PLATON-POLICHINELLE
PLATON-POUCHINELLE
pluséminents; il a refusé Tévôché d'Annecy, pour se livrer tout entier à l'humble apostolat des campagnes. Il a fondé dans les hautes gorges de Mou tiers une maison de missionnaires séculiers. C'est du fond de cet humble ermitage, c'est dans les loisirs que lui laisse le soin de ses pauvres chéris, qu'il travaille à éclairer aussi, sur leurs vrais intérêts, les classes de la société qu'on nomme éclairées ».
Cette apologje cauteleuse de M. l'abbé Martinet par « l'Union suisse», justifie suffisamment l'épithète d*ultramontain que nous lui donnons. Qu'est-ce effectivement que M. l'abbé Martinet? l'un de ces nombreux ministres de Dieu qui oublient chaque jour que le royaume de leur maître n'est pas de ce monde, et que par conséquent, comme le prescrivait récemment Mgr Sibour, archevêque de Paris, aux prêtres de son diocèse, ils ne doivent s'occuper des affaires de la terre que pour consoler les affligés. Par quelle étrange réaction M. l'abbé Martinet, qui, il y a Quinze ans, avait préféré à la mitre I humble mission de pasteur des habitants des hautes gorges de Mou tiers, est-il descendu à se faire le champion du fougueux ultra-papiste, évêqiie de Chartres, M. Clansel de Montais, vieillard impénitent, qui, lui, contrairement à son métropolitain, approuve et encourage même les prêtres de son diocèse à prendre rang parmi les brouillons dont la société est déjà assez encombrée; de ce fougueux qui n'a pas reculé devant l'idée d'amener quelguesuns de ses collègues à dénoncer à Pie IX Fesprit de conoiliation et de tolérance dont est animé Mgr Sibour, métropolitain de Mgr de Chartres (1)?
M. l'abbé Martinet s'est décerné le sur-
(1) On lit dans VAbeUU, donnai de Poitiers, da 16 avril 4851 :
« Nous apprenons qoe plosicors évèques ont ùéUxé à l'examen et au jngement du Saint-Siège divers écrits de M. Tarchevéque de Paris, et notamment le mandement du 1 5 janvier dernier, comme exprimant des doctrines et des prétentions snr lesqnelles l'attention du chef de l'Eglise devait être appelée.
« Indépendamment de la compétence dn concile de Paris, la question se troove donc ainsi portée an tribanal dn Sooverain-Pontire * .
Ponr son édiflcaUon, M. l'abbé MarUnet devrait bien lire la c Lettre d'an foudroyé à un foudroyant » (M. Clansel de Montais}, signée N. Theil, ex-profeseur au lycée* Napoléon, et imprimée dans le feuilleton du « Siècle > du 19 avril 1851 ; il y verrait que le temps des prêtres qui dissimulent leurs ambitions sous l'apparence de dévouement outré à la papauté et à la monarchie est passé en France : ils ne révolutionoeront plos le pays daiu leurs propres intérêts.
^ nom de Platon-Polichinelle. « On sait, dit-il, que Platon, le plus grand des philosophes de l'Antiquité, et Polichinelle, le plus gai des enfants du moyen âge, s'accostèrent providentiellement il y a quelques années pour une entreprise gigantesque, la restauration du bon sens en Europe ». De cet accouplement médiocrement orthodoxe sont déià nés en effet plusieurs ouvrages : « Platon-Polichinelle (1840), Solution de grands problèmes (1843-46), Statolatrie, ou le Communisme légal (1848); des Affaires d'Italie et de l'avenir probable de l'Europe (1849), la Science de la vie (1850), » et surtout celui intitulé « le Réveil du peuple (1850), » que les journalistes ingénieux et chrétiens brevetés par M. l'évoque de Chartres nomment (( un catéchisme populaire des plus grandes vérités de l'ordre social, des principes auxquels il faudra tôt ou tard revenir quand on voudra retrouver l'ordre et la paix ».
Nous connaissons de M. l'abbé Martinet :
I. Concordia rationis et fidei contra veteres nuperosque rationalistas. Auctore theolo^o Tarentasiensi. Lugduni, Guyoi^ 1835, m-8.
II. De la' Perfectibilité humaine. Voyez ce titre aux Anonymes.
III. Platon-Polichinelle, ou la Sagesse devenue folie, pour se mettre à la portée du siècle. Première partie. Chartreuse législative. — Deuxième partie. Chambre monacale. — Troisième partie. Les Religieux seraient-ils encore bons à quelque chose? Par un Solitaire auvergnat. Lyon, Pélagaud. 1840, 1841, 3 part, in-18.
Nous ne connaissons les deux premières parties qve par la citation, et non Tannonce, qu'en a faite la c Bibliographie de la France», année 4840, sous le a*
Les trois parties réunies ont eu, en 4843 et 4844, des 4* et 5« éditions. Lycn, Lesfie, et Parii, PtnU" tielgue-Rutandt 9 yoI. tn-48.
L'ouvrage Ait goiité par une classe de leetenrs ; cet cinq éditions le prouvent.
ly. Solution de grands problèmes, mise à la portée de tous les espnts. Premier problème : Peut-on encore être homme sans être chrétien? Par l'auteur de Platon-Polichinelle » Lyon, Lesne, et Paris, Fous» sielgue-Rusand, 1843, 1844, in-18, — Tome II, Lyon et Paris, les mêmes, 1845, in-18 ; en tout â vol. in-18. — Deuxième problème : Peut-on encore être chrétien sans être catholique? Par l'auteur de o Platon-Polichinelle ». Lyon, Pélagaud, et Paris, Poussielmie-Rusand, iS4li, in-18.— Troisième problème : la Société peut-elle se sauver sans redevenir catholique?Pam,
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