XXXII. Plaidoyer (non prononcé), pour Pierre-Michel Vintras
par M. Bérard, de Pont-Lieue, avocat du barreau de Paris. Gaen,
1842, in-8.
Dans ce plaidoyer, M. Bérard a encadré des analyses de toutes les opinions erronées émises en faveur de Naûndorff par ses fauteurs et ses dupes.
XXXIII. Prophète (le) Vintras et Charles-Guillaume Naûndorff, duc de Normandie ; par M. Barthélémy Pont^ rédacteur en chef du Haro de Caen. — Impr* dans le Haro, n""' des 1^*^ 3, 6, 8 et 1 0 décembre 1842.
C'est nue analyse critique fort bien faite du plaidoyer de M. Bérard. L'auteur Fa fait précéder de judicieuses réflexions sur NauudorfT ei son prophète Pierre-Micbel Vintras, que nous allons reproduire.
« Tons les feuilletons et les comptes rendus qui ont été publiés jusqu'à prèseot sur le prophète Vintras et ses adeptes, ne les présentent que ^mme nne association formée dans le but unique de faire prévaloir des
Idées religieuses; cependant il n*en est pas tont-k-fîait ainsi : leur but principal, au contraire, parait être politique. La religion, dans la penséç d*an grand nombre des seclateurs de Vintras, ne serait qa*un moyen employé pour arriver à la reconnaissance de Charles-Guillaume Naûndorff comme duc de Normandie et fils de Louis XVI.
« Il est très vraisemblable que Tidée politique et l'idée religieuse même ne sont, pour beaucoup, qu'un prétexte d'exploitation, mais il est certain aussi qu'elles sont devenues pour d'autres une voie qui conduit à la reconnaissance de Naûndorff comme duc de Normandie et fils de Louis XVI; ils sont d'autant plus portés à se faire illusion sur la possibilité de l'avènement de ce prétendu prince, qu*ils sont persuadés qu'ils y trouveraient une position sociale qui leur est refusée dans tout antre ordre de choses.
« Leur intérêt les rend très peu difficiles sur la nature et la force des preuves avec lesquelles on prétend établir que Naûndorff est véritablement V orphelin du Temple^ le duc de Normandie, fils de Louis XVIy Louis XVll^ roi de France et de Navarre, Il faut qu'il fasse prévaloir cette idée par tous les moyens; si la terre leur manque, le ciel est là pour y suppléer ; ils regardent même comme très permises /f« /ratM^e^, qu'au besoin, ils appelleront pieuses, pour faire triompher ce qu'ils ont intérêt à croire-la vérité, et des hommes parfaitement honorables pour toute autre chose ne se feront aucun scrupule de donner la main à des mensonges utiles^ à des impostures (fil leur paraîtront parfaitement innocentes. Gela vous explique rintérét qu'un grand nombre de personnes, très honnêtes d'ailleurs, portent à Vintras, quoiqu'elles sachent très bien à quoi s'en tenir sur la divinité de sa mission. Ils croient ce qu'ont dit en théorie certains publicistes» et que mettent en pratique merveilleusement, de nos jours, certains hommes d'État, que pour gouverner les hommes il faut les tromper, et les Vintrassiens essaient de tromper toute conscience pour arriver à gouverner, en tout profit pour eux ; mais ils ont le malheur de détrousser des gens en possession depuis longtemps de toutes leurs recettes. Ge qui leur manque en tout, c'est le brevet d'invention, c'est la priorité du perfectionnement; car, hélas! comme l'a dit spirituellement M. Sorbier, t7 n'y a plus d*originalité même dans l'absurde,
« Cependant, il y a parmi ces sectaires politico-religieux quelques homm-'S excentriques, qui sont dominés par la passion de ce qu'ils croient être la justice et la vérité ; ils veulent faire triompher cette passion à tout prix ; c'est parmi ceux-là qu'il faut ranger M. Bérard, de Pont-Lieue. Les efforts qu'il a faits en faveur de Naûndorff sont inconcevables et vraiment dignes d'une meilleure cause, car Naûndorff, fût-il fils de roi, ne vaudrait pas la peine qu'un homme comme M. Bérard s'occupât de lui; l'avilissement moral dans lequel cet homme est tombé, avilissement avoué par ses plus chauds partisans, le rend indigne de tous intérêts.
« En première instance, M. Bérard, de Pont-Lieue, s'était chargé de la défense du prophète Vintras. Soit qu'il n'ait pas une habitude suffisante de la parole, soit qu'il ait été interrompu, il ne dit dans sa plaidoirie que quelques mots de Naûndorif. Pour réparer cette lacune, il a fait impri^.
mer son plaidoyer tel qu'il avait eu riniention de le prononcer, et alors NaûndorfT a repris dans le procès la place qu*il voulait qu'il occupât.
« Cbacun sait que ce personnage a encore un grand nombre de partisans, mais peu de personnes savent sur quels documents ces partisans s*appuient pour motiver l'intérêt qu'ils lui portent.
« M. Bérard, de Pont-Lieue, a rassemblé ces documents avec une assez grande habileté. > *
Suit l'analyse critique du plaidoyer de M. Bérard, par M. Barth. Pont.
XXXIY. Notice sur le duc de Normandie (mort à Delft, le 10
août 1845).
Impr. dans « l'Illustration. » Notice très exacte sur ce fameux imposteur.
XXXY . Intrigues dévoilées de Louis XVII, dernier roi légitime delà France, mort à Delft, le 10 août 1845; par Gruau de la £an*e, ancien procureur du roi. Tome 1", 8 liyraisons; tome II, livraisons 1 à 4. Rotterdam, 1846-47» gr. in-8 ensemble de 973 pag.
L'ouvrage était promis en seize livraisons : nous ne savons si les quatre dernières ont été publiées.
Ainsi que nous l'avons dit sous le n» xxiy, M. Modeste Gruau fut le confident intime et l'àme damnée de Naiindorfr. S'il est curieux de le compter plus tard au nombre de ses détracteurs, il ne l'est pas moins de voir cet avocat conserver le nom nobiliaire de comte de La Barre que cet imposteur lui avait concédé.
XXXYI. Livre d'or (le). Révélation de Tarchange Saint-Michel (da 6 août 1839 au 10 juin 1840). Publié par M. Alexandre Ch. (Charvoz), l'un des nombreux témoins. Paris , Ledoyen, au Palais- National; Dumineray, 1849, in-8 de 440 pages.
Ouvrage d'un membre de l'Œuvre de la Miséricorde ou des Vintrassiens. Les Vintrassiens disent que NaûndorfT n'est pas mort ; que ses fidèles ont obtenu de lui qu'il se dissimulât pendant quelque temps, afin d'échapper aux réclamants de toute espèce qui tourmentaient ce Messie, mais qu'il reparaîtra en temps opportun et que' Dieu ressuscitera des personnages vénérables pour établir la vérité sur son illustre naissance.
HENRl-ETHELBERT-LOUIS-HECTOR HÉBERT