 24 avril et 21 mai 1841. Paris, Th. Pitral, 1841, in-8de56et3i pages.

De son côlé, « l'Aigle, journal du peuple et de l'armée, » dans son bbmérode mars 1841 (première année, pag. 69 et suiv.), nous a donné, sous le titre : ■ Histoire du correspondant de Louis-Philippe » , des particnlarités très curieuses sur le cher comte auquel les lettres reproduites par les journaux de Paris, en 1841, étaient adressées. Nous en extrairons seol emeat une note qui fait connaître l'origine de ce cher comte,

« Né dans ranciennc province de Rouergue , de parents roturiers, il « travestit son véritable nom d'Audenel en celui d'Audainel, anagramme « de celui de De Launay, peiili^ propriété qui appartenait à sa mère. Sa « famille, ayant acquis par succession une autre propriété appelée Entre- «Aiguës, lo jeune AudcneU suivant l'exemple d'une foule d'hommes obs- « curs, s'affubla lui-même d'un lilre féodal, et parut dans le monde sous « le i)o:u du comte d'Entraiguos. Mais alors il existait encore des mem- « bres d'une famille noble qui pouvaient disputer justement' ce nom au « comte de nouvelle fabrique ; il craignit le ridicule d'une réclamation et a d'un procès, et supprima la première lettre du nom qu'il avait usurpé > Il devint et resta comle d'Antraigues ».

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