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RASBEL DE SELVA

Amis des arts de Lyon. — Une noto man. de M. Péricaud, de Lyon, noos apprend qu'Ernest B. n'est autre que feue D^^ Jane Dubuis80N, et Absalon,LéonBorrEL, directeur de la c ReTue du Lyonnais *. (Note du 24 mai 1858.) 0. B.

RAPP (le général), aide de camp de Napoléon, atUeur supposé [BuLOZ, irère du directeur de la a Revue des Deux-Mondes»] .

Mémoires du — , écrits par lui-môme et pul)liés par sa famille. Pans, Bossange frères, 1823, in-8.

On assure que beaucoup de notes ont été fournies par le général Belliard etd'antres amis du général.

Ce volume forme le premier d'une collection intitulée : « Hémoires des contemporains, pour servir à l'histoire de la République et de l'Empire », collection qui n'a pas été poussée loin.

Les c Mémoires du général Rapp » ont eu une seconde édition dans la même année. '

r-f. RAPPORTEUR DE LA LOI DE 1845.

(Le) [le prince Joseph de Chihay].

La Vérité sur la situation militaire en Belgique. Bruxelles, 1852, in-8«

•+- R. A. S. D. L. [Robert Angot, sieur de l'Esperonièbe, avocat au prési-* dialdeCaen].

Le Tombeau de Jean - Baptiste de Vassi, sieur du Gast, recueilli de divers auteurs, par — S. /., 1612, in-4, 18 p.

On a du même deux antres pièces d'une égale rareté et que ne signale point le « Manuel » ; la première est anonyme : « Les Amoars solitaires d'Arlanges, à M. de la Fresnaye Vauquelin » {Paris, 16il, tn-4 de 51 p.) ; la seconde avec le nom de l'auteur : c Mélanges poétiques », ou Continuation del'Ue fleurie (s. 1., 1614, in-4, 36p.) 6. M.

-+• RASH (Carie de) [Charles Read, chef de division à la préfecture de la Seine].

Cet écrivain, connu par de bons travaux historiques (notamment par l'édition des < Mémoires » de Jean Rou), dirige sons ce nom < l'Intermédiaire, journal des chercheurs et curieux >. Celte publication, qui se continue et qui forme le pendant des c Notes and Qneries » , dont le succès a été si grand en Angleterre, mérite une attention spéciale de la part de tous les amis de l'étude.

RASIEL DE SELVA (Hercule), pseudon, [QuESNEL, de Dieppe].

Histoire de Tadmirable dom Inigo de Guipuscoa, chevalier de la Vierge et fondateur de la monarchie des Inighistes (Jésuites), par le s'—; (publiée par Charles Le VierJ. La Haye, V* de Charles Le Vier, 1736, i vol. pet. in-8, grav. — Nouv.

édition, augmentée de 1 Anti-Coton (par César de Plaix), et de l'Histoire critique de ce fameux ouvrage (par Prosper Marchand). La Haye, r de Charles Le Vtcr,

1738 (1).— Autre édition. (Part*, BarroisL 1758, 2 vol. in-12 (2).

Nous avons cherché un jugement sur cette cnriense et piquante histoire dans plus de 20 journaux français et dans d'antres ouvrages, mais bien inutilanent ; on n'y trouve pas même une simple annonce ou citation. Les jésuites, alors tout puissants sur les( et redoutant le tort que ce livre pouvait leur iàire, ront employé tous les moyens pour en dérober la naissant au public. Ce n'est donc que dans des Journaux étrangers que nous avons rencontré ce que noos cherchions. Voici ce qu'ils en disent : « Ce livre est plein de recherches et d'anecdotes corienses ; il est écrit d'une manière à se faire lire; peuUétre n'y at-fc-il rien de neuf; il n'en sera pas moins goftté>. (Ioofnal littéraire. La Haye, Johnson et VanDuren, t. S4, !'• partie, 4737, pag. 489). (3).

c On n'avait qu'ébauché les traits du monaïqoe des Inighistes, et il fallait qu'une main habile et délicate rassemblât ces différentes couleurs pour en composa un tableau capable d'instruire et de r^onir la vue tout ensemble... L'auteur s'est invariablement attaché à la vérité... J'avoue qu'il règne une ironie asses marquée dans cette histoire, mais cette ironie est plus sérieuse qu'on ne croirait... Notre historien n'a pas moins prétendu instruire que plaire ». (Bibliothèque française, ou Histoire littéraire de la France. Amsterdam, J.-Fr, Bernard, tom. 86. {'• part.. 4738, pag. 66-89. So part., pag. 823-342.) (4).

» L'heureux succès qu'a eu la première édition de cette histoire en foit d'autant plus espérer un iiareil pour la seconde, que rAnti-Ck>ton y est accompagné de remarques cnrienses » . (Nouvelle Bibliothèque, on Histoire littéraire des principaux écrits qui se publient. La Haye, tom. i^r. novembre 4738, pag. 239). (5).

c Le public a fait tant d'accueil à l'Histoire de D. Inigo. dont nous annonçons une seconde édition, qu'il n'est plus nécessaire de travailler i répandre la réputation de ce curieux ouvrage. L'auteur a ajouté à cette nouvelle édition une des pièces du dernier siècle qui font le mieux connaître l'esprit et les attentats de la société Inlghienne: c'est c l'Anti-Coton », auquel il a joint en même temps une dissertation historique et critique pleine de recherches nouvelles et savantes sur ce fameux écrit », (Bibliothèque raisonnée des savants de l'Earope. Atnsterdam, 4« trim., 4738, tom. 21 « 2» part., pag. 384-401). (6).

Aussi la congrégation de l'Index, amie des jésuites, a4-elle condamné cette histoire le 26 juillet 4759. (• Gat. des livres mis i l'Index ». Paris, Beaucé-Rusand, 1825, in 8, pag. 454). (7).

Enfin, les enfants d'Ignace, plus prépondérants et plus rancuneox que jamais depuis la Restauration, ne manquèrent pas de faire saisir le c Précis de l'histoire générale des jésuites depuis la fondation de leur ordre, le

(1) Cataloguede la Bibliothèque du Roi, H, 2882, 3-C.

(2) Catalogue de la Bibliothèque de l'Arsenal, 4 8804 , A* bis. C'est l'édition que possède l'auteur de cet article.

(3) Catalogne de la Bibliothèque de l'Araenil. no 11267.

(4) /Wrf. no 11274, A.

(5) IMd. no 48743*

(6) Catalogne de la Bibliothèque de l'ArsenaL no 48738.*

(7) Catalogue de U Bibliothèque de la Ville. n« 3523.

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7 septembre 1540, jusqu'en 4826, par A.-J.-B. » (Bouvet de Cressé). Pari*, Aimé Payen, 1826, 2 vol. iii-18 (1), dans lequel plusieurs passages de l'histoire d'Inigo avaient été insérés. Mais le tribunal de police correctionnelle de la Seine, par son Jugement du 22 août 1826, rendu après des débats à huis clos (V. < le Moniteur » du 23), a renvoyé l'auteur de la plainte, et lai a donné acte de son offre de faire un carton pour le seul passage incriminé (Voy. la note pag. 57-60 du lom. 1» du « Précis »). C'est l'épisode du Màhométan qui ne voulait pas croire à la virginité de la mère deiésns-Christ). (Voy. liv. 1., chap. XVI, g 3-6, et la nota pag. 34-37 de l'Histoire d'Inigo, édit. de 1758).

Dans l'extrait du jugement précité, inséré dans t la Bibliographie de la France » du 16 septembre 1826, lUiitoire d'Inigo est attribuée à un auteur nommé de SaUu. Ayant fait observer à M. Bouchot que Barbier l'attribuait à Quesnel, de Dieppe, ce savant bibliographe noos répondit qu'il s'était borné à copier ce iugemcnt. mais qu'il n'en garantissait nullement les ciUUons, et nonobstant qu'il follall s'en rapporter à Barbier,

Nous croyons avoir découvert domièrement ce qui a pu causer cette erreur, que n'ont reproduite ni f le Moniteurs ni la < Gazette des Tribunaux > des 18 et 83 août 1826.

Le biographe d'Inigo, en racontant, livre II, chapitre XX Vl-XXVU-, 8 1. qae son héros fut condamné an fouet par le principal du collège de Sainte-Barbe, nous apprend, chap. XXVI, g 4, que cette punition t'infligeait dans une salle, en présence du collège assemblé au son de la cloche, et avait, pour cette raison, reçu le nom de la Salle; ces demie^-s mois sont soulignés dans le texte original. Or, M. Bouvet, en insérant ce passage, sous la forme d'une note, au bas de la pag. 49 du tom. l*' de son « Précis », en a commencé la première ligne par ces mêmes mots, qui, n'ayant absolument rien à foire en cet endroit, ont probablement été pris par les scribes du parquet pour le nom de l'historien d'Inigo. C'est encore uno fois le Pirée transformé en homme (1834).

Clément Tmoux.

ViXT{\e), pseudonyme [Auguste-Charles-

(1) Catalogue de la Bibliothèque royale.

4- M. Edouard Frère (Manuel du bibliographe normand), t. II, p. 402, fait observer que « l'Histoire de Don Ranuccio » est de l'abbé Ch. Gabr. Porée.

-|- Voir Alleaume, « Notice sur les deux Porée », Caen, 1853. Quérard a consacré un long article dans la « France littéraire * à deux écrivains du nom de Quesnel. Cependant on esi fondé à croire qu'il n'y a eu qu'un seul écrivain dieppois de ce nom. (Juelques exemplaires de « Don R^nucio » sont accompagnés d'une clef qui donne les noms des personnages. Ce roman a reparu en 1820 sous le titre de « Raphaël d'Aguilar, ou les Moines portugais, histoire véritable du xvm« siècle *. publiée par M. de Rougemont, Paris, Grandin, 2 vol. in-12. Ajoutons que le « Bulletin du bibliophile » (1856, p. 801-804) contient des détails sur cet ouvrage, surtout d'après M. Alleaume, lequel est, longtemps après, revenu sur le même sujet dans le même « Bulletin », 1869. p. 101.

-f- Barbier, n» 7394, attribue l'ouvrage à Porée, cl observe que si de Rougemont échappe à l'accusation de plagiat il le doit à l'équivoque que présente le mot publiée.

Joseph ViTul, ne en 1823, auteur d'articles de critique fittéraire dans le journal-pamphlet intitulé <( la Silhouette ».

Sur les Supercheries dévoilées, ou Galerie des auteurs apocryphes, supposés, déguisa, plagiaires, et des éditeurs infidèles de la littérature française pendant les quatre derniers siècles ; par J.-M. Quérard, auteur de la « France littéraire ». Tome i*% 1848.

Imprimé dans < la Silhouette x, ïfl du 30 janvier

La critique exercée consciencieusement par des juges compétents est profitable aux auteurs d'ouvrages d'art et aintelligence ; mais çiuant elle est l'expression d'une coterie intéressée, qui, de parti pris, doit s'amuser do tout ce qui n'émane pas d'elle, la critique n'est plus que du dénigrement systématique : le mieux gu'on ait à faire, c est d'en appeler de ses ridicules arrêts au bon sens d'un public impartial. Qu'attendre de sérieux d'aristarques comme ceux de la « Silhouette » qui se nomment MM. BricàrBrac,Feu Figaro, Nie, Flamd, N'importe oui. Patelin, Peregrinus^ Le Rat, Séraphin, Turcaret(Ql nous en omettons des meilleurs)? Ces messieurs ont bien voulu s'occuper de nos Supercheries littéraires^ et alors nous avons où nous attendre à être traité plus mal encore que tous ceux qui passaient sous la plume acerbe de ces aristarques. Un livre qui avait pour but d'ôter le masque de tant de juges si plaisants ne pouvait leur convenir ; aussi ont-ils essaye de le tuer par un article dans lequel leurs connaissances en histoire littéraire sont loin d'être à la hauteur de leur esprit sarcastique. C'est M. Le Rat, rédacteur habituel de la partie critique, qui s'est chargé de cette exécution. Comme en tête du tome lU des Supercheries nous avons donné' à nos lec* teurs les divers comptes rendus qui en avaient été publiés jusqu'alors (1), nous voulons reproduire ici, à l'occasion du pseudonyme dont nous nous occupons^ une critique de notre livre, restée uniqne dans son esprit, en relevant toutefois les erreurs en histoire jlittéraire qui y ont été commises, laissant à M . Le Rat, de la « Silhouette », la responsabilité de son étrange

(1} De MM. Ach, JuHnal (dans le Voleur), Joei Cherbulie% (dans sa Roue critique de livres nouveaux), le bar. F. de Reiffenberg (dans le Bulletin du bibliophile belge). Pose. Duprat (dans la Revue indépendante), Ad, Joanne (dans l'DIustration). Depuis il en a paru trois autres. Ce sont ceux de MM. Pierre Grand (dans l'Artiste, de Lille, no 7, 13 juillet 1850), Hipp, Babou (dans la PaUie.2nov. 1850), Eliac. Carmoly (dans le Bulletin dubibUo^ phite belge, t. vm, p. 157 et suiv., 1851).

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opinion, si opposée à celles qui ont été émises sur notre livre; ce sera son châtiment.

Voici l'article en question :

M. Qoérard est le bibliographe le plu» distingué de notre temps. On lui doit l'étonnant recueil inUtolé « la France littéraire ». douM volumes compactes (1) qm contiennent la liste presque exacte des é^rmin^ francaii avec l'indication de leurs ouvrages, édition par Sition. C'est un monument magniûque et presque sans exemple, tel que les Bénédictins eux-mêmes n en

ont pas accompli.

M. Quérard a voulu développer et compléter le célèbre ouvrage de Barbier sur les auteurs anonymes (3) ; il y a joint les pseudonymes, les plagiaires et les ouvrages supposés. Cette tache immense n'élait pw faite pour effrayer le courageux auteur de la « France lillé-

""tolhettreusement, l'ouvrage dont le long intitulé est transcrit en tôle du présent article n'est pas digne de 8e« aînés, et comme nous rendons pleine justice au savoir et aux mérites de M. ûuérard. nous avons le droit de nous montrer sévère. „, . .

Découvrir le véritable nom de tant d écrivains qui ont cru devoir le celer ou le déguiser, rechercher les auteurs réels de tant d'ouvrages signés par des «ens qui ne les avaient point écrits, c'était un travaU à la fois pénible et délicat. ^. ,

Lorsque ce genre spécial de bibliographie ne s en prend qu'aux auteurs morts, il rend d'utiles services à l'histoire littéraire et n'offre pas d'inconvénients sérieux. Mais si les auteurs vivanU sont l'objet de cette recherche, une foule d'intérêts sont enjeu; des existences honorables et paisibles peuvent être compromises . etl le bibliographe ne doit procéder qu avec une circonspection extrême et ne se prononcer qu en parfaite connaissance de cause, sous peine de devenir pamphlétaire et calomniateur. ^ . ,

Nous en sommes bien fâchés pour M. Quérard. mais son livre des c Supercheries littéraires » ne se soustrait pas entièrement à ces deux inculpations graves(3).

II. Quérard est bibliographe, mais il n'est pas bibliophile. U littérature et les littérateurs paraissent lui inspirer nnc répulsion profonde, et je crois bien que parmi tant de genres divers, le roman, le drame, l'histoire, le conte, la tragédie. U comédie et le vaudeville. M. Quérard n'en esUme qu'un seul : la biblio-

^Oewidant, si les livres sontuUIes, ceux qui les font ont plus de mérite que ceux qui les comptent, et si. d'aventure, il était prouvé que les livres ne servissent & rien, on ne comprendrait pas à quoi servent les bibliographes.

(1) Lises dix volumes. „,«..«

(2) Erreur qui ferait supposer que M. Le liai n a même pas attentivement lu le litre du livre qu il a cnliané • car les • Supercheries » ne traitent nullemenl des oivrages anonymes. C'est le sujet d'une auUe publlcation très-distincte, dont le criUque n'avait point à s'oauper. d'un ^ Dictionnaire des ouvrages polyonymes et anonymes de la littérature française ». noo

(3) Comment se fiiitril que parmi tous les écrivains filés, si chatouilleux dans leur amour-propre, un seul «it porté plainte contre une assertion des « Supercheries., plainte dont il a eu le bon esprit de se désister quinze mois après, en payant les frais judiciaires?

j M. Quérard ne se contente pas d'attribuer asseï légèrement tel ouvrage à tel auteur qui ne l'a point si-

' gnô ; il va jusqu'à révéler le nom véritable, ou qn'il croit tel, de personnes connues dans le monde sons un

' nom différent; il déverse ainsi sur elles le ridicule à

' pleines mains, et fournit des armes à toutes les niédi-

' sauces, à toutes les diffamations.

Pour se disculper de ces reproches, M. Quérard ne manquera pas de se rejeter sur le pur amour de la bibliographie ; mais alors il fallait écarter avec soin toot ce qui ressemble à de la passion, à un dénigrement systématique , et notre bibliographe vomit l'injure i

chaque ligne (4),

Il range, sans hésiter, parmi les auteurs coupables de supercherie. M. du Mersan, parce qu'il ne signe pas Marion du Mersan tout au long (2) ; et il appelle M. Léon d'Aurevilly «n auteur déguisé, parce qu'il n a pas mis sur ses ouvrages: Par f Léon-Louis-Frédéric Barbey d'Aurevilly » . Voilà deux preuves de niaiserie (3).

Page 92, M. Quérard déclare que le baron de Baiancourt s'appelle « Victor Bonon » ; mais dans ses errata, le bibliographe imprudent est obligé de déclarer que le baron de Basancourt est un nom véritable, et qu'il faut considérer sa petite médisance comme nulle. — Preuve de légèreté (4).

(4 ) C'est une calomnie que celle assertion, car le critique n'eût pas manqué de citer quelques exemples à l'appui s'il avait pu en trouver.

(2) Du Mersan est une snperfétation nominale aussi illégale que tant d'autres que nous avons citées dans le cours de notre livre. U véritable nom de ce savant et homme d'esprit était Marion.

(3) Si notre criUque avait lu notre livre, il eht trouvé, p. cxlvj de notre Introduction (nouv.édit.. col. 100), celle phrase : «Nous n'avons voulu qu'aplanir les dilBcnlté* qu'on a créées pour la future histoire littéraire de la France, venir en aide aux Saumaises futurs*. Qu'y atr-il de niais en dressant des arbres généalogiques des familles littéraires de notre pays î Gomment y parviendrions-nous si nous ne suivions strictement le plan que la raison nous a tracé? Notre critique sait^il seulement que parmi les hommes remarquables du xviii» siècle il y a eu des frères qui ont écrit sous d'autres noms que celui de leur souche? Exemples : Gondillac et Mably, dont le nom de fitmille était Bonnot; les comtes d'Argental elPont-de-Veyle, dont le nom était Ferriol ; dans ce sièclfr^ nous citerons M. de MonUosier, qui avait un frère alnô connu sous le nom de chevalier de Beanregard, et celui-ci un neveu qui s'appelait Reynaud des Monts, mais aj-ant tous trois un nom d'origine commune, Reynaud; MM. Alex. Boniface el B. Salnline, deux Boniface; Amédée de Gésena et Sébastien Rhéal, deux autres frères dont le véritable nom de famille est Gayet, et tant d'autres que nous pourrions citer. Estil étonnant alors que nous ayons qualifié le nom de Léon d'Aurevilly de nom déguisé, puisqu'il a un frère qui écrit et qui signe Barbey d'Aurevilly? N'en déplaise à notre critique, la bibliographie prèle peu à l'httiîuwr ; elle est plus sérieuse que les articles de « la Silhouette » ; aussi ne donne-l-ellc jamais de crocs-en-jambe à la vérité. Et c'est là vraisemblablement ce qu'il nomme des

niaiseries.

(4) Méchanceté ou étourderie, c'est le caractère de cette critique. Car au bas de la page 02 que cite M. Le Rat, nous donnons nous-mëme une note qui relève une erreur qui provenait du fail d'un de nos collaborateurs. Tant de conscience n'est mftme pas à l'abri du sarcasme du Rat en question. Il ne reconnaît point que

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Le livre manqae de mélhode (1). La plupart da temps c'est uoe simple nomenclatare ; mais s'il s'agit d'an auteur célèbre. H. Quérard épanche sa bile, et l'appelle pillard, voleur, Ciassaire, etc. (2). Les articles importants ne dépassent pas nn demi-reuillet de pelit-texte, et leur longueur moyenne est de quelques lignes seulement. Mais l'arlicle f Dumas » ne fait pas moins de dix renilles d'Impression, grftce aux volumineuses diatribes dn bibliophile contre l'aulenr de « Monte-Cristo i . Nous ne sommes pas suspects de partialité en faveur de M. Dumas, et M. Quérard l'atteste suffisamment, puisqu'il nous f^t l'honneur de nous citer une douzaine de fois à rappni de ses invectives ; mais la critique, l'injure mène, ont leurs limites, et c'est en vérité se jouer de la crédnlité publique que d'afSrmer que M. Dumas n'a fait que «Henri m et Christine » (3). Selon M. Quérard, cAntony» serait de M. Souveslre; «Monte-Cristo» serait de M. Fiorentino, et ainsi de suite. On ne voit pas alors pourquoi M. Dumas compte tant de succès et M. Sonvestre tant de chutes, et pourquoi M. Fiorentino, an lien d'ntiliser son beau talent de romancier, s'a-

• Victor Bonon * ait été le pseudonyme adopté par M. le baron de Bazanconrt pour ses articles de thé&tre dans « le Messager*; c'eftt été alors nous rendre quasi justice : mais nous n'avions pas à en attendre du Rat de « la Silhouette ».

(i) Ainsi que nous l'avons dit précédemment, le parti était pris d'avance de tuer notre livre quand même, et tout alors devait être trouvé détestable. Le livre manque de plan! Que c'est donc bien là le ton tranchant de ces écrivains d'imagination disant ou jugeant de l'histoire littéraire en aveugles 1 Et quelle antre méthode que celle alphabétique pouvait convenir à notre livre, à moins que ce ne fût la mélhode chronologique? Cette dernière n'est point commode pour un livre de recherches, aussi avons-nous dû y renoncer. Dn reste, notre Introduction ne présente-t-elle pas une histoire naturelle des supercheries innocentes et coupables de nos littérateurs, et de leurs nombreuses variétés, ainsi que Ta fait M. Pierre Grand dans le compte-rendu qu'il a donné de notre livre à « l'Artiste*, de Lille? Gela ne h\i rien ; nos « Supercheries » devaient manquer de méthode an point de vue de M. Le Rat.

(8) Que de fiel de versé dans un si court article 1 Nous laissons à nos lecteurs à juger du degré de crédit que mérite cette assertion. Si les épilhèles de pillard, de voleur, de fauttaire, etc., ont été quelquefois employées par nons, à juste titre, cela n'a jamais été à l'égard des écrivains vivants, quoique plus d'un les méritassent: M. Le Rat le sait aussi bien que nous. Aujourd'hui la politesse veut que l'on couvre d'un manteau les actes honteux des littérateurs. Nous avons comme jadis des corsaires et des joleurs littéraires. mais ces qualifications sont tombées en désuétude: on les appelle maintenant des conquérante,

(3) Pour étudier avec profit l'histoire thé&trale de notre époque, il n'y a pas de sources plus sûres que les catalogues des agents dramatiques. C'est là que l'on apprend quels sont les auteurs qui ont eu part à la composition d'une pièce représentée et imprimée sons le nom d'un seul, et la part de bénéfice qui revient à chacun. Si M. Le Rat avait pris la peine de consulter ces catalogues, il eût su à quoi s'en tenir sur les productions dramatiques de M. A. Dumas, ce qui ne l'eût pai empêché, vraisemblablement, de nous accuser de nons joner de la crédulité publique, car sa tâche était de dénigrer notre livre d'nn bont à l'antre.

mnse à faire le compte-rendu des théâtres lyriques dans le «Corsaire*.

M. Quérard attribue i M. P. Christian l'ouvrage intitulé : « Paris historique > publié en 1836, sons le nom de Charles Nodier. Nous affirmons ici à M. Quérard. et sous la foi de notre attestation personnelle, que «Paris historique » est réellement de M. Charles Nodier. L'aulenr de cet article a eu en sa possession le manuscrit de cet ouvrée écrit de la main du célèbre conteur. M. Charles Nodier est mort avant la fin de la publication, et l'éditeur, dans un intérêt de spéculation légitime, l'a fait continuer par son neveu, M. Christian. M. Quérard est donc mal informé (i).

On voit quelle est à nos yeux la valeur réelle des ■ Supercheries littéraires *. Nous n'avons voulu critiquer ce livre que par des faits. Si M. Quérard le désire, nons lui en signalerons bien d'antres tout aussi graves.

Et pour finir par rire un peu. ce grave bibliographe n'affirme-tril pas dans sa préface que M. Eugène Bareste est décoré?

Mais quoi I tt. Bareste n'avait aucun titre à figurer dans la galerie des auteurs plagiaires, et M. Qnérard s'en est vengé par cette maligne assertion (2).

(4) L'attestation personnelle de notre critique aurait un certain poids près de nous, si deux raisons ne nous obligeaient à la rejeter. Et d'abord, n'estril pas connu de tout le monde que M. A. Dumas a recopié les manuscrits des écrivains qui travaillaient pour lui, parce que l'écriture de M. A. Dumas était près des libraires une preuve d'authenticité dn manuscrit offert? Pourquoi Gh. Nodier n'aurail-il pas employé ce moyen? Ensuite, si M. Le Rat avait lu notre livre, il eût trouvé. 1. 1'**, p. 442, que le véritable nom de M. Christian estPitois ; qu'il n'est point le neveu de Ch. Nodier, mais celui d'un grand libraire éditeur de Paris *, lequel portait ce nom (Pitois-Levrault), qui n'avait point de parenté avec Gh. Nodier.

(2) Cette dernière remarque prouve la faiblesse des connaissances de notre critique en histoire littéraire. Quoi 1 M. Bareste n'avait aucun titre à figurer dans notre galerie? M. Le Rat serait donc asses crédule pour considérer ce dernier écrivain comme traducteur d'Homère? Autant que républicain de la veille I Nous avons entre les mains une lettre du véritable traducteur d'Homère, laquelle se termine ainsi : « Du reste, je dois dire pour la justification de M. Eug. Bareste, que Jamais devant moi il ne s'est vanté de satoir le grec ». Signé : Ferd. Wolir. Nous avons entre les mains une seconde lettre qui établit que M. Eug. Bareste travaillait en 4844 en fkveur des jésuites, et qu'à cette époque il a publié nn livre intitulé: «La vérité sur les Jésuites et sur leur doctrine. Réftitation des écrits de MM. Michelet. Qninet, Libri. Dupin, Lacretelle, Alloury, et des articles du Journal des Débats, du National, de la Revue des Deux Mondes et du Courrier français». Paris. 1844, in-18 de 211 pag. Le revers de la couverture de ce volume promettait trois autres ouvrages dn même auteur en (kveur de cet ordre. Cette publication fut faite peu après le rappel do la mission scientifique que M. Eug. Bareste avait sollicitée du gouvernement de Louis-Philippe ; ce qui n'a pas <^mpêché M. Bareste d'être en mesure de fonder dès le 24 février le journal « la République ». Et M. Le Rat dit que M. Eug. Bareste n'avait aucun titre à figurer dans notre livre 1 Quant à la décoration, si le prétendu traducteur d'Homère ne l'a pas obtemie,

-{-* C'est précisément ce que dit M. Le Rat en parlant dn neveu de l'éditeur. 0. B,

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